Moala, plus indispensable que jamais

  • Ménagé le week-end dernier lors du déplacement des siens sur la pelouse du Racing, George Moala s’est préparé à livrer un duel épique avec son vieil adversaire et concurrent Ma’a Nonu.. Photo Vincent Duvivier
    Ménagé le week-end dernier lors du déplacement des siens sur la pelouse du Racing, George Moala s’est préparé à livrer un duel épique avec son vieil adversaire et concurrent Ma’a Nonu.. Photo Vincent Duvivier
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Laissé au repos lors la semaine dernière, le centre All Black retrouvera sa place au sein d’une ligne de trois-quarts où il semble plus incontournable que jamais.

Comment expliquer la débâcle de l’ASM sur la pelouse synthétique de la si mal nommée "Défense" Arena ? Oh, par une foule de petits détails, à l’évidence, entre un pack bousculé et une charnière bricolée avec les moyens du bord. Mais aussi par une absence particulièrement marquante au milieu du terrain, que la paire Fofana-Vili n’a pas permis de faire oublier face à la première association en club du tandem Fickou-Vakatawa. On veut évidemment parler ici de George Moala, laissé à l’herbage le week-end dernier après 18 titularisations cette saison, dont la "performance" de ses partenaires a souligné en creux l’importance au sein du dispositif auvergnat… "Il fait partie des joueurs qui ont un gros impact sur leurs équipes, c’est une évidence, brosse l’entraîneur des trois-quarts auvergnats Xavier Sadourny. On peut dresser le parallèle : autant il y a un Racing avec ou sans Vakatawa, autant il y a un Clermont avec ou sans George. Quand on a un joueur comme ça sur le terrain, forcément ce n’est pas pareil. Même un ballon pourri, il est capable de le bonifier tout en mobilisant un, deux, trois défenseurs. Et surtout, rien que par sa présence, il rassure ses partenaires de par son expérience."

"Autant il y a un Racing avec ou sans Vakatawa, autant il y a un Clermont avec ou sans George"

Une présence et des actes, à défaut de parole et d’une dimension de leader qui lui manque encore probablement… Encore qu’à ce sujet, l’international néo-zélandais parvient parfois à se faire violence dans l’intimité du centre d’entraînement de l’ASM, ainsi que le révèle son entraîneur. "Comme il est très discret, très tranquille, c’est vrai qu’il s’exprime très peu, pointe Sadourny. Mais du coup, le peu de fois où il est amené à prendre la parole, ses mots pèsent… En général, quand il s’exprime, c’est plutôt dans la préparation du match, par rapport à des choses très stratégiques, ou des ajustements à effectuer sur tel ou tel lancement de jeu. C’est assez rare mais à chaque fois qu’il le fait, c’est toujours très précis et très précieux, donc tout le monde l’écoute. Quand on a été All Black, on ne l’a jamais été pour rien…"

Perce-murailles, mais pas seulement

À ce titre, il semble évident que le rendez-vous de samedi s’annonce forcément très particulier pour Moala, dans la perspective d’affronter en tant que vis-à-vis l’homme qui l’a probablement privé d’une beaucoup plus grande carrière sous le maillot noir. À savoir le double champion du monde Ma’a Nonu… "C’est vrai, mais au-delà de Toulon ou de Nonu, c’est un match capital pour notre avenir dans ce championnat et il sait que l’on aura besoin d’un grand George Moala pour le négocier, livre Sadourny. Chez ce genre de joueur, c’est dans ces moments-là que l’on sent l’excitation monter. Avant ce type de match, on sent qu’il monte en régime car toutes ses interventions qui sont plus tranchantes, plus précises. Il va avoir une réelle confrontation à négocier face à un adversaire direct contre qui il a une histoire particulière, mais ce n’est pas là-dessus qu’il va se focaliser. Là-dessus, il ne va pas se tromper."

George Moala ayant évidemment assez d’expérience et de recul pour savoir que c’est bien sur son jeu et son rugby qu’il doit se concentrer, d’autant que les récentes options stratégiques sciemment choisies par l’ASM le placent plus que jamais au centre des attentions. "C’est quelqu’un qui peut être passeur parce qu’il a de très bonnes mains, et d’ailleurs on travaille beaucoup avec lui pour l’utiliser de plus en plus sur ce genre d’options, estime Xavier Sadourny. Mais c’est vrai qu’au vu de nos contraintes du moment, on a surtout tendance à l’utiliser actuellement en point de fixation ou en leurre, parce qu’il avance en permanence et a donc logiquement tendance à aspirer les défenseurs. Mais avec lui, il faut encore que l’on arrive à trouver un juste milieu."

Car au vrai, c’est bien dans la capacité de l’ASM à trouver encore plus de continuité et d’efficacité dans le sillage de son bulldozer que résidera probablement l’une des clés de cette fin de saison. Éléments de réponse attendus samedi soir…

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