Marchand-Chat, les deux font la paire

  • Camille Chat et Julien Marchand se côtoient dans les filières fédérales depuis dix ans. Camille Chat et Julien Marchand se côtoient dans les filières fédérales depuis dix ans.
    Camille Chat et Julien Marchand se côtoient dans les filières fédérales depuis dix ans. Icon Sport - Icon Sport
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Julien Marchand et Camille Chat, les deux talonneurs du XV de France, sont nés en 1995. Ils sont donc en concurrence depuis les équipes de France de jeunes : Ils ont l’habitude de cohabiter ensemble depuis les moins de 18 ans.

Camille Chat était désigné comme le successeur de Guilhem Guirado. Un processus entamé dès la dernière Coupe du monde puisque le Racingman avait été titularisé autant de fois que l’ancien capitaine des Bleus lors des quatre matchs disputés au Japon. C’était sans compter sur une blessure malheureuse à un mollet qui ne lui permit pas de postuler pour le début du Tournoi 2020, accélérant le retour au premier plan de Julien Marchand, absent du Mondial en raison d’une grave blessure à un genou en février 2019.

La prise de pouvoir du Toulousain est le dernier rebondissement d’un chassé-croisé entre ses deux joueurs qui a débuté dès les moins de 18 ans sous le maillot bleu. Guillaume, le petit frère de Julien, est un témoin privilégié de ce duo qui perdure dans le temps : "Cela tire chacun vers le haut. Camille et Julien ont tant d’arguments à amener. Ils se côtoient depuis les sélections jeunes et ont l’habitude de vivre sainement leur concurrence." C’est aussi l’avis de l’ancien troisième ligne international, Olivier Magne, qui les a entraînés chez les moins de 20 ans : "Les deux se tiraient la bourre et ce n’était pas forcément évident de faire un choix puisqu’ils étaient tous les deux très bons. Ce sont des joueurs complets. On savait que l’on avait déjà deux joueurs de très haut niveau. Julien a cette capacité d’être très constant dans l’effort, sur l’ensemble d’un match et même d’une compétition. Camille est un joueur qui est détonnant et qui fait des différences grâce à son explosivité. Les deux se complètent très bien dans un groupe. Avec les moins de 20 ans, nous étions encore dans la formation et il fallait leur donner du temps de jeu pour les faire progresser et leur montrer les exigences du haut niveau."

Pelous : "Être titulaire n’est plus le Graal"

Fabien Pelous, manager de cette équipe des moins de 20 ans qui avait atteint les demi-finales de la Coupe du monde, partage le même avis : "On voyait qu’ils étaient au-dessus du niveau moyen des générations que l’on avait pu avoir auparavant à ce poste-là. Julien avait cette ténacité et cette capacité à montrer la voie. C’est un bon point de départ pour mener une bonne carrière et guider une équipe. Montrer l’exemple est déjà un grand atout. Avoir cette volonté permanente de planter le drapeau un mètre plus loin, ça montre la voie à tout le monde. Il est capable de faire ça. Au-delà de ses qualités physiques indéniables, ses qualités mentales en termes d’engagement pour le collectif sont exceptionnelles. Camille, c’est gros comme le nez au milieu de la figure, on le voit surtout comme remplaçant et dynamiteur, même s’il ne faut pas le cantonner à ce rôle. Mais on ne peut pas ignorer son côté spectaculaire." Les deux anciens internationaux ont surtout en mémoire que la cohabitation entre les deux hommes n’était pas difficile à gérer. "Il n’y avait pas de numéro un ou deux, se souvient l’ancien deuxième ligne. Camille pouvait amener une énorme plus-value sur les deuxièmes parties de match grâce à son explosivité. Mais c’était des très grosses deuxièmes parties de match puisque nous n’hésitions pas à le faire rentrer dès la mi-temps. Sur l’ensemble de la saison, ils ont quasiment partagé le temps de jeu, même si en termes de lancer, Camille était alors moins performant. Aujourd’hui, il a définitivement réglé la question." Tout avait été simple pour Olivier Magne : "Ce sont deux garçons intelligents, qui étaient déjà suffisamment matures. Leur concurrence était saine malgré l’envie et les hormones de garçons de 20 ans."

Une cohabitation d’autant plus simple que les deux hommes évoluent au talonnage, selon Fabien Pelous : "Je crois que les joueurs ne sont pas bêtes et ils voient bien que chacun a des qualités, d’autant plus dans le rugby moderne où les premières lignes ont l’habitude de jouer cinquante ou trente minutes. En termes de valorisation, je ne sais pas s’il n’est pas préférable de jouer les trente dernières minutes car ce sont des moments importants, où les choses se passent. C’est là que l’on peut avoir une influence forte ou tout du moins plus directe sur le résultat. Ce n’est pas anodin d’appeler finisseurs les remplaçants. Le fait d’être titulaire n’est plus le Graal, même s’il y a encore un petit côté gratifiant. Au niveau de l’impact sur le résultat, je ne sais pas si le numéro 16 n’est pas plus important que le 2 finalement." Surtout quand on a à choisir entre ces deux joueurs, aussi complets que complémentaires. qui ont l’habitude de vivre ensemble.

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Nicolas Augot
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