Henry Chavancy : pourquoi il est si différent...

  • Henry Chavancy (Racing 92).
    Henry Chavancy (Racing 92). Icon Sport - Icon Sport
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Henry Chavancy est un joueur rare. Entendez par-là que le trois-quarts centre du Racing est une espèce en voie de disparition. 

Le capitaine du Racing 92 compte parmi ces quelques éléments, dans un milieu professionnel où le joueur est devenu un produit de plus en plus volatile au fil des ans, le Sud-Africain Willy Du Plessis ayant réussi le tour de passe-passe de porter trois maillots différents (Toulon, Bayonne et Montpellier au cours d’une même saison), pour qui la fidélité a un sens. Si l’on excepte ses deux années de pratique du rugby en poussin du côté de Nîmes, « Chav » est l’homme d’un seul club. Enfin presque. Cet enfant au sang ciel et blanc a joué au Racing Club de France, au Métro-Racing, au Racing-Métro puis au Racing 92.

Toujours avec la même fierté, le même plaisir, le même engagement. Des pelouses cabossées de Colombes avec vue sur le vieux stade olympique Yves-du-Manoir et ses vestiaires désuets jusqu’au centre d’entraînement de la Croix de Berny, en passant par « le fin fond du Pro D2 » dans le plus grand anonymat pour finalement disputer trois finales de Champions Cup et remporter un Bouclier de Brennus en 2016, Henry Chavancy a tout connu avec le club des Hauts-de-Seine. Ce maillot, il l’a porté à 327 reprises avec l’équipe professionnelle. À tel point qu’il en est devenu l’incarnation.
 

Laurent Labit : «Quand tu as un Chavancy dans ton équipe, tu le mets en premier sur la feuille de match »

 

Sachez également qu’un entretien avec le capitaine du Racing 92 n’est comparable en rien avec une quelconque interview. Sa politesse, sa finesse d’esprit, son charisme en font un interlocuteur singulier. Dans son propos, il y a de la profondeur. Du recul. De l’analyse. La langue de bois n’est pas franchement son truc. Certes, il ne dira jamais un mot de travers sur son club qu’il chérit au plus haut point, tout comme il défendra toujours l’un de ses partenaires quand bien même celui-ci a fauté, mais son discours n’en demeure pas moins rafraîchissant dans un monde où les poncifs sont devenus monnaie courante.

Vous nous rétorquerez que, sur le terrain, il n’a jamais eu le talent de Sonny Bill William, ni la carrière d’un Philippe Sella. Peut-être… Mais il nous revient cette phrase de Laurent Labit qui l’a longtemps entraîné : « Quand tu as un Chavancy dans ton équipe, tu le mets en premier sur la feuille de match. Tout simplement parce qu’il est capable de mourir sur un terrain pour faire gagner son équipe. » Tout est dit. À 32 ans, Henry Chavancy sait qu’il se rapproche dangereusement de la fin de sa carrière. Ce sujet, il l’évoque dans l’entretien ci-dessus. En toute transparence. Avec beaucoup d’humilité. Mais pas sans ambition, à l’aube de cette phase finale de Champions Cup.

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