Arthur Vincent (3/4 du XV de France) : « Ce match, c'était un truc de barjots ! »

  • "Ce match ? C’était un truc  de barjots !"
    "Ce match ? C’était un truc de barjots !"
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Arthur Vincent (Trois-quarts centre du XV de France) nous raconte de l’intérieur les dernières minutes de la victoire face aux Gallois.

Après une courte nuit, avez-vous digéré cette victoire appelée à rester dans les mémoires ?

Nous sommes légers ce dimanche. Nous avons tous bien dormi, nous nous sommes levés du bon pied. Le groupe est sur son petit nuage. Cette journée de dimanche est importante pour profiter mais aussi redescendre et se projeter vers le match de l’écosse, qui va arriver très vite. Nous l’avions déjà un peu tous en tête dès hier soir, même si nous avons vécu des moments de "ouf". Il y avait un sentiment d’extase qui planait sur le groupe.

Le sommeil a-t-il été facile à trouver ?

Moi, j’ai plutôt très bien dormi. Personne n’a fait de cauchemar cette nuit, je peux vous rassurer (rires). Avec l’excitation, je sais que certains ont effectivement trouvé le sommeil un peu tard, mais ce sont des nuits agréables à passer.

Est-ce que ce match va marquer une étape dans la construction du groupe en vue du Mondial 2023 ?

Au vu du scénario, du contexte, il était particulier. Après, je n’ai pas encore assez d’expérience pour vous dire si c’était un match charnière. On vous le dira par la suite. Nous avons vécu un moment fort, que l’on aurait aimé partager avec des supporters dans un stade. D’ailleurs, je suis surpris par le nombre de messages que j’ai reçus. On sent que cette rencontre a marqué les gens, nos proches. J’ai eu l’impression en les lisant que tous avaient, à un moment, envie de casser leur télévision avant de basculer dans l’euphorie. J’espère que cela fera date.

Pouvez-vous nous raconter de l’intérieur ce qui s’est passé sur le terrain ?

Sincèrement, après le carton rouge infligé à Paul Willemse, tout le monde était déterminé à ne pas accepter le sort de la rencontre. On savait qu’il fallait marquer deux fois pour l’emporter. J’ai assez vite ressenti cet état d’esprit, dès la décision. Nous étions bouillants. Au vu de la physionomie du match, nous avions encore beaucoup d’énergie à revendre. Il y avait une vraie détermination, c’est le mot, à inverser le score. Je pense que cela s’est vu. Sur chaque ballon. Il n’y a pas eu une erreur. Tout le monde jouait juste. Nos leaders menaient la danse et tout le monde était focus vers cet objectif. Nous avons fait preuve d’une grosse force mentale. Avec un peu de recul, j’avoue avoir été bluffé par cette détermination. C’est quelque chose qu’il faut garder.

Comment cette révolte part-elle ?

Les décisions n’allaient pas en notre faveur. Il y avait un petit sentiment d’injustice, même si l’arbitre a toujours raison et il faut que cela reste sacré dans notre sport. Si on a accepté ses décisions, la frustration engendrée par une succession d’événements a fait naître un regain d’énergie et ce sentiment de révolte. On a su garder notre sang-froid et rester focus sur le fait de gagner le match.

Avant que votre capitaine Charles Ollivon ne marque l’essai, croyiez-vous encore une victoire possible ?

Au départ, tu veux marquer parce que tu mérites de le faire. Après celui-ci, tu sais qu’avec un essai supplémentaire, tu gagnes le match et tu fais tomber les Gallois. Il y a eu un "feeling" entre nous, nous n’avons pas eu besoin de trop nous parler. On savait ce que l’on avait et devait faire. Un regard de Charles a suffi. C’est quelque chose qui est difficile à décrire mais une fois que Charles a marqué, nous savions que nous n’avions rien à perdre. Il fallait tout donner.

Franchement, pensiez-vous vraiment pouvoir l’emporter au moment au Paul Willemse prend son carton rouge ?

Oui, cela a été un moment très fort. Il n’était pas question de ne pas y croire, on devait le faire, c’était obligé d’y croire.

N’est-ce pas le tournant du match car jusqu’à cette action et cet essai refusé à Dulin, le XV de France semblait souffrir physiquement et était pris offensivement sur un de ses points forts réputés, la défense ?

Cela a peut-être été le dernier uppercut gallois. C’est vrai qu’après, nous étions dans les cordes et cela nous a sonnés une bonne fois pour toutes et après on s’est vite, très vite remis la tête à l’endroit. Je n’ai pas encore suffisamment de recul avec la rencontre pour dire que cela a été un tournant dans la rencontre, mais il fallait croire en nous. Il n’y avait rien à calculer.

Vous êtes le dernier passeur pour Brice Dulin pour l’essai victorieux. Racontez-nous…

J’ai revu les images et il faut souligner le formidable travail de Gaël Fickou sur cette action. Il y avait le surnombre, la situation pour marquer, mais Gaël est déterminant dans son intervention. Il fixe parfaitement les défenseurs et après cela va vite, mais il avait fait le plus dur. Je n’avais plus qu’à lever le ballon pour Brice pour qu’il aille nous libérer en terre promise, pour faire une grande phrase (rires).

L’écosse, vendredi soir, ne sera pas une simple formalité…

Loin de là. Le challenge qui nous attend est élevé. Tout le groupe sait quel est le contrat qui nous attend vendredi prochain. C’est toujours plus facile de travailler après une victoire, tu as une bonne énergie qui se dégage du groupe. La journée de dimanche nous a servis à relâcher les émotions, et j’ai l’impression que tout le groupe est impatient de débuter la semaine ce lundi.

Avez-vous déjà discuté entre vous sur le match de l’écosse ?

Oui, même si la soirée face aux Gallois, va rester inoubliable. Ce match, c’était un truc de barjots ! Mais par petits groupes on a aussi discuté du match face aux écossais. On veut gagner et pour cela, il faut bien se préparer et être très concentré lors des séances de travail. Nous ne nous sommes jamais cachés, notre objectif était et reste de gagner des matchs. Nous avons notre destin en main, nous savons ce que nous avons en tête, ce que l’on veut réussir. Et c’est excitant !

L’équipe de France n’est-elle pas pour vous personnellement, une bouffée d’air frais ou une récréation, au vu de ce que vous vivez avec votre club de Montpellier, où l’on avait l’impression que vous aviez perdu une partie de votre punch ?

Alors chaque contexte est différent. Avec ce qui se passe à Montpellier, c’était difficile de changer d’air comme vous dites et de retrouver les Bleus au départ. Mais cela nous a fait un bien fou et je suis certain que l’on va rapporter des ondes positives en club quand on rentrera. Personnellement, ma forme mentale n’est pas la même chez les Bleus qu’au MHR, et c’est normal car les situations sportives sont différentes, mais physiquement je me sentais bien sur le terrain à Montpellier. Avec les Bleus je suis dans une bonne dynamique… Votre question est difficile, et j’ai l’impression de partir dans tous les sens et de ne pas être clair. Tout ça pour dire que ce n’est que bonus, et que cela va me servir pour la suite. D’ailleurs, même ce que j’ai vécu avec Montpellier, va me permettre d’apprendre.

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Propos recueillis par Pierre-Laurent GOU
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