Nevers se redonne de l’air

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Stressés, fébriles, les Neversois ont trouvé les ressources mentales pour maîtriser de rudes Montalbanais et mettre fin à leur série noire.

À la 70e minute, tous les Neversois du Pré-Fleuri retiennent leur respiration quand Jérôme Bosviel s’élance pour transformer l’essai en coin de son ailier Maxime Salles. Le ballon s’enfuit à gauche des poteaux, le tableau d’affichage se fige à 24 à 15 ; l’expiration collective embaume le soulagement. « S’ils revenaient à sept points, on était en danger », reconnaît le manager Xavier Péméja, cordes vocales rassérénées après la harangue d’une fin de match tétanique. La confiance déchiquetée par une série funeste de cinq matchs sans victoire, ses joueurs ont abordé cette rencontre face à Montauban les mains moites et l’âme fébrile : « Il y avait beaucoup de stress avant ce match, et pendant toute la semaine », confie le coach. « C’est un groupe que j’aime, et quand je le vois ne pas aller bien comme ça, ça me fait mal. »

Lui qui attendait « une réaction » après la raclée subie à Carcassonne (59-5) n’a pas été déçu : « Montauban venait pour gagner. Ce qui m’a plu, c’est qu’on n’a pas lâché. On a montré qu’on n’était pas faibles. » Il a aimé aussi l’entrée sur le terrain de son équipe, abandonnant la routine du couloir central pour arriver directement de son vestiaire par le côté, au milieu des remplaçants, des blessés, des laissés au repos, petite forêt humaine d’encouragements et de larmes au bord de quelques yeux.

Énergie salvatrice

Pour puiser dans le gisement du collectif l’énergie salvatrice. Il fallait sans doute cela pour renverser une équipe de Montauban vigoureuse à l’impact et ambitieuse dans le jeu, notamment sur les extérieurs trop friables côté nivernais. « On a montré de belles choses mais on n’a pas eu le déclic qui nous aurait fait basculer devant », regrette Jérôme Bosviel. Incertain à la pause (14-10), le sort du match s’est joué dans les dix premières minutes de la seconde période, avec une pénalité puis un essai encaissés qui illustrent « le manque de constance technique » pointé par le manager Florian Ninard. Décisif sur l’essai du 24 à 10 marqué par le jeune deuxième ligne Fabien Witz, Hugo Fabrègue symbolise le coaching judicieux de son staff injectant à la pause un supplément de puissance. Avec le pilier colossal David Lolohea, le troisième ligne centre remonté en deuxième ligne a contribué à remettre les siens dans le bon sens : « Le plus dur aurait été de prendre des points après la pause. À 24 à 10, on s’est sentis plus confiants. Il fallait qu’on gagne, on a gagné, on se remet dans la course. »

Précieux à l’ouverture pour son 100e match avec l’USON, Frédéric Urruty a le soulagement pudique : « On ne va pas s’enflammer, on a un gros déplacement qui nous attend (à Biarritz, N.D.L.R.). On n’est pas guéris. On a perdu tellement de jokers qu’on ne se sent pas libérés. Dans notre situation, on doit jouer tous les matchs pour les gagner. » S’ils sont revenus à un point de la sixième place, les Neversois ont en effet flambé leur droit à l’erreur : « Avec Colomiers, Oyonnax et Grenoble, on est quatre pour trois places. Sans oublier Béziers qui vient d’ouvrir la porte », compte Xavier Péméja. « On est sortis du cauchemar, mais on n’est pas en plein rêve. »

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