Ni gloire, ni victoire

  • Ni gloire, ni victoire pour les Bleus
    Ni gloire, ni victoire pour les Bleus Midi Olympique / Patrick Derewiany - Midi Olympique / Patrick Derewiany
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Le XV de France rêvait d’un premier sacre dans le Tournoi des 6 Nations depuis 2010. Il n’est pas parvenu à rafler la mise et s’est même incliné à domicile au bout des arrêts de jeu face à l’Ecosse (27-23). Forcément frustrant.

A la mi-temps, l’espoir était encore permis. Et il faut bien avouer que, si cela ne tenait pas du miracle, il s’en fallait de peu. Les Bleus ont regagné les vestiaires du Stade de France avec trois points d’avance (13-10). Un écart sur lequel pas grand-monde n’aurait misé douze minutes plus tôt lorsqu’ils étaient menés de sept longueurs (3-10) sans qu’il n’y ait à rien à redire. Malgré une entame réussie, avec une pénalité convertie par Romain Ntamack dès la 9e minute, les Français - plutôt empruntés et sûrement fragilisés par l’enjeu – ont d’abord subi les assauts d’Écossais cliniques, et logiquement récompensés par le premier essai de la rencontre inscrit par Duhan Van der Merwe (15e). Heureusement, portés par un Julien Marchand encore impressionnant et un Gaël Fickou des grands soirs qui ont sonné la révolte, les hommes de Fabien Galthié ont fini par se lâcher. Un sursaut symbolisé par le magnifique essai de Brice Dulin (36e), derrière une passe sautée d’Antoine Dupont et une intervention parfaite de Damian Penaud.

Héroïques Écossais

Avant même de penser à rafler le Tournoi des 6 Nations pour la première fois depuis 2010, avec toutes les conditions que cela comportait, il s’agissait déjà de remporter ce match pour s’assurer de la deuxième place de cette compétition, comme lors du Tournoi 2020 ou de la dernière Coupe d’automne des Nations. Oui mais voilà… Comment se contenter des positions d’honneur avec une telle génération ? La folie de ces talents était attendue après la pause. Les Bleus devaient forcer leur destin pour garnir l’armoire à trophées de Marcoussis, et le savaient. Ils ont voulu être dignes de leurs promesses au retour sur la pelouse, avec cet essai de Penaud (46e) au bout d’une action dingue. Lequel faisait basculer cette soirée dans une autre dimension. Plus que treize points pour renverser la table des Gallois… Oui mais la gloire ne mérite pas l’approximation. Ces deux minutes de trop à Twickenham, ou cette mauvaise inspiration d’Antoine Dupont ce vendredi, à la 54e minute. Sur un temps fort des siens, le facteur X français s’est certainement montré trop gourmand en tentant un coup de pied par-dessus à l’aveugle dans les 22 mètres adverses.

L’euphorie était passée et, dans la foulée, le XV du Chardon allait anéantir les ambitions françaises. Un essai de David Cherry (53e) qui redonnait l’avantage aux visiteurs (20-18) et menaçait les Bleus d’une quatrième place dans le Tournoi, qui faisait ressurgir de tristes souvenirs de la dernière décennie. Pour un sacre, la marche était finalement trop haute. Mais y avait un honneur à sauver, celui de garder le Stade de France imprenable, quand Swan Rebbadj a terminé dans l’en-but (66e). La France était sur le point de l’emporter... Mais que cette Écosse est aussi héroïque qu’enthousiasmante, refusant de se contenter d’un match nul à Saint-Denis. Jusque dans les arrêts de jeu, ils ont refusé de tenter une pénalité et ont continué à mettre la pression sur leurs adversaires. Ils ont même profité d’une ultime bourde de Brice Dulin, lequel avait oublié d’acter la victoire, pour envoyer Van der Merwe inscrire un doublé et délivrer sa formation (27-23). Avec le point de bonus défensif, le XV de France finit tout de même à la deuxième position finale. Mais son goût est carrément amer...   

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