XV de France : une communication qui laissera des traces

  • Roxana Maracineanu, la ministre des Sports a reçu le rapport de la FFR mardi soir. Il met hors de cause le séléctionneur Fabien Galthié défendu par son président, Bernard Laporte.
    Roxana Maracineanu, la ministre des Sports a reçu le rapport de la FFR mardi soir. Il met hors de cause le séléctionneur Fabien Galthié défendu par son président, Bernard Laporte. SUSA / Icon Sport
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Le feuilleton autour des contaminations à la COVID-19 a été entretenu, notamment, par des changements de direction dans l'identification, entre autres du fameux patient "0".

Quelle trace cette affaire du « Bubble gate » laissera-t-elle sur le rugby français ? Force est de s’interroger. La communication fédérale, à bien des égards, est apparue chaotique, pour ne pas dire calamiteuse. À tel point que la ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, chargée des Sports Roxana Maracineanu n’a pu s’empêcher d’ironiser vendredi dernier sur l’antenne de BFM TV. « Le patient zéro a déjà changé trois fois », avait-elle déclaré visant directement le vice-président de la FFR Serge Simon. Dans un premier temps, ce dernier avait « chargé » un préparateur physique, avant que le président Bernard Laporte n’affirme qu’à « 99,9 % de chances », le virus était entré « malheureusement par l’intermédiaire d’un joueur de l’équipe de France à 7 ».

À croire qu’il fallait absolument sauver le soldat Galthié, suspecté d’avoir dérogé au protocole mis en place pour être allé voir jouer son fils en espoirs avec Colomiers contre le Stade français, à Jean-Bouin, tout juste au lendemain de la victoire en Italie. Mais aussi pour une autre escapade, dont il s’était vanté auprès des joueurs lors d’un petit-déjeuner. Depuis le début, la communication fédérale a été de dédouaner le sélectionneur.

Bernard Laporte, le premier, a volé à son secours. Même Roger Salamon, épidémiologiste et président de la Commission médicale de la FFR, a toujours défendu l’ancien demi de mêlée, notamment dans ces colonnes lundi. Et mercredi, à l’instant de commenter le rapport réclamé par le ministère des Sports, il en remettait une couche : « Fabien Galthié est complètement exonéré de tout. Il n’a jamais été question qu’il ait manqué au protocole sanitaire. Ce qu’il a fait, quoi qu’on puisse en penser, il avait le droit de le faire, et il n’y avait aucun risque particulier. » Et il ajoutait, dans un grand élan de « supportérisme » : « Fabien est exonéré et on ne peut en être que très heureux parce que, des entraîneurs comme ça, on ne peut pas en trouver d’aussi bons. »

Évidemment, les questions affleurent les unes après les autres et se succèdent en cascade. Y a-t-il eu des mensonges dans la communication fédérale ? Si oui, Serge Simon et Bernard Laporte ont-ils agi en connaissance de cause ou par ignorance ? Face à autant d’incohérences,de doutes est-il encore permis ? À chacun son idée, son opinion. Mais de toute évidence, cette affaire laissera des traces sur l’image du rugby français. À moins que le XV de France ne se remette rapidement en ordre de match et poursuive sa belle série de victoires. C’est, dit-on, l’espoir des dirigeants fédéraux pour éteindre l’incendie.

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