À l'UBB, la pression va se déguster dans les rucks

  • Pour Julien Laïrle, "quand Castres cherchera à nous mettre sous pression, il faudra être capable de renverser cette pression". Photo M. O. - D. P.
    Pour Julien Laïrle, "quand Castres cherchera à nous mettre sous pression, il faudra être capable de renverser cette pression". Photo M. O. - D. P. MIDOL - D.P
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Il faudra savoir contrer un concurrent direct en pleine ascension pour rester dans les clous de la qualification. il faudra « travailler ». Julien Laïrle en est conscient.

À cette époque de l’année, on a tendance à abuser de la formule facile, on en convient. Mais jetons-nous à l’eau : à notre sens, ce Bordeaux-Bègles - Castres est le tournant de la fin de saison régulière des Girondins… Dès le résultat de Bayonne - Bordeaux-Bègles connu, nous avions imaginé ce match comme une sorte de petit barrage avant la lettre. La victoire offrirait aux Bordelais sinon un boulevard, disons une ligne droite assez dégagée, avec, on le concède, l’embouteillage des trois matchs à jouer en une semaine entre les 22 et 28 mai (Agen, Montpellier et Toulon). Mais on ne peut pas ne pas voir qu’Agen a peu d’arguments et que Montpellier jouera à Bordeaux, trois jours après sa finale européenne, sans plus rien espérer en Top 14.

Christophe Urios ne s’est pas exprimé cette semaine, il n’aime guère le faire avant ses retrouvailles avec son ancien club. Mais ses adjoints aussi ont leurs points de vue à faire valoir comme Julien Laïrle, chargé des avants et volontiers précis dans ses analyses. Il sait ce qui l’attend samedi en début d’après-midi, le fameux style castrais est connu par cœur par le staff girondin évidemment.

« Le CO est une équipe de pression, très forte sur les impacts, très forte sur les plaquages à deux. Elle met beaucoup de pression au sol pour récupérer les ballons. En fait, cette équipe cherche à s’imposer physiquement par ses avants pour étouffer l’adversaire, soit avec des turn-over soit avec des pénalités. » On se souvient que les points de rencontre n’ont pas toujours été le secteur le plus fertile des Bordelais cette saison. Un souvenir hante les suiveurs et sans doute les entraîneurs, le match perdu à la maison face à La Rochelle, le 27 mars, un cinglant 27-11 infligé par un autre concurrent direct. Au cœur de ces satanés regroupements. Clairement, les hommes de Christophe Urios n’avaient pas été à la hauteur ce jour-là. Il serait tentant de voir en ce Bordeaux-Bègles - Castres une occasion de se rattraper de ce couac retentissant. On se souvient de propos de Christophe Urios tenus voici quelque mois au sujet d’Anthony Jelonch ou de Mathieu Babillot ses anciens élèves, dont ils louaient les qualités dans le combat de près. Castres est une équipe qui « travaille », dans le jargon des entraîneurs, c’est un brevet de pénibilité.

Ne pas jouer à la baballe sous la pression

Julien Laïrle a identifié un rendez-vous à ne pas manquer : « Prendre la ligne d’avantage dès le début et ne surtout pas jouer à la baballe. Et surtout, quand Castres cherchera à nous mettre sous pression, il faudra être capable de renverser cette pression. » Après seulement, les Bordelais tenteront d’imposer leur vitesse de jeu autour de Matthieu Jalibert (qui ne jouait pas le fameux match face à La Rochelle), Romain Buros, Nans Ducuing ou Santiago Cordero.

La victoire à Bayonne a envoyé des signaux positifs à Julien Laïrle : « Notre production a été correcte, nous avons bien défendu les situations proches de notre ligne. Nous avons contré quatre « pénaltouches », on a dominé une mêlée à cinq mètres devant la ligne adverse. » L’entraîneur aurait aimé une équipe plus efficace dans le contre en touche. « Mais nous avons été très réactifs au sol en défendant bien les ballons portés face au premier alignement du Top 14. »

Les Bordelais n’ont pas caché qu’ils comptaient faire « tourner » leur effectif d’ici la fin de saison régulière. Au niveau du pack, on nourrissait des inquiétudes quant à la troisième ligne, secteur le plus bouleversé avec deux blessés de longue durée (Diaby et Tauleigne) et un départ (Amosa). Louis Picamoles est arrivé, avec un petit doute sur la recouvrement de ses capacités. Il a dû en plus ronger son frein durant la période européenne (pas qualifié). Julien Laïrle nous rassure : « À Bayonne, il a fait un match à 80 minutes, il a retrouvé sa confiance dans sa capacité à porter les ballons. Il a encore besoin de monter son activité et sa faculté à se remettre vite debout. Mais il a beaucoup amené par sa qualité de plaquage et sa capacité à faire avancer l’équipe ballon en main. » Au poste de numéro 8, l’UBB sera donc bien équipée avec également Scott Higginbotham, rapide et créatif, particulièrement serein et inspiré à son entrée en jeu à Bayonne.

« Il amène une aura importante et il est très rassurant quand il apporte toute sa science », poursuit Julien Laïrle qui n’est pas du genre à mettre plus de pression qu’il n’en faut, même sur des affiches symboliques. Il n’a pas souscrit à notre théorie du « faux barrage ». « Je ne vois pas ce Bordeaux-Bègles - Castres comme une finale avant la lettre. Oui, ce sera un point de passage déterminant, mais parce qu’on a déjà fauté par deux fois à domicile cette saison. Il n’y a pas de pression particulière, pas plus que face à Montpellier ou Toulouse qui viendront par la suite. »

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