Chez les Anglais, c’est SOS discipline

  • Les Anglais têtes baissées, Billy Vunipola et Jonny Hill, sont extrêmement pénalisés depuis le début du Tournoi. Une indiscipline à gommer s’ils veulent renouer avec la victoire contre la France. Photo Icon Sport
    Les Anglais têtes baissées, Billy Vunipola et Jonny Hill, sont extrêmement pénalisés depuis le début du Tournoi. Une indiscipline à gommer s’ils veulent renouer avec la victoire contre la France. Photo Icon Sport
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Les Anglais n’en reviennent pas d’être aussi souvent sanctionnés depuis trois matchs. Ils ont tiré le signal d’alarme.

L’Angleterre n’est pas encore engluée dans la crise. Non, pas tout à fait. Eddie Jones continue de venir souriant distiller son discours devant les médias friands de ses saillies. Mais l’Angleterre ne joue plus que pour son honneur, pour le plaisir de mettre des bâtons dans les roues des Français renaissants. Un peu de plus et les Anglais se dépeindraient comme des outsiders.

Il faut quand même surmonter le double choc, une défaite à domicile contre l’écosse (première depuis… 1983) et une piquette subie à Cardiff, 40-24. Après la première vague de critiques de l’arbitrage de M. Gaüzère, qui aurait pu c’est vrai refuser deux essais gallois, les tirs se sont faits plus précis et plus venimeux aussi. Deux chiffres ont sidéré les observateurs, on n’avait pas vu un XV de la Rose aussi souvent pénalisé depuis des lustres. Quinze fois contre l’écosse et quatorze contre le pays de Galles. Il y eut aussi douze sanctions contre l’Italie. Le constat ne correspond pas aux froids standards de l’hyper professionnalisme, qui estiment qu’une grande équipe, digne de ce nom, ne doit pas franchir le seuil des dix pénalités contre soi par match.

En 2019, l’Angleterre n’avait concédé que 7,2 pénalités par rencontre. En 2020, elle était remontée à neuf, mais ça restait des scores à un chiffre. En 2018, annus horribilis pour Eddie Jones, le compteur affichait 10,4. La moyenne de 13,6 actuelle est donc très inquiétante. Depuis 2019, l’Angleterre a perdu six fois et cinq fois sur six, elle avait été pénalisée plus que l’adversaire. La seule exception, c’est le match France-Angleterre de 2020, la première de Galthié (le coup de pied de Bouthier), mais ça s’était fini à 6-5 pour la France, des totaux très faibles.

Michell promet toujours autant d’intensité

John Mitchell, l’adjoint d’Eddie Jones chargé de la défense est venu donner son avis : "On essaiera d’être plus intelligent, mais on ne jouera pas avec moins d’intensité croyez-moi. On sera forcément à la limite. Mais on a travaillé dur pour améliorer notre discernement sur certaines situations. Et nous avons reçu les conseils de plusieurs arbitres qui sont venus nous voir dans notre camp."

Tom Curry, le troisième ligne de Sale a ajouté : "Les entraîneurs étaient assez chauds sur cette question, nous avons révisé les limites que nous ne devons pas dépasser, mais ce n‘était pas comme si, soudain, nous étions face à un énorme problème. Nous avons fait ce que nous faisions d’habitude et le match a mal tourné. C’est le genre de choses qui arrivent ?"

Itoje "surarbitré ?"

Ce n’était peut-être pas une remise en question totale, mais une bonne opération de toilettage. Eddie Jones a tenu à faire savoir : "J’ai reçu des appels d’au moins trois ou quatre joueurs la semaine dernière. Ils voulaient me parler de leurs erreurs. Une grande honnêteté de leur part. Oui, nous avons parlé des pénalités évitables. Sur quatorze coups de sifflet de Cardiff, je considère que cinq étaient évitables. C’était des cas où le joueur est allé trop loin dans la passion de l’instant. Mais c’est le genre de chose que seul le joueur lui-même peut réparer par cette capacité à de faire la bonne chose au bon moment. Mais je reconnais que la discipline est souvent la conséquence d’autres paramètres. Parfois c’est la pression qu’on subit de l’adversaire, parfois la pression qu’on se met à soi-même pour exister dans la partie. Avec neuf pénalités contre nous à Cardiff, on se serait mis en position de l’emporter j’en suis convaincu." Le sélectionneur a même parlé de "mémoire du muscle" pour retrouver cet instinct de rester par exemple debout dans les rucks. Eddie Jones n’a pas cité de noms mais tout le monde a pensé à Maro Itoje, intouchable jusque-là. Mais pointé du doigt pour s’être fait cinq fois rappeler à l’ordre à Cardiff. Eddie Jones avait parlé d’un "surarbitrage" à son égard, à cause de son style de jeu ultra-actif dans les rucks et les mauis adverses ; un peu comme en avait subi, toujours sous son autorité l’Australien George Smith dans les années 2000. M. Brace aura peut-être saisi le message.

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