Woki devra être fort dans la tempête

  • Cameron Woki (Union Bordeaux-Bègles).
    Cameron Woki (Union Bordeaux-Bègles). Icon Sport
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Dans ce contexte d’incertitudes, Cameron Woki risque de jouer un rôle clé,  sur la pelouse où il débuta en Top 14 en 2017, au sein d’une équipe déjà remaniée qui frôla l’exploit. 

Le stade Ernest-Wallon occupe une place à part dans l’imaginaire des rugbymen de l’UBB et de leurs supporters. Depuis la remontée de 2011, le club n’y a jamais gagné - c’est la seule pelouse, avec Toulon, qui a évité la moindre victoire bordelaise.

Mais les rencontres entre les Haut-Garonnais et les Girondins ont souvent donné lieu à des matchs magnifiques, qui se sont joués à quelques points, voire à un seul point.

Avant de vivre la demie de samedi (si elle est maintenue), on ne peut pas ne pas repenser à la rencontre du 4 novembre 2017. Il y a trois ans et demi, l’UBB, alors entraînée par Jacques Brunel, avait déjà envoyé une équipe très remaniée, évidemment pas pour les mêmes raisons qu’en 2021. Nous étions en pleine période de tests internationaux. À la surprise générale, l’UBB avait frôlé, mais vraiment frôlé l’exploit : défaite 38-37 avec un essai refusé pour trois fois rien à Geoffrey Cros, puis une ultime pénalité manquée par Matthieu Jalibert, alors âgé de 18 ans et qui commençait tout juste à faire parler de lui. Le plus incroyable, c’est que les Bordelais avaient mal commencé : ils avaient encaissé trois essais en un quart d’heure avec un Kolbe en feu, avant de stupéfier toute l’assistance en répliquant par quatre essais et un 31-0 en quinze minutes pour mener à la pause. La course-poursuite avait continué jusqu’au bout.
 

Titulaire à dix-huit ans

Ce match dingue, fut aussi la toute première apparition de Cameron Woki en Top 14 sous le maillot girondin, lui aussi âgé de 18 ans. Il avait été titularisé et avait joué les 80 minutes (il n’avait joué alors que deux fins de matchs en Challenge Européen). On avait eu la sensation que ce joueur venu de Massy avait cette dimension particulière, cette envergure qui le placerait au-dessus du lot.
Il a fait du chemin, depuis ce jour de novembre : il a été appelé chez les Bleus (cinq capes) et il est devenu un vrai cadre à Bordeaux, doué dans la gestuelle et très fort en touche notamment. Il fut par exemple décisif dans la victoire au Racing en janvier dernier, en chipant les deux derniers lancers aux Franciliens.
Dans un pack qui risque d’être affaibli, peut-être décimé par la pandémie, on attend donc beaucoup de ce flanker longiligne. Les statistiques indiquent qu’il est le meilleur sauteur de cette Coupe d’Europe avec vingt ballons gagnés, dont trois volés.

Nous avions été frappés juste après le Tournoi de le voir revenir à l’UBB avec une frustration assumée. Il a fait le Tournoi avec les Bleus mais sans beaucoup jouer. Il avait alors expliqué : « j’étais impatient de revenir et je veux prouver mon envie de voir le club se qualifier. Je peux peut-être apporter autre chose, comme ma bonne humeur par exemple. » Contre Bristol et le Racing, il a vu ses vœux exaucés, sans imaginer que le tour suivant serait une gageure. En tout cas, son apprentissage des phases finales s’en trouvera accéléré. On le sent armé physiquement, techniquement et psychologiquement. Ses mots reviennent à nos oreilles : « Oui, Christophe Urios connaît cette ambiance de phase finale. Il est de bon conseil surtout avec des joueurs comme moi, qui ne connaissent pas ce genre de match couperet. » On a comme l’impression qu’il est du genre à apprendre très vite, y compris à se retrouver dans la position d’un (co) patron dans une tempête covid imprévisible par sa puissance et sa cruauté.

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