Bordeaux : deux clubs dans l’élite, mais le déclin menaçait

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En 1996, l’UBB n’existait pas. Le club est apparu en 2006 de la fusion du CA Bordeaux-Bègles-Gironde et du Stade bordelais. Mais, il y a 25 ans, ces deux clubs faisaient ce qu’ils pouvaient dans l’élite, au sens large. 

En 1996, la situation de l’UBB était claire : le club n’existait pas. Et il était loin d’exister puisque le club n’a été fondé qu’en 2006 via une fusion entre le CA Bordeaux-Bègles-Gironde et le Stade bordelais.

Le rugby professionnel de 1996 était donc partagé entre ces deux équipes, le CABBG évoluait dans l’élite et le Stade bordelais se trouvait en Groupe A2, juste à l’étage au dessous. Le CABBG tenait clairement le haut du pavé. Il avait été champion de France en 1991 (génération Laporte, Moscato, Simon). Mais ce titre n’avait pas débouché sur la période faste attendue. André Moga était mort en 1992, ses trois fils, Alain, Alban et Michel, avaient repris le flambeau pour honorer la mémoire de leur père. Ils essayaient de rester à la table des grands, malgré le coût que ça représentait pour les finances de la famille.

Cette saison-là, le club faisait encore partie des écuries ambitieuses. Il était entraîné par Christian Lanta et il s’était qualifié pour la première Coupe d’Europe, il avait même terminé premier à égalité de sa poule de trois mais Cardiff était passé à la différence de points marqués-encaissés. En championnat, il devait être battu en huitième de finale par Agen, match de haut niveau (c’était la dernière saison de Sella au SUA). Alibert, Mougeot, Vergé étaient encore là. Vincent Etcheto, Philippe Bernat-Salles, Guy Accoceberry, Olivier Sourgens portaient le maillot béglais. Curieusement, les Béglais jouaient alors avec des maillots à grands damiers noirs et blancs.

Le CABBG serait encore quart de finaliste en 97 et 98. On se souvient bien de cette période, les Béglais se voulaient membres de la confrérie des grands clubs mais on sentait que, financièrement, les frères Moga avaient du mal à tenir la cadence. Bègles ne parvenait pas à franchir une certaine barre en termes de budget et de public (difficile de faire plus de 9 000 personnes à Musard). Ils jetteraient ensuite l’éponge et le club déposerait le bilan en 2003.
 

Stade Bordelais : l’après Laporte, la mort de Morisse

En 1995-1996, le Stade bordelais se trouvait aussi dans l’élite, enfin en théorie car il appartenait au Groupe A2. Une deuxième division qui ne disait pas son nom. Mais elle permettait de qualifier huit équipes pour les phases finales via un barrage. Le statut du Stade Bordelais était curieux. Il sortait d’un mini-âge d’or (93-95) celui du transfert des Béglais dissidents de 91. Laporte, Moscato, Gimbert, Techoueyres avaient quitté les Damiers en 93, rejoints un an plus tard par Serge Simon. Le club avait quitté l’élite avec un grand E in extremis lors d’un célèbre match de « play down » en 1995 perdu à la 83e minute contre Clermont. Le pari d’un deuxième grand club était perdu, Laporte venait de partir au Stade français, (où les Rapetous Moscato, Gimbert, Simon le rejoindraient bientôt). Le Stade bordelais revenait à l’ordinaire, celui d’un club sans beaucoup de public ni formation mais avec une poignée de dirigeants efficaces dont ses deux coprésidents Jean-Pierre Lamarque et Antoine Mesnier. Le club était entraîné par Jean-Pierre Pédemay, figure légendaire. Parmi les joueurs, citons Vincent Bonhur, Laurent Delpech. « Nous avions subi des départs massifs. Mais avec une équipe jeune, renouvelée et soudée, nous avions fait une belle saison », se souvient Jean-Pierre Lamarque.

Elle avait été marquée par un drame, la mort d’un joueur éric Morisse en plein match à La Rochelle, d’un arrêt cardiaque.

Le club multititré au début du siècle s’éloignait du haut niveau, mais le Stade bordelais ne manquerait la participation aux barrages que de deux points, derrière Lourdes. Il allait ensuite descendre en Fédérale, avant de remonter en Pro D2 en 2004, croisant Bègles dans l’ascenseur. Mais sans possibilité de bâtir un club ambitieux. En 1996, le rugby d’élite existait bien à Bordeaux, mais il était sur le déclin.

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