4,16m d’Arnold, c’est cadeau

  • Rory et Richie Arnold (Toulouse).
    Rory et Richie Arnold (Toulouse). Icon Sport - Icon Sport
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Au-delà de constituer la plus haute deuxième ligne de l’histoire, l’association des jumeaux Arnold ouvre le champ des possibles dans la composition du pack.

Deux jumeaux de 2,08m, voilà qui ne pas pas inaperçu et fait marrer Antoine Dupont : « De dos, pas facile de les reconnaître. Parfois, il y en a un avec les cheveux plus longs ou des crampons différents. Mais j’ai l’impression qu’ils font souvent exprès d’avoir la même coupe et les mêmes crampons ! Ils sont habitués à ce qu’on les confonde, donc qu’on appelle Rory ou Richie, ils se tournent tous les deux (rires). Si on n’est pas bien réveillé, on peut dire bonjour deux fois au même. » Leurs adversaires rigolent moins ces dernières semaines. Affronter un géant hyperactif, c’est dur. Mais alors deux… Les frères Arnold ont été titularisés trois fois ensemble cette saison, ce qui constitue la plus haute deuxième ligne de l’histoire du rugby : à La Rochelle fin février pour le sommet du Top 14, puis au Munster et à Clermont en huitième et quart de Champions Cup. Pour trois victoires majuscules. Ugo Mola nous avait confié voilà plusieurs mois son intention mais celle-ci fut retardée par les blessures de l’un et de l’autre. « On avait l’idée depuis l’été, confirme le manager. Même si ce n’était pas simple d’en convaincre Richie par exemple. » Lui, à la carrière plus sinueuse avec un passage au Japon entrecoupé d’une première pige toulousaine mémorable, a longtemps évolué dans l’ombre de son Wallaby de jumeau (26 sélections). Pourtant, le duo a de quoi faire des ravages. Autant par ses similitudes que sa complémentarité.

Une activité de troisième ligne

Richie Arnold a davantage un profil de combattant, quand Rory est un expert de la conquête. « Richie, par son engagement, est peut-être un peu plus indiscipliné que son frère », note l’entraîneur des avants Jean Bouilou. Défaut de ses qualités. Mais ce sont deux athlètes hors normes, dont la faculté de déplacement au-dessus de la moyenne pour leur poste colle au jeu toulousain. « Les mettre ensemble nous apporte beaucoup de mobilité et d’activité, car ils ont les capacités physiques d’un troisième ligne, poursuit Bouilhou. Sauf qu’ils font presque 2,10m ! » Une innovation qui ouvre le champ des possibles devant. « L’idée est de faire notre cuisine sur l’ensemble du pack en fonction des forces et faiblesses de l’adversaire, de ce qu’on veut mettre en place, reprend le technicien. Leur association permet d’aligner une troisième ligne un peu moins aérienne, vu que ce sont d’excellents sauteurs. » Ainsi, en plus d’un François Cros plus à l’aise dans les airs, Selevasio Tolofua ou Alban Placines peuvent être placés aux côtés de Jerome Kaino pour avoir des porteurs de ballons supplémentaires. « Suivant les matchs, on peut choisir d’associer un deuxième ligne massif avec un aérien, ou deux aériens, ce qui dégage un peu la troisième ligne. » Et de garder la puissance d’un Joe Tekori ou d’un Emmanuel Meafou pour faire des dégâts en fin de match. Les frères Arnold, tellement plus qu’une ligne du livre des records...

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