Le CO à l’abordage

  • Wilfrid Hounkpatin, toujours à la pointe du combat, sera l’un des fers de lance du XV castrais pour affronter le Stade toulousain, samedi à Pierre-Fabre. Un succès et les Castrais pourront regarder vers le haut. Photo Icon Sport
    Wilfrid Hounkpatin, toujours à la pointe du combat, sera l’un des fers de lance du XV castrais pour affronter le Stade toulousain, samedi à Pierre-Fabre. Un succès et les Castrais pourront regarder vers le haut. Photo Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Après trois semaines de préparation, les Tarnais de Wilfrid Hounkpatin sont prêts à entrer dans l’arène, pour un match qui pourrait rendre leur fin de saison passionnante.

Trois semaines qu’ils attendent ça. Si les Tarnais sont bien conscients qu’ils vont affronter ce qu’il se fait de mieux en France et peut-être en Europe, ils sont prêts à plonger avec délice dans ce match qui pourrait donner une toute autre saveur à leur fin de saison. Un succès et le maintien mathématique serait acquis, ce qui validerait le premier objectif de la saison, avant éventuellement de rêver à une qualification, inespérée il y a trois mois encore. Trois semaines que le CO attend ça donc ; et qu’il prépare cette rencontre dans les moindres détails.

Au contraire de leurs adversaires toulousains, toujours engagés sur le front européen, les Tarnais ont eu du temps. Pendant que les Haut-Garonnais bataillaient au Munster et à Clermont, les Castrais étaient déjà projetés sur ce fameux samedi 17 avril, jour annoncé de la collision contre leur meilleur ennemi toulousain. Trois semaines de préparation : un luxe en Top 14.

Du coup, au contraire du champion de France 2018, qui devrait présenter à Castres une équipe remaniée, Pierre-Henry Broncan pourra aligner son meilleur XV du moment.

Hounkpatin, de la Fédérale à l’Elite

Wilfrid Hounkpatin, le pilier droit castrais, devrait en être. Il avancera sur la pelouse avec des étoiles plein les yeux. Car même si le joueur de 29 ans déroule sa troisième saison de Top 14, il est des sensations auxquelles on ne s’habitue jamais : « Ce sont des matchs que j’adore jouer. C’est pour ce genre de moments que l’on pratique le rugby. On voit les minots qui rêvent devant le stade, de fouler la pelouse et de côtoyer de grands joueurs. J’ai la chance de pouvoir y être et je profite au maximum de ce privilège qui m’est donné.» Le droitier mesure tout le chemin qu’il a parcouru depuis son éclosion à Rouen en Fédérale 1.

« Parfois, je regarde les photos de cette époque et je suis un peu nostalgique car on voit le temps qui passe. C’était marrant, on faisait quinze heures de bus pour aller jouer à l’autre bout de la France, nous rentrions à Rouen à 4 heures du matin le dimanche et certains allaient bosser le lundi. C’était un autre monde. Honnêtement, je ne pensais pas vraiment accéder un jour au Top 14. On regardait les matchs à la télévision avec les copains, à Rouen, et je n’imaginais pas être sur les pelouses de l’élite quelques années plus tard. Le Top 14 me paraissait très loin. Y arriver ne faisait pas vraiment partie de mes objectifs. J’avais des buts personnels à court terme : je m’entraînais dur pour être plus fort, plus rapide, plus mobile, pour mieux piger le rugby. L’évolution s’est faite naturellement. Ma mère me dit toujours que le travail paie. Elle a raison, je crois.»

Le dernier pas à franchir pour le pilier castrais ? Obtenir une sélection en équipe de France, son rêve absolu. Déjà présélectionné deux fois pour aller “faire le nombre" aux entraînements des Bleus, le droitier est tout près du Graal. «Sentir qu’on n’est pas très loin d’une sélection, c’est très motivant. J’ai eu la chance de rejoindre le groupe à deux reprises, c’est déjà magnifique. On ne va pas se mentir : j’y pense à cette sélection, ce serait un Graal, le couronnement d’une carrière. J’y pense mais je reste concentré sur mes performances en club. Je suis fier de représenter au quotidien le CO et la ville de Castres. La France ? Cela viendra peut-être si je continue à travailler et que ça veut sourire. Une carrière, on le sait, cela se joue parfois à peu de chose…» 

Le droitier se délecte d’avance à l’idée d’entrer sur la pelouse samedi : « Nous sommes prêts, tant mentalement que physiquement. On a eu trois semaines pour bien nous préparer à ce choc. C’est un match très attendu. C’est le derby, la rencontre dont le tout-Castres parle. J’ai passé la semaine à me faire interpeller en ville par des supporters frustrés de ne pas pouvoir venir au stade pour nous soutenir. Ils nous encourageront de loin, j’en suis sûr.» 

Le colosse tarnais sait que les Toulousains seront très dangereux, même s’ils débarqueront à Pierre-Fabre sans de nombreuses forces vives : « Le Stade toulousain se porte très bien. Cette équipe évolue encore sur les deux tableaux, ce n’est pas anodin. Cela nous dit quelque chose de la qualité de son effectif et de son staff. Et ne parlons pas d’équipe "bis" à Toulouse. Quoi qu’il arrive, je sais que j’aurai un client en face. C’est une équipe très difficile à battre. Mais ce n’est pas non plus impossible de les faire chuter.»

La clé pour y parvenir ? Se transcender et faire le "petit quelque chose en plus" que les Toulousains n’oseront pas. Le droitier tarnais reprend : « Les Toulousains mettent un gros volume de jeu mais ne négligent pas le combat non plus. Il faudra faire plus qu’eux. Mettre la tête là où ils ne la mettront pas.» Dont acte. Allez musique, messieurs !

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David BOURNIQUEL
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