Un samedi soir chez les Tolo’s Brothers

  • Pour les deux frères, Christopher et Selevasio Tolofua, pas question de laisser envahir par les émotions, du moins sur le terrain. Photos Icon Sport Pour les deux frères, Christopher et Selevasio Tolofua, pas question de laisser envahir par les émotions, du moins sur le terrain. Photos Icon Sport
    Pour les deux frères, Christopher et Selevasio Tolofua, pas question de laisser envahir par les émotions, du moins sur le terrain. Photos Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Pour la troisième fois de leur carrière, Christopher et Selevasio Tolofua croiseront le fer ce samedi. Un rendez-vous forcément particulier pour ces deux colosses à l’inébranlable complicité, comme nous le conte le talonneur du RCT.

Samedi, peu après 23 heures, quand certains coéquipiers de sélection, amis d’enfance et autres anciens pensionnaires d’un même pôle espoir referont le match le temps de rentrer aux vestiaires, deux adversaires connaîtront un moment (encore plus) privilégié. En effet, au coup de sifflet final de ce duel entre deux candidats déclarés au Brennus, Selevasio et Christopher Tolofua devraient se tomber dans les bras, au terme de ce troisième duel entre frères de leur carrière : « Ce sont des rendez-vous qu’on attend autant qu’on les appréhende. Est-ce qu’on s’en passerait ? Volontiers, mais ce sont les aléas du haut niveau, reconnaissait lundi Christopher, de trois ans et demi l’aîné de "Sele". Nous sommes vraiment proches, mais nous avons également une formation de rugbyman pro… Il faut savoir laisser les émotions de côté, sinon ça peut vite prendre aux tripes. Ce n’est jamais anodin de croiser la route de son frangin, et je suis son premier supporter, mais pendant 80 minutes il faudra donner le meilleur pour notre équipe. Et j’espère qu’à la fin, c’est Toulon qui prendra les quatre points. »

« Je sais qu’il n’est pas en sucre »

Et s’ils se sont déjà affrontés à deux reprises depuis le retour de Christopher en France à l’été 2019, le bilan tourne pour l’instant à l’avantage du « minot » : un match nul et une victoire. « Ça va bientôt tourner, reprenait le talonneur. Après la demi-finale de Champions Cup, je lui ai dit de se préparer, car il allait certainement être aligné à Mayol… Je lui ai dit de bien se chauffer les épaules, car ça risque de faire mal ». Pourtant, cette dualité d’un soir et le défi qui sera le leur à Mayol, ne pourront en aucun cas atténuer la bienveillance du talonneur à l’égard de son petit frère : « Je sais qu’il n’est pas en sucre, d’ailleurs il est déjà plus grand que moi (1,86 m pour 1,82 m), et je mets ma main à couper qu’il sera bientôt plus costaud (116 kg pour 132 kg). Mais c’est clair que même si je connais notre sport, j’ai un regard protecteur quand je le regarde jouer… Dans ces moments je ne suis plus rugbyman, je retrouve mon œil de grand frère : ç’a par exemple été un véritable choc quand il s’est fait mal contre Clermont (mollet) il y a deux saisons. J’étais en Angleterre, je me sentais impuissant, ce n’était pas simple de le voir aussi souffrant à la télé. Mais bon, c’est normal, c’est mon petit frère… » Des colosses au cœur d’artichaut ? Il n’y a en tout cas que guère de doute qu’à 23 et 27 ans, les Tolo’s Brothers poseront ce samedi une nouvelle pierre dans une relation que ces derniers n’hésitent pas à décrire comme « fusionnelle ».

Un samedi soir chez les Tolo’s Brothers
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« Partager un match en équipe de France »

La suite de leur « bromance »? Si Selevasio est engagé jusqu’en 2023 avec Toulouse, et que Christopher sera lui Toulonnais jusqu’en juin 2022, les deux frangins partagent depuis le plus jeune âge ce rêve de défendre, un jour, les mêmes couleurs. « Je sais que mon départ aux Saracens en 2017 l’a beaucoup déçu. Il savait qu’il allait intégrer l’effectif pro de Toulouse, et que notre chance viendrait… Heureusement, nous avions partagé quelques feuilles de match (5) avant que je ne parte, mais nous aurions aimé le faire tous les week-ends. Alors pourquoi ne pas rêver de jouer à nouveau avec un maillot commun ? Ce serait vraiment incroyable de se retrouver… Maintenant, le top ce serait de partager un match en équipe de France… » Pour cela, il faudra que Selevasio (1 sélection) poursuive son explosion, en « s’affirmant encore davantage comme un porteur de ballons plutôt qu’un défenseur/gratteur » suppose son aîné, avant d’ajouter que « s’il est épargné par les blessures, une magnifique carrière l’attend ». Concernant Christopher ? Longtemps bousculé sur la rade, l’international tricolore (8 sélections) semble monter en puissance sortie après sortie, et a fini par gagner ses galons de titulaire avec le RCT. De bon augure ? Il ne fait en tout cas aucun doute qu’avant des retrouvailles qui s’annoncent fortes en émotion au coup de sifflet final, le duel des Tolo devrait indubitablement faire des étincelles, ce samedi à Mayol.

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Pierrick Illic-Ruffinatti
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