Pour triompher, Bayonne a dû crever l'abcès

  • Bayonne, des paroles aux actes
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Après le revers à domicile contre l’UBB, les basques ont su se resserer et réclamer des évolutions au staff. Samedi, enfin libérés d’un poids, ils en ont été dignes sur le terrain.  

Maxime Delonca était en larmes à la fin du match. Au moment de se présenter en conférence de presse, la gorge du talonneur bayonnais était toujours nouée, ses yeux encore embués : «Ce qui est beau, c’est qu’on ne s’est pas mentis cette semaine. L’équipe s’est resserrée. Des gens ne croyaient plus en nous, à juste titre, mais on sait qu’on peut, qu’on veut et qu’on va maintenir le club en Top 14. On le mérite, on a un putain de groupe. Ce bon match, on voulait le faire pour nous, nos potes restés à la maison, les dirigeants, les gens qui travaillent au club, nos familles.» émotion qui en dit long de la pression dans la course au maintien en cette fin de saison. Une semaine plus tôt, l’Aviron avait vécu une terrible épreuve en s’inclinant lourdement à domicile contre Bordeaux-Bègles. «Cette défaite nous a vraiment mis un coup derrière la tête, reprend Delonca. On se voyait barragistes.» Car ce revers avait fait tomber les Bayonnais à la fameuse treizième place. Pardoxalement, il les a peut-être libérés, démystifiant au passage cette position inconfortable. «Au coup de sifflet final, on sentait qu’il fallait crever l’abcès, note Yannick Bru. On s’est programmé dès lors pour jouer le barrage le 12 juin. On a choisi de se donner un mois pour être à notre meilleur niveau, en progressant secteur par secteur. On est venus à Toulouse en s’enlevant le poids de la treizième place.» Delonca confirme : «De toute façon, ce sera nous ou Pau.»

Implication salvatrice des leaders

Surtout, les jours suivants ont été décisifs dans l’intimité de Jean-Dauger. «Les leaders ont eu un rendez-vous avec le staff et on a décidé de changer l’organisation des semaines», révèle Delonca. «On s’est retrouvé entre joueurs, on s’est dit les choses et les coachs nous ont écoutés, poursuit Maxime Lafage. On a émis le souhait de s’entrainer moins longtemps mais avec plus d’intensité. Il fallait assumer, on l’a fait. On s’est senti mieux physiquement. ça a payé, j’espère que ça paiera jusqu’à la fin.» L’axe du rendez-vous toulousain était la défense et l’état d’esprit. Pari réussi. Au lieu de recevoir les doléances de l’effectif comme un rejet, le staff y a vu une responsabilisation salvatrice. Bru raconte : «Ce fut une semaine de remise en question sévère. Les joueurs ont décidé de s’investir à fond dans tout ce qu’ils font et ce qu’ils disent. On fonctionne de manière concertée avec eux. Des demandes étaient fondées et on y a accédé positivement. Notre équipe est jeune et on doit développer le leadership. J’ai senti une implication de notre groupe de leaders supérieure à la normale. C’est la voie de la maturité pour nous. On a grandi ces derniers jours. La détermination des garçons à croire en eux et en notre plan de jeu a été très forte.» Cela s’est traduit dans les discours d’avant-match et sur le terrain. Menés 14-0, les Bayonnais sont restés soudés pour renverser le cours des événements et s’offrir un succès majuscule. «La solidarité était à 200 % tout au long de la rencontre», pour Delonca. «Le caractère a été costaud, pour Bru. On a déjà vécu ça chez de grosses cylindrées où on a lâché le bras de fer. C’est un grand progrès.» Même si le manager veut tempérer l’exploit : «Je reste lucide et humble. J’ai dit aux joueurs de profiter car peu d’équipes gagnent ici mais c’était un Toulouse très hybride.» N’empêche, ses hommes sont repassés devant Pau. « C’est toujours mieux », sourit Delonca. Et Bru de rester sur la ligne décrétée : « Si on aligne tous une telle intensité, comme à Toulouse, on sera durs à jouer en barrage si on y va. » 

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Les commentaires (1)
Djive-ST Il y a 1 année Le 20/05/2021 à 15:33

Le choix d'Ugo Mola dans sa composition a bien aidé l'Aviron... Et tant mieux... Les anciens Bru et Mola reste soudés et c'est tant mieux aussi... Il fallait aider le Soldat BRU !