"De Gio", le digne héritier de Rabadan

  • Mathieu De Giovanni, enfant du Stade français. Photo Icon Sport
    Mathieu De Giovanni, enfant du Stade français. Photo Icon Sport
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Le club de la capitale tient aussi son "Chavancy". Arrivé en poussin chez les Soldats roses, Mathieu de Giovanni prend de plus en plus d’importance au sein de l’effectif parisien. Rencontre.

La discrétion est un art qui se cultive. Mathieu De Giovanni est un maître en la matière. Lui demander d’accorder une interview revient à proposer une salade d’épinards à un bambin. Le succès n’est pas garanti. Au contraire. Le deuxième ligne du Stade français, véritable enfant du club de la capitale, arrivé en poussin chez les Soldats roses, est à la ville comme sur un terrain : un homme de l’ombre. Les taches obscures, il aime ça. Les zones de combat au sol, il y excelle. À 27 ans, il n’est plus le jeune espoir, celui sur qui l’on compte pour l’avenir. Vous nous rétorquerez qu’il n’est pas non plus Brodie Retallick ou Maro Itoje. À juste titre. "Je ne suis pas entraîneur mais c’est tout de même une valeur sûre, souligne le directeur général Thomas Lombard. Un mec sur qui l’on peut compter." "C’est un joueur que tout entraîneur rêve d’avoir dans son effectif, confirme le manager sportif Gonzalo Quesada. Il a un état d’esprit remarquable, qu’il soit remplaçant ou titulaire. Et on sait qu’à chaque match il est performant."

Cette saison, "De Gio", c’est 19 feuilles de match pour sept titularisations. Jamais, il n’avait autant été sollicité depuis sa première apparition en Challenge Cup en 2014. À croire que le deuxième ligne a franchement pris de l’épaisseur. Laurent Sempéré, l’entraîneur des avants, lui confie même régulièrement la responsabilité des annonces en touche. "Je ne sais pas si j’ai franchi un cap mais je me sens de mieux en mieux dans le groupe. Les coachs me font confiance et j’en suis ravi. Mais être sur la feuille de match, ce n’est pas une fin en soi, j’ai vraiment envie de donner encore plus à mon club. " Rien de plus logique que les dirigeants lui aient fait signer un nouveau contrat il y a quelques semaines. Ce Parisien pure souche, ayant grandi à Clamart, à quelques encablures de Jean-Bouin, portera donc les couleurs de son club jusqu’en juin 2024. " C’est essentiel dans notre projet d’avoir des joueurs comme lui, ajoute Lombard. C’est quand même rare que des gamins franchissent toutes les étapes au sein d’un même club. Comme quoi nous sommes capables d’attacher de l’importance à des éléments qui ont le Stade français chevillé au corps."

Il rêve de faire sa carrière ici

De Giovanni est le joueur d’un seul club. Il a grandi en suivant les exploits des Soldats roses au début des années 2000. Gamin, il s’asseyait dans le vieux Jean-Bouin, non loin de Fabien Galthié alors entraîneur, pour suivre les matchs. Il compte aujourd’hui parmi ces quelques éléments, dans un milieu professionnel où le joueur est devenu un produit de plus en plus volatile au fil des ans, pour qui la fidélité a un sens. "La vie peut évoluer mais mon rêve c’est de faire toute ma carrière au Stade français, jure-t-il. Tant qu’on ne me vire pas, je veux rester." Vous comprendrez que ce match face au Racing 92 ce samedi a une saveur toute particulière pour lui. "Pour moi, ça a toujours été, hors phase finale, le match le plus important de l’année, celui qu’il ne faut pas perdre." Et de se souvenir, sourire aux lèvres, de quelques derbys "épicés" chez les jeunes. "Quand il n’y a pas de caméra et d’arbitre de touche officiel, il y a plus de liberté sur le terrain. Je ne dis pas que c’est bien, mais ça fait partie du folklore." Évidemment, il laissera ce "folklore" au vestiaire pour ce match en retard de la 21e journée. L’enjeu est ailleurs. Le Stade français, pour croire encore à la qualification, se doit d’obtenir un résultat probant. "Ce match est capital, prévient De Giovanni. La victoire est impérative pour nous." Et de conclure, en bon Stadiste qu’il est : "Même si ce n’était pas un match décisif, ça reste le derby…"

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Arnaud Beurdeley
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