Le non de la Rose

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    Le non de la Rose PA Images / Icon Sport
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Héroïque et inspirée, l'équipe de France a prouvé malgré sa défaite en Angleterre qu'elle méritait d'être aimée...

Fabien Galthié s'est-il trompé dans son coaching, à Twickenham ? En sortant trop tôt du terrain ses meilleurs avants (Julien Marchand, Romain Taofifenua et Dylan Cretin), le sélectionneur national a probablement perdu la partie d'échecs qu'il disputait, d'une tribune à l'autre, avec son vis à vis Eddie Jones, dont le banc de touche a incontestablement permis au XV de la Rose de remporter ce Crunch dans le « money time ». Passé la première défaite des Bleus dans ce Tournoi des 6 Nations, il faut donc conclure que ce sont Elliott Daly dans le fond du terrain et, sur la ligne de front, Ellis Genge et Ben Earl, qui ont offert à l'Angleterre le scalp de son grand Satan.

Pourtant, comme l'épilogue que l'on couche ici sur papier semble austère, frigide et obsédant, au regard de ce que cette équipe de France a réalisé samedi face aux vice-champions du monde : solidaire en défense, excellente dans le combat au sol, déterminée sur les impacts, la bande à Ollivon fut aussi, par instants, décoiffante balle en mains : à ce titre, on a bien trop souvent salué le travail réalisé par Fabien Galthié dans l'organisation générale pour taire aujourd'hui celui abattu par son bras droit Laurent Labit, au niveau de l'attaque et des lancements de jeu. Ainsi, l'action développée par les Tricolores peu avant la pause fut une pure merveille et, après un lancer en fond de touche et un appel dans le dos des premiers leurres, Matthieu Jalibert perçait sur vingt mètres et retrouvait, isolé sur l'aile droite, Damian Penaud d'une longue passe acrobatique : à Twickenham, le Clermontois aplatissait probablement le plus bel essai de la compétition...

 

La vidéo, le fait du prince....

Au bout du bout, on peut donc amèrement regretter que l'Angleterre, si poussive depuis le début de la compétition, ait subitement décidé de livrer sa première grosse performance au fil de ce Crunch magnifique, à la fois âpre et ouvert, spectaculaire et acharné, basculant in fine sur un de ces coups du sort que l'on ne prête qu'aux très grands matchs : trois minutes avant que ne soit sifflée la fin de cette rencontre et alors que les titans d'Eddie Jones matraquaient l'en-but tricolore, le deuxième-ligne des Saracens Maro Itoje échappait à la vigilance des défenseurs français au près d'un regroupement et franchissait la ligne. Avait-il aplati ou pas ? Au plus près de l'action, Andrew Brace considéra d'abord que non, persuadé que le bras du flanker français Cameron Woki avait fait rempart. Las, l'arbitre irlandais fut aussitôt déjugé par son assesseur vidéo, lequel décréta que l'essai était bel et bien valable.

Au nom du fait du prince, les Bleus échouaient donc à Twickenham pour la seizième fois consécutive, disaient adieu à un premier grand chelem depuis 2010 mais prouvaient, malgré tout, que l'épisode du cluster n'avait eu sur eux la moindre prise. Nom d'une rose, comme cette équipe de France mérite d'être aimée...

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