L’Irlande flottait dans l’air

  • Auteur d’un 100% au plaquage (dix-huit sur dix-huit), Iain Henderson a été monstueux. Auteur d’un 100% au plaquage (dix-huit sur dix-huit), Iain Henderson a été monstueux.
    Auteur d’un 100% au plaquage (dix-huit sur dix-huit), Iain Henderson a été monstueux.
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Score étroit mais victoire méritée pour les Irlandais, plus forts en touche et dans les duels aériens. Moins brouillons aussi que leurs adversaires.

Sexton n’est pas du genre à manquer une balle de match. à la 77e, il a passé la pénalité fatidique, fruit d’un beau travail de Henderson et de Braid, venant neutraliser le pauvre Price au sol avec le ballon. La beauté du labeur du rugby ! Les deux avants ne sont pas des artistes mais des soutiers et leur boulot ingrat a valu trois points précieux (27-24). La victoire irlandaise est étroite mais elle ne se discute pas. C’est un succès écossais qui aurait tenu du miracle et pourtant, il a failli se produire. Ce fut tout le charme de ce match entre des Écossais brouillons, irréguliers et parfois fantasques et des Irlandais sérieux, rigoureux, quasiment toujours en contrôle.

Pour présenter ce match, on a utilisé jusqu’à la corde de la comparaison entre Jonny Sexton et Finn Russell, deux prétendants à la sélection des Lions britanniques et irlandais. Warren Gatland était d’ailleurs en tribune. Sincèrement, à sa place, notre choix serait fait. Sexton a été égal à lui-même avec une passe au pied dans l’en-but pour Earls sur le premier essai de Henshaw et il a tapé plusieurs chandelles bien dosées. Il a fait ce qu’il avait à faire avec rigueur, sans sourire mais avec ce perfectionnisme insatiable.

L’homme n’a pas toujours l’air commode, Russell a l’air, lui, d’un bon copain, mais que de bourdes. Une pénalité manquée, un renvoi non maîtrisé, une série de couacs que son talent gestuel ne peut rattraper. Il est d’ailleurs sorti avant la fin, remplacé par D’Arcy Graham, un ailier, comme si son sélectionneur, Gregor Townsend, n’en pouvait plus de ses approximations. Mais on évoqua une commotion pour expliquer ce choix lourd de sens.

Le plus drôle, c’est que Russell a réussi à marquer un essai "casquette" digne d’un bêtisier : Hogg contre et poursuit au pied, l’ouvreur l’imite et récupère le ballon, rendu par la poitrine de Lowe. L’essai le moins construit de l’histoire.

Beirne, homme du match

Mais l’irrégularité de Russell n’explique pas à elle seule la défaite. Les Irlandais se sont imposés d’abord dans la bataille des airs, une terrible moisson en touche et sous les chandelles. Voilà comment on prive l’adversaire de munitions. à la 69e minute, le XV du Chardon n’avait capté qu’un seul de ses lancers. Les Irlandais étaient les plus forts et les mieux organisés dans le jeu d’avants, ça s’est tout de suite vu et ça s’est confirmé.

Une séance de pick and go a offert un essai à Thadg Beirne. à la 55e, ils menaient 24-10 et c’est vrai, les Écossais sont parvenus à revenir à hauteur (24-24), par deux essais très différents. Huw Jones en vitesse sur la largeur (merci Hogg et Gilchrist) et par Hamish Watson après une série de percussions acharnées sur la ligne. On a eu du mal à croire à ce score, tant il était si cruel pour les Irlandais, si romantique pour les Écossais.

Mais on se doutait bien qu’après cette débauche, même à trois minutes de la fin, les hommes du Chardon allaient vivre un coup de mou. Ça n’a pas loupé. élu homme du match, Tadhg Beirne savourait : "C’est vrai, que c’était bizarre cette fin de match. On contrôlait la situation et les Écossais sont revenus d’une façon surprenante. Il y avait un décalage dans nos têtes mais nous nous en sommes sortis. Après nos deux défaites pour commencer, c’est un sacré bol d’oxygène."

Quant à Jonny Sexton, il commenta ainsi son estocade : "J’ai sans doute eu de la chance, ce n’était pas mon meilleur coup de pied. Il est passé entre les poteaux avec une part de hasard. Mais nous avions encaissé deux essais trop facilement, ce qui est inacceptable à ce niveau. Tout ça alors que nous dominions. Mais nous pouvons encore terminer deuxièmes du Tournoi. Après une mauvaise entrée en matière, ce n’est pas si mal. Je suis heureux." J. P.

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