Merci, les Bleus

  • Antoine DUPONT of France celebrates with Matthieu JALIBERT of France during the RBS Six Nations match between France and Wales on March 20, 2021 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) - Stade de France - Paris (France)
    Antoine DUPONT of France celebrates with Matthieu JALIBERT of France during the RBS Six Nations match between France and Wales on March 20, 2021 in Paris, France. (Photo by Anthony Dibon/Icon Sport) - Stade de France - Paris (France) Icon Sport - Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Applaudissez donc, messieurs-dames, il y a de quoi. Avec son scénario dantesque, le France - Galles que nous venons de vivre restera pour longtemps un trésor inestimable.

Soyez-en sûrs, dans quelques années nous nous souviendrons avec précision où nous étions ce soir-là. Ce que nous faisions quand Brice Dulin a marqué après 82 minutes et des poussières de secondes. Qui hurla alors à nos oreilles. Et avec qui nous avons ensuite trinqué au succès. Même si ce fut en petit comité, Covid oblige.

Nous étions devant la télé ou -pour de rares privilégiés- présents au Stade de France. Contrairement aux succès majeurs des Bleus remportés dans la liesse populaire, cette victoire ne s’est donc pas partagée. Elle s’est vécue à distance et se savoure avec la discrétion liée au contexte. Pour autant, elle n’est reste pas moins un vrai délice.

Car oui, ce samedi soir a été d’une intensité incroyable ! Tout simplement, il nous a donné à vivre ce que notre sport porte de plus beau : l’inattendu et le rebondissement, le talent et la maîtrise, le frisson du combat et cette notion d’engagement individuel au service d’une cause collective qui, trop souvent, est une promesse inaboutie. Samedi il y eut tout, même si ce fut par intermittence. Et, parfois, on toucha à l’irrationnel. Alors, merci messieurs.

Disons-le, quand ils jouent comme ça, nos Bleus sont sublimes. À tel point que ce match, censé faire la synthèse du potentiel accumulé depuis le début de l’ère Gatlhié, doit être un nouveau point de départ pour la « génération Ollivon » après l’épisode de la bulle qui fit pschitt.

Tout est oublié ? Non. En partie pardonné ? Oui. Au moins pour les gaufres de Rome, la soirée du CNR et la virée au marché de Biarritz. Ne vous y trompez pas, l’envergure de ce succès face aux Gallois, sa dramaturgie et son intensité doivent énormément à ce fichu contexte et au désir de laver l’affront qui animait les Bleus.

Nos espoirs de Grand Chelem envolés, nous regretterons longtemps le coaching raté de Twickenham et, plus que tout, ce « cluster tricolore » pour ce qu’il suppose de risques pris en termes d’image et de performance sportive.

Le XV de France aurait dû l’éviter, c’est une évidence. Il aurait pu, aussi, ne jamais s’en relever… Soufflez donc un bon coup : samedi, dans la nuit dyonisienne, les comptes ont été soldés et les Bleus ont pris leur destin en mains.

C’est l’essentiel avant l’ultime match à livrer contre l’Ecosse, vendredi. Qui nous laisse entrevoir la possibilité d’une fin grandiose, pour peu que le staff parvienne à gérer la fatigue physique autant que la « redescente » émotionnelle. Rien d’évident, vous en conviendrez, pour une bleusaille en formation qui nous a portés si haut samedi et qui devra immédiatement remonter aux sommets…

Allez, croisons les doigts. Et regardons plus loin que cet avenir que l’on attend heureux. Les Bleus n’ont encore rien gagné, mais si ce match de la rédemption les avait fait grandir bien plus vite que prévu ? Et s’il pouvait valoir beaucoup plus cher qu’un Grand Chelem sur la route du Mondial 2023 ?

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