Leçons d’Europe

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Publié le , mis à jour

L'édito du lundi par Emmanuel Massicard... Nous avons assez déploré, ici et ailleurs, le manque de renouvellement des affiches franco-européennes pour ne pas nous féliciter d’accueillir, enfin, La Rochelle et l’Union Bordeaux-Bègles à la table des grands du vieux continent. 

Applaudissez, ils sont les nouveaux invités « surprises » de la Champions Cup, compétition plus élitiste que jamais. Mais ils n’en demeurent pas moins parfaitement légitimes, au regard des performances livrées sur le terrain par les deux meilleurs ennemis de la façade atlantique.

L’Europe ne supporte pas l’à peu près et chacun doit y faire son apprentissage pendant une paire de saisons, avant de pouvoir rivaliser. C’est la loi du genre et, comme d’autres avant eux, les hommes de Gibbes ou Urios ont payé pour savoir. Ceci dit, l’expérience ne fait pas tout et nous serions ici prêts à parier que la formule bricolée dans l’urgence pour sauver la compétition a servi les intérêts des Rochelais et des Bordelais. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en mode « Coupe », ils ont eu de la chance au tirage, ont évité les pièges des matchs aller-retour et ont abordé la phase finale sans aucune pression. La chance sourit aux audacieux. Et le talent plus encore, c’est une certitude.

Les choses étant bien faites lors du tirage au sort, les acteurs principaux des mystères de l’ouest ne s’affronteront pas en demi-finale, fin avril. Ils auront affaire aux favoris (Toulouse et le Leinster) avant, éventuellement, d’avoir à nous offrir un duel final inédit et fratricide.

Patience et, surtout, prudence. Car les Irlandais et les Stadistes sont les formations « référence » de cette compétition, les plus titrées (4 victoires chacune) en 25 ans d’affrontements. Rien de moins que des machines à collectionner les titres et qui, disons-le, impressionnent.

Le Leinster a, certes, gagné sur tapis vert son huitième de finale face à Toulon, il n’en a pas moins marqué les esprits ce week-end à Exeter, le champion d’Europe en titre. Et puis, que dire des Toulousains ! Revanchards en diable, ils furent successivement vainqueurs au Munster et à Clermont-Ferrand. Appréciez : ils ont transformé leur parcours du combattant en galop d’essai pour candidat au doublé Top 14-Champions Cup. En Europe comme en championnat, ils sont bien les favoris. Quoi qu’ils en diront, malgré tous les trésors d’imagination qu’ils tenteront de déployer pour dégonfler l’épouvantail, ils auront désormais du mal à se cacher et à avancer masqués…

Quoiqu’il en soit, ce trois sur quatre en demi-finale de Champions Cup est une sacrée bonne nouvelle pour le rugby français. C’est la preuve qu’il a tourné la page et su très vite rebondir après l’échec relatif du Tournoi. C’est enfin le témoignage direct de la montée en puissance de la génération Dupont, Jalibert, Marchand, Alldritt, Moefana, Ntamack et autres Woki ou Bourgarit. C’est assez pour regarder l’avenir avec gourmandise…
 

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