Castres renouvelle son permis de rêver

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Malgré une frayeur en fin de match, le CO a signé un nouveau succès, le rapprochant encore d’une course à la qualification dans laquelle il n’aurait absolument rien à perdre.

Certes, le CO a tremblé dans les ultimes instants alors qu’il menait de seize points à douze minutes du terme. « C’est notre marque de fabrique, ironise Pierre-Henry Broncan. On se fait souvent des frayeurs en fin de rencontre. C’est aussi dû à un gros manque de lucidité parce qu’on a dépensé beaucoup d’énergie sur les 65 premières minutes. Contre une équipe comme Toulouse, ça peut aller vite. » Mais, grâce notamment à leur domination en mêlée fermée et sur les ballons portés en début de deuxième mi-temps, les Tarnais ont enregistré un nouveau succès. Peut-être imparfait et tellement précieux. « Le contrat est rempli, avec quatre points importants », résume Thomas Combezou. Parce qu’ils confirment la belle dynamique de Castrais qui ont changé de braquet ces derniers. Au point de se replacer dans la course à la qualification, eux qui furent longtemps concernés par celle du maintien. Assez pour être un sérieux candidat ? « On reste sur huit victoires en onze matchs, répond Broncan. Mais je ne sais pas, on part de tellement loin… On était treizièmes fin décembre et il faut garder les pieds sur terre. » Retenue logique, tant le CO a vécu des heures sombres cette saison. « On est la seule équipe de Top 14 et Pro D2 à avoir joué un match à vingt-deux, à La Rochelle, rappelle « PHB ». On en a pris un wagon et fini avec vingt-cinq pénalités contre nous car on a reculé à chaque mêlée. On n’avait que cinq joueurs de première ligne et des mecs sont montés dans le bus sans s’être entraînés durant quinze jours à cause du covid. »

« L’appétit vient en mangeant »

L’entraîneur en chef fait référence à un épisode douloureux, qui a eu la vertu de forger cet effectif. Dans la souffrance. Le CO a mangé son pain noir, ce qui fait sa force aujourd’hui. « C’était dur, on a vécu une sale période, clame Mathieu Babillot. Beaucoup de mecs ont été touchés, on en a pris soixante à La Rochelle puis on a ramassé à Toulon. On était au fond du seau et du classement. » Revenus à un point de la sixième place, codétenue par Lyon et Toulon qu’ils recevront avant la fin de la phase régulière, les Castrais font figure d’épouvantail, quand d’autres sont englués dans la tourmente sanitaire traversée il y a quelques mois par le CO. Et, contrairement à leurs concurrents, une non-qualification ne serait pas un échec. Un atout de taille. « C’est la compétition, pose Combezou. On n’a pas notre destin en mains mais on est les outsiders et on va essayer de déjouer les pronostics. Je sais depuis un moment que le groupe travaille très bien, de mieux en mieux, que l’équipe est de plus en plus en place. On n’a rien à perdre et tout à gagner. Il faut être ambitieux. Les autres ont un peu d’avance mais tout est possible. Ce championnat est fou et il ne faut pas laisser de points en route. Après, on verra si on peut rêver. Mais, si on a l’occasion d’y aller à présent, on ne doit pas se priver. »

Avantage d’un contexte où la pression n’est pas sur leurs épaules. « On a eu de nombreux cas positifs en début de saison, qui sont immuno-covid comme on dit et qui risquent peut-être de ne pas l’attraper de nouveau, note Broncan. On va se contenter de regarder ce qu’on a à faire et ce qu’on maîtrise. » Babillot de conclure, symbolisant la faim qui caractérise ces troupes, dont une partie ont été championnes en 2018 : « L’appétit vient en mangeant. On croque, on se rapproche et on fait notre petit bonhomme de chemin. On est contents de grappiller mais on sait d’où on vient, et on n’a plus de temps ou d’énergie à perdre. »

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