Bouscatel tient son gouvernement

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La LNR a tenu jeudi son premier Comité directeur depuis l’élection de René Bouscatel à sa tête. Le président sortant, Paul Goze, élu au Comité directeur, pouvait prétendre à une place au Bureau en tant que vice-président. Il n’en est rien.

Le premier comité directeur de la Ligue nationale de rugby sous l’égide du nouveau président René Bouscatel s’est déroulé jeudi dernier à Paris. L’occasion pour le successeur de Paul Goze de composer l’équipe avec laquelle il va présider aux destinées du rugby professionnel, durant les quatre prochaines années. Évidemment, pour composer le nouveau bureau de la Ligue, l’ancien président du Stade toulousain s’est entouré, après un vote, de personnalités ayant fait campagne en sa faveur (lire ci-contre).

Aucune surprise à retrouver aux postes de vice-présidents des personnalités telles Didier Lacroix (en charge des relations avec la FFR) ou encore Thomas Lombard (chargé du développement économique et de l’innovation). Ce dernier a d’ores et déjà développé dans ces colonnes (page 28) certaines de ses idées. "Ce que font les Anglais à Twickenham avec trois ou quatre matchs joués sur un même week-end dans un même stade, je trouve le concept formidable, a-t-il expliqué. Pourquoi ne pas y réfléchir ? Et puis, l’innovation et le développement, pourquoi ne pas les conceptualiser sur certains secteurs avec la Fédération ou France 2023 ? Il y a des passerelles à trouver."

Aucun rôle précis pour Paul Goze

La surprise au sein de ce bureau, après des élections sous haute tension, c’est le rôle confié à Yann Roubert. Le président du Lou a obtenu le statut de vice-président en charge des relations à l’international. Or, ce dernier ne s’est jamais caché avoir voté pour la candidature de Vincent Merling. "Yann est quelqu’un de précieux et compétent qui a déjà traité de nombreux dossiers importants, notamment avec l’EPCR, souligne encore Lombard. Et j’aimerais demain que Jean-Michel Guillon par exemple (président de l’ASM) apporte ses idées, s’il en a l’envie. Il n’y a pas l’ancienne équipe et la nouvelle, il y a le rugby professionnel et ses trente clubs qui font face à leurs enjeux d’évolution et de transformation."

Toutefois, dans le camp de l’opposition, certains se sont émus du peu de considération accordée à l’ancien président Paul Goze, élu au comité directeur mais qui ne s’est vu confier aucun rôle précis. "Paul Goze, que j’apprécie beaucoup, a réagi avec dignité, commente Lucien Simon, désormais en charge des affaires sportives et de l’In Extenso Supersevens. Il n’est pas du genre à solliciter une place au bureau alors que son candidat n’a pas été élu." "Le bureau de la Ligue ne comptera aucun représentant de l’UCPR, c’est une première, grince Alain Carré, président du syndicat des clubs. Je ne vais pas vous dire que je le prends bien. Ce fut même un coup sur la tête pour moi. Le bureau est largement renouvelé, Thierry Emin, Didier Lacroix, Frédéric Calamel, Lucien Simon et Thomas Lombard sont nouveaux, même si Lucien Simon passe du comité directeur au bureau. Seul Yann Roubert conserve sa place. C’est dû à sa spécialité, les questions internationales et notamment la Coupe d’Europe. Ces sujets, il les maîtrise et parle très bien anglais. Didier Lacroix est chargé des relations avec la FFR. Il est considéré comme assez proche du pouvoir fédéral. Il devra gérer des dossiers importants, le premier d’entre eux sera la mise en place du barrage entre le Pro D2 et le National."

En creux, dans les propos du président de Colomiers, une opposition naissante se fait sentir. La nouvelle gouvernance, elle, se défend de vouloir écarter des forces vives. "Tout ne se décidera pas au bureau, assure encore Lucien Simon. C’est au comité directeur que revient le rôle de délibérer. René Bouscatel se dirige vers un rôle accru du comité directeur. Ces dernières années, il y a eu, c’est vrai, le sentiment que le pouvoir était concentré entre les mains du bureau. Mais en fait, le Bureau, c’est un peu le cabinet du président; le comité directeur, c’est le gouvernement. Je n’ai pas senti chez René Bouscatel la volonté d’opérer une rupture, de donner un coup de balai." Assurément, les prochaines semaines en diront plus sur les velléités des uns et des autres.

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Jérôme Prévôt et Arnaud BEURDELEY
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