Balance ton pote

  • Referee Alexandre RUIZ during the Top 14 match between Lyon OU and RC Toulon at Gerland Stadium on March 27, 2021 in Lyon, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport) - Alexandre RUIZ - Stade de Gerland - Lyon (France)
    Referee Alexandre RUIZ during the Top 14 match between Lyon OU and RC Toulon at Gerland Stadium on March 27, 2021 in Lyon, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport) - Alexandre RUIZ - Stade de Gerland - Lyon (France) Icon Sport - Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard... Pour ou contre. Rouge ou Blanc ? Attaque ou défense ? Spectacle ou pragmatisme ? Fromage ou dessert… Dans l’air du temps d’une société qui se plaît à débattre sans fin au nom de la liberté d’expression, tous les sujets sont recevables pour peu qu’ils suscitent l’échange et la controverse. C’est la mode. Paraît-il, même, que nous en sortirions grandis, surtout moins cons. Ce n’est pas si sûr, quand il s’agit de trancher entre pain au chocolat et chocolatine…

Quel rapport avec notre schmilblick ? Ce week-end, l’actualité du Top 14 a encore soulevé son lot de débats, avec des pour et des contre. Ici à propos des impasses, profitables aux Bayonnais et Parisiens ; là-bas au sujet des manières d’appréhender le jeu de rugby, avec les défenseurs du gagner (ou perdre) beau qui ont pris un Christophe Urios en pleine poire ; sans oublier l’arbitrage, un grand classique pour nourrir la polémique et entretenir les fantasmes complotistes…

Samedi soir est ainsi apparu le premier « challenge vidéo » du Top 14, avec pour parents Alexandre Ruiz et Baptiste Serin. Le premier cédant par ses mots aux injonctions du second, qui suppliait le referee de revoir une action litigieuse. La petite histoire retiendra que le Toulonnais avait vu juste, et que l’arbitre, malgré lui, accorda plus de place que de raison à un protocole vidéo déjà omniprésent.

Alors, pour ou contre ? Certains vous diront tout le bien qu’ils pensent de ce genre de progrès, au service de la justice sportive et de la modernité du produit « rugby » à la télé qui fait ventre des moindres nouveautés.

Pour notre part, nous ne danserons autour de leur feu de joie. Le challenge du capitaine nous semble être une vraie fausse bonne idée, dans un sport qui, répétons-le, est déjà très largement ouvert à la vidéo pour améliorer son arbitrage. Ou du moins le rendre plus accessible aux yeux des téléspectateurs.

S’il y avait un référendum (ne riez pas, c’est à la mode), nous voterions contre. Parce que nos matchs souffrent déjà d’arrêts trop nombreux et trop longs ; parce que cela déshumanise le sport et déresponsabilise l’arbitrage ; parce que l’on touche au rôle sacré qu’occupe le directeur de jeu sur le terrain et en dehors ; parce qu’à force, il finira par ne plus être respecté alors que, depuis toujours chez nous, il est censé avoir toujours raison.

Et puis, que dire des acteurs eux-mêmes qui vont passer leur temps à demander l’appel à la vidéo. C’est déjà le cas ? Oui, trop souvent à notre goût mais cela n’a rien d’officiel. Et si les « TMO » interviennent régulièrement, l’arbitre garde encore son pouvoir décisionnel vis-à-vis des joueurs.

Le rugby n’a rien à gagner au petit jeu du balance ton pote pour gagner une pénalité. Au contraire, dans un sport qui se pique d’ériger la solidarité et le respect de l’adversaire en principes inaliénables, il y aurait quelque chose d’insupportable à voir les acteurs dénoncer directement les fautes des autres. Vous l’aurez compris, le challenge n’en vaut pas la chandelle !

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