Nevers : la collision des illusions perdues

  • Les Neversois de Luka Plataret reçoivent Béziers et veulent terminer par une victoire. Photo Stéphanie Biscaye
    Les Neversois de Luka Plataret reçoivent Béziers et veulent terminer par une victoire. Photo Stéphanie Biscaye
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Sans enjeu ni passion, le baisser de rideau aura une saveur amère pour les Neversois comme pour les Biterrois, en chute libre en fin de saison.

Strapontin médicalisé pour les matchs de barrage, d’où il faudra tristement guetter les bulletins de santé des qualifiés, le septième rang final ne fait pas saliver l’Uson Nevers Rugby, qui ambitionnait avant le début de saison un bien plus joyeux mois de mai, parfumé d’un barrage à domicile dans la continuité de ses classements passés — 7e en 2018, 6e en 2019, 5e en 2020.

À la veille de cette 30e et dernière journée, c’est pourtant le seul objectif qu’il reste aux Neversois, tombés de haut après avoir touché la 4e place, un soir de fin janvier. Vainqueurs bonifiés de Mont-de-Marsan lors de la 18e journée, surfant sur cinq succès d’affilée, les hommes de Xavier Péméja se sont inexplicablement — et spectaculairement — effondrés depuis, avec deux maigres victoires en onze rencontres et une glissade infernale. La défaite, vendredi dernier, sur la pelouse de Valence-Romans (36-28) a illustré jusqu’à la caricature les maux nivernais : absence de constance, indiscipline, conquête fébrile, etc. "On mène 23 à 17 à la 50e, le banc rentre et tout s’arrête. Ça devient un peu pénible", peste Xavier Péméja. "On lâche systématiquement, on fait des matchs amicaux, des entraînements avec bouclier."

Recours aux jeunes

Même le recours massif aux jeunes, pour compenser notamment l’effarante série de blessures qui frappe l’effectif en 2021, n’a pas eu l’effet escompté : "Les jeunes veulent montrer qu’ils sont bons, les vieux attendent que ça se passe. On n’est que sur de l’objectif individuel. Et on sait qu’au rugby, ça ne fonctionne pas", pointe le manager, qui regrette surtout la perte du "plaisir", cet ingrédient clef du rugby — même professionnel. "De la passion, je n’en sens pas trop. Celle qu’on a à jouer ensemble, à s’envoyer. Le plaisir de gagner ensemble. J’ai l’impression que beaucoup de joueurs ont hâte que la saison s’arrête, moi je voudrais qu’on la continue, jusqu’au dernier match." Alors, pour cette réception de Béziers dans un Pré-Fleuri désespérément vide, Xavier Péméja actionnera une fois encore les inévitables leviers moraux : "Il faut un petit peu de sens des responsabilités. Les joueurs portent le club et son image, ils doivent avoir un minimum d’orgueil pour ne pas baisser les armes. Des joueurs nous quittent, ce serait bien de ne pas leur dire au revoir avec une défaite."

Face à eux, les Neversois trouveront une équipe de Béziers elle aussi en quête des sensations perdues, passée de l’extase d’une victoire majuscule face à Biarritz fin mars (41-15) à une spirale de cinq défaites. Nul doute, néanmoins, que Jonathan Best et les siens "monteront" dans la Nièvre avec en tête le scénario du match aller, début janvier, perdu 30 à 25 dans un final rocambolesque et furieux marqué par l’épaulé-jeté de Josaia Raisuqe sur l’arbitre, Laurent Millotte. Jusqu’alors en lice pour le top 6, l’ASBH subissait dans la foulée trois lourdes défaites et voyait s’éloigner le peloton des prétendants aux phases finales. On se motive comme on peut.

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Sébastien Chabard
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