Une saine trouille

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L'édito de Léo Faure... Il y a de la confiance, et certainement trop, qui flotte dans l’air enveloppant cette rencontre face à l’Écosse. Il faut gagner, c’est sûr, mais surtout le faire par une marge épaisse de 21 points. « Ça va, c’est l’Écosse ». Voilà le piège, identifié et pourtant toujours armé : cette petite musique un rien prétentieuse qui, sous couvert de flatterie, vous fait baisser la garde. Les Bleus, qui se défendent d’un tel péché d’orgueil, baignent malgré eux dans cet air qui endort, bercés par une aubade de suffisance qui dissout la méfiance et les met soudain en danger.

C’est tout le charme maléfique de cette fin de match face au pays de Galles qui opère ici. Elle a procuré un sentiment d’invincibilité d’abord jubilatoire, presque orgastique. Avant que la bête ne se retourne contre son créateur : cette issue hors des réalités donne à croire, justement, que cette équipe de France a un destin d’immortel. Attention, danger.

Le piège de la confiance excessive, les Bleus l’ont payé cher, dans un passé récent. Il les avait croqués il y a un an, déjà contre l’Écosse, dans la cathédrale de Murrayfield. Avant d’en arriver là, les Français avaient concassé l’Angleterre et gelé les flammes du Millennium, pour mettre le pays de Galles au pas. Deux victoires qui lançaient un mandat, donnaient à voir la promesse d’une histoire nouvelle, écrite sous un soleil de victoires. Et cette idée que, sans attendre, le triomphe dans le Tournoi serait déjà là.

Contre l’Écosse, pour ne pas s’être suffisamment méfiés, les Français avaient perdu gros. Ce scénario, on le connaît et il faudra s’en souvenir. Ne pas oublier non plus celui de la semaine dernière, qui permet de croire encore en un sacre dans ce Tournoi 2021 : il y a eu l’explosion des dernières minutes, bien sûr, jusqu’à cet essai de Dulin pour une victoire qui défiait les lois de la logique. Avant cela, les Bleus avaient aussi souffert le martyre face aux amis Gallois.

Ne pas oublier. Se souvenir qu’au défi lancé par Alun Wyn Jones et sa bande, les Bleus n’apportaient que peu de réponses. Dominés dans tous les secteurs de jeu pendant une heure, battus partout et même dévorés dans l’exercice de la vitesse et du défi physique.

Au moment d’accueillir l’Écosse, il faut garder à l’esprit que cette équipe de France, au mental dur comme du chien, est aussi en grand danger dès lors qu’elle subit les premiers impacts. Un triomphe, ce vendredi dans un Stade de France à la vacuité persistante, sera au prix de ce devoir de mémoire.

S’ils s’efforcent à ce sérieux, les Français auront alors tout en mains pour s’adjuger d’un même coup le gain du match et du Tournoi. Leur heure de première maturité collective serait alors venue et, ce vendredi, se serait joué le match 0 de leur histoire. Le point de départ d’une aventure qui les conduira à 2023.

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Les commentaires (1)
çaroule Il y a 1 année Le 26/03/2021 à 14:01

Certes il ne faudra pas "avoir la cosse" contre l'Ecosse ; battre une équipe de rugby avec 21 points d'écart et 4 essais, n'est pas impossible ... mais là, ça reste l'équipe du Chardon tout de même ; elle n'est plu le sparring-partner d'antan ; aujourd'hui elle pique comme jamais ! de toute manière ce sera un sérieux et espérons un beau match !
Allez les Bleus ! Les chardons poussent en été... c'est le moment de les battre !