Printemps européen

  • Henry Chavancy (left) leads his Racing 92 players off the pitch at full time during the Scores Champions Cup match between Harlequins and Racing 92 on 20th December 2020
Photo by MB Media / Icon Sport - Henry CHAVANCY - Wenceslas LAURET - Georges-Henri COLOMBE - Donovan TAOFIFENUA - Twickenham Stoop - Londres (Angleterre)
    Henry Chavancy (left) leads his Racing 92 players off the pitch at full time during the Scores Champions Cup match between Harlequins and Racing 92 on 20th December 2020 Photo by MB Media / Icon Sport - Henry CHAVANCY - Wenceslas LAURET - Georges-Henri COLOMBE - Donovan TAOFIFENUA - Twickenham Stoop - Londres (Angleterre) MB Media / Icon Sport - MB Media / Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Que n’a-t-on pas dit à propos du rugby, sport qui porte une haute idée de lui-même, autant gaussé pour sa propension à s’inventer des histoires que pour ses relents de conservatisme.

Combien de fois, ainsi, l’esprit critique d’observateurs avisés a stigmatisé notre monde - un brin clanique - qui se fige régulièrement dans ses traditions ? Combien de fois, le vent du changement a soigneusement évité de remettre en cause les us, coutumes et certitudes de la discipline ? Hélas, bien trop souvent pour que nous ne le regrettions pas avec force.

Alors vous comprendrez notre désir d’applaudir des deux mains la relance de la Coupe d’Europe, dans une version « new-look ». Souvent critiquée, elle montre ici l’exemple. Rien n’est parfait, on vous l’accorde. Et le sprint final qui s’ouvre ce week-end manque probablement d’ouverture. Mais tout de même, apprécions pour de bon l’aubaine d’avoir à suivre un peu plus de rugby pro quand les amateurs sont à l’arrêt, sacrifiés sur l’autel de la « Covid » et sans la moindre forme de tournoi à se mettre sous la dent.

Le Tournoi des 6 Nations terminé, l’Europe s’emballe sur un mode qui casse avec ses habitudes : pour rattraper le temps et s’offrir des remises de trophées, les Champions et Challenge Cup redémarrent direct en mode « phase finale ». Avec un tour de plus dans leur sac. Il faudra donc remporter les huitièmes, quarts, demies et la finale pour être sacré. En match « sec », sans retour… Autant vous dire qu’il n’y a pas de seconde chance et, par la force des choses, peu de calculs.

En d’autres temps, la tradition rugbystique nous aurait donné à penser que les mieux classés vont bénéficier de l’avantage du terrain. Mais ça, c’était avant. Faute de supporters physiquement présents au stade, le rapport de force a basculé et la pression pèse désormais plus lourd que jamais sur les épaules des équipes qui reçoivent… La preuve par les chiffres : le dernier Tournoi a enregistré 8 succès à l’extérieur en 15 rencontres ; à date, le Top 14 compte 50 victoires en déplacements pour 140 matchs (près d’un match sur trois ; 19 % l’an dernier).

Tout cela pour vous dire que les chances de Lyon, Toulon, Clermont, Toulouse et La Rochelle qui se déplaceront en Angleterre et en Irlande (Bordeaux et le Racing 92 recevront), sont bien réelles. Et plus concrètes que jamais si l’on veut bien considérer les potentiels de ces équipes.

Alors oui, permettons-nous de rêver à un grand chelem, ce week-end. Une aubaine après l’échec du XV de France et de Galthié dans leur course au titre. Un parcours sans faute des formations françaises viendrait clairement confirmer l’élan de fraîcheur et le talent de la bleusaille qui a fait naître l’espoir autour de la sélection.

Ce serait l’expression directe d’une (re) montée en puissance du rugby hexagonal sur l’échiquier international. Il s’agirait enfin de la promesse d’avoir à vivre une phase finale intense et passionnée. Digne des épopées d’hier, quand le championnat de France se transformait, s’enflammait au printemps et remettait en cause la vérité de toute une saison sur des matchs à élimination directe. Franchement ? On n’a pas trouvé mieux pour vibrer !

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