Toulon, à la poursuite du temps perdu

  • Les Toulonnais de Brian Alainu’uese, Ma’a Nonu et Raphaël Lakafia vont devoir batailler pour obtenir dans le top 6 et ainsi décrocher une qualification tant convoité depuis 2018. Photo Icon Sport
    Les Toulonnais de Brian Alainu’uese, Ma’a Nonu et Raphaël Lakafia vont devoir batailler pour obtenir dans le top 6 et ainsi décrocher une qualification tant convoité depuis 2018. Photo Icon Sport
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A-t-elle immiscé le doute dans les têtes varoises ou réveillé la force ? En tout cas, une chose est sûre : la débâcle lyonnaise (54-16) a sorti le RCT du top 6, une première depuis début novembre. Les Toulonnais sont désormais en mission : six matchs, dont quatre confrontations avec des concurrents directs, pour aller chercher des phases finales après lesquelles ils courent depuis 2018. Challenge accepté ?

Vous voulez qu’on vous dise, nous aussi, nous imaginions le RCT capable de surprendre l’Europe du rugby, en allant s’acheter le pardon sur la pelouse du Leinster, une semaine après son humiliation lyonnaise (54-16). Du retour des internationaux à la volonté sincère de rachat de l’ensemble du groupe, tout semblait réuni… jusqu’à l’élimination sur tapis vert (voir par ailleurs). Désormais hors d’Europe, les Varois n’ont donc plus que le Top14 pour goûter aux phases finales. Un challenge à la portée des Rouge et Noir ? Il semble en tout cas inévitable qu’une nouvelle saison sans phases finales apparaîtrait comme un coup d’arrêt, alors qu’une qualification mettrait la lumière sur une rade qui n’attend que ça. Pourtant, après un début de saison parfait, avec la qualif’en ligne de mire, les Varois ont fini par perdre les pédales en plein cœur de l’hiver. Pire, dépassés par les doublons et une infirmerie qui peinait à désemplir, les Varois ont même abandonné leur place de qualifié potentiel, sur laquelle ils étaient assis sans interruption depuis début novembre. Les Toulonnais n’ont donc d’autre choix que de redresser la barre, s’ils veulent se donner le droit de rêver, six saisons après le dernier trophée du club (2015), quatre après sa dernière finale de Top14 (2017) et trois après ses dernières phases finales hexagonales (2018).

Un groupe (enfin) au complet

D’inhabituelles années de disette à effacer pour "le meilleur club européen de la dernière décennie" ? Désormais septièmes, à la suite de défaites à Brive et Lyon, mais également à domicile contre La Rochelle (Mayol était imprenable depuis seize mois) et Bayonne, les Varois vont donc devoir cravacher pour subtiliser une place de qualifiés aux Lyonnais ou aux Bordelais, tout en évitant le retour de Castrais et autres Parisiens. Pour ce faire, les Toulonnais pourront en tout cas compter sur le retour des internationaux. Mais les hyperactifs Rebbadj et Ollivon, le tank "Tao", les maîtres à jouer Serin et "Carbo" ou encore de "Jibé" Gros et Gabin Villière parviendront-ils à faire basculer Toulon dans une autre dimension ? Le RCT n’a en tout cas plus de temps à perdre, et la mission reconquête démarrera dès le 17 avril, du côté de Montpellier. Une formalité, face au 11e du Top 14 ? Baliverne ! S’ils ont réalisé un début de championnat exécrable, les Héraultais ont depuis relevé la tête, et restent sur des succès contre Clermont et Toulouse. En suivant, les Varois devront faire le plein de confiance (et de points) contre Agen, avant une réception du Stade toulousain, un déplacement à Clermont et deux matchs contre des concurrents directs : à Mayol contre l’UBB, puis à Castres. Un calendrier surchargé, que certains considèrent comme le plus compliqué des candidats aux qualifications ? Prenez le problème à l’envers : le RCT a son destin en mains, un privilège à l’heure où les Varois se sont promis d’aller arracher une première qualification depuis 2018.

Premières phases finales de Top 14 pour le RCT de Patrice Collazo ?

Désormais, il reste donc six rencontres au RCT pour regoûter aux matchs couperets, permettre à toute une ville de vibrer à nouveau derrière ses (terribles) guerriers et donner un nouveau tournant à "Toulon 19-23". En effet, démarré en 2018 autour de Patrice Collazo, ce projet semble avoir pris du corps depuis deux saisons : capable de rivaliser à nouveau avec les meilleures équipes françaises et européennes, le RCT aurait d’ailleurs parfaitement pu regoûter aux phases finales de Top 14 en 2019-2020 mais l’arrêt des compétitions a sacrifié les efforts de Toulonnais, quatrièmes avant l’arrêt des compétitions. Cette saison, les Varois ont donc à nouveau tout mis en œuvre pour s’inviter dans le bal des costauds, jusqu’à ce fameux virage des doublons. Alors, pour confirmer que Mayol est bien redevenue l’une des places fortes du rugby français, les Varois se doivent d’arracher leur qualification au bout du suspense. Afin de retrouver les frissons du printemps, pour le plus grand plaisir de la bouillante cité varoise ? On jurerait en tout cas que les joueurs savent ce qu’il leur reste à faire. Messieurs, à vous de jouer.

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Pierrick ILIC-RUFFINATTI
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