Bayonne grille une cartouche

  • Bayonne grille une cartouche
    Bayonne grille une cartouche Pablo Ordas
Publié le

L’Aviron a perdu une occasion de mettre à distance son adversaire du jour. L’écart au score n’est pas le reflet du match longtemps indécis, crispé et pauvre, mais qui a basculé sur un carton rouge. Bayonne a toujours les cartes en main.

Vaincre le signe indien, voilà ce qu’étaient venus solder les Bayonnais, mais dans un but uniquement comptable. Battre les Palois, une mission qu’ils n’ont jamais pu accomplir depuis leur retour en Top 14, voilà deux ans, était une belle occasion de les distancer. Elle est clairement tombée dans l’eau du Gave. « C’est une très mauvaise opération, constate Aymeric Luc. On avait coché ce match, on aurait pu se donner plus d’air et, finalement, on revient dans la bataille. Mais rien n’est perdu. Il ne faut pas être affaibli par cette défaite. »

L’Aviron a fait figure de vainqueur un moment. Il menait à la pause, puis au cours de la deuxième période, malgré les deux essais palois marqués dès le retour des vestiaires. Avant de céder dans les vingt dernières minutes sous la pression adverse. « Il n’y a pas un écart aussi important de dix points entre les deux équipes » pestait Yannick Bru.

Un carton rouge qui pèse lourd

Cette fin de match où Bayonne subit, coïncide avec le carton rouge attribué à Jean Monribot. Un fait de jeu préjudiciable pour le manager bayonnais. « C’est forcément un tournant. Quand on passe devant au score, on a une action dans les 20 mètres plutôt positive. Derrière, on prend ce carton rouge. Puis pénalité, pénalité et essai sur pénaltouche. Le gros tournant. Je regrette qu’avec cette débauche d’énergie, on ne rentre pas avec un point. »

Mais cette expulsion, parfaitement justifiée, n’explique pas tout. Si Yannick Bru évoque ce déchet dans le jeu, il en accepte les conséquences et les énumère sans détour. « On a donné des points bêtement, notamment sur les réceptions de coup d’envoi. Pas liées forcément aux blocs de sauts. Des erreurs satellites qui ne sont pas normales et sur lesquelles on doit agir vite. Chaque fois qu’on a marqué, on a été en danger pour des histoires de fébrilité, de bêtise aussi. Là on a été vraiment médiocre ! Ce sont des choses sur lesquelles on peut agir. » Il ne parle plus là des défauts dans la cuirasse de son équipe, avec aussi les sorties de camp (voir ci-contre) ou la mêlée. Mais du déroulement de la partie inhérent aux interventions du corps arbitral. « Quand on voit le scénario, l’enchaînement des décisions qui viennent souvent des appels à la vidéo, il y a de la déception, de l’incompréhension. Il y a quelque chose qui nous laisse un goût amer dans la bouche. » Et de développer les endroits, sources pour lui de déroulement décousu. « Il est urgent d’uniformiser les décisions. Il faut que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Je comprends que Jean Monribot prenne un carton rouge, c’est clair, net et précis. Mais j’ai vu aussi d’autres attitudes, des brutalités hors action qui, au moins dans l’esprit, méritent la même sanction. Je ne comprends pas. Le destin a été très dur avec nous. Il y a des choses sur lesquelles on n’a pas de prise. Les vents ont été contraires là-dessus. Je ne suis pas abattu, je reste très combatif. Mais je suis quand même frustré. »
Bayonne a toujours son destin en mains malgré cette sortie manquée au Hameau. D’ailleurs, staff et joueurs étaient déjà tournés, non pas sur les cinq derniers matchs, mais le prochain. « Il n’y a pas d’autre choix que de battre Castres sans trop s’appesantir sur notre mal-être du soir ! »

Avec aussi pour la suite, la réception de l’UBB, les déplacements à Toulouse et à Montpellier, puis l’épilogue à Jean-Dauger face au Stade français. La route est encore longue…

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Edmond Lataillade
Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?