Combezou : « Gameler dans le gâteau »

  • Emmanuel Massicard, Directeur Délégué du Midi Olympique, et Matthias Rolland, Directeur du Castres olympique, remettent l’Oscar à Thomas Combezou.
    Emmanuel Massicard, Directeur Délégué du Midi Olympique, et Matthias Rolland, Directeur du Castres olympique, remettent l’Oscar à Thomas Combezou. - Laurent Frezouls
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Oscarisé et honoré mercredi, Thomas Combezou se livre sur le chemin parcouru, qui l’a amené à recevoir cette distinction.

Quelle a été votre première réaction quand on vous a annoncé cette récompense ?

Je n’ai pas compris immédiatement, il a fallu qu’on me le répète parce que c’est rare de recevoir une distinction comme celle-là. Même si honnêtement j’ai un petit pincement de ne pas pouvoir le fêter dans un contexte "classique" avec la famille, les coéquipiers, les partenaires… Mais ça reste quelque chose de superbe. Ça récompense ma longévité et le bon travail que le club fait en ce moment.

Avez-vous conscience d’avoir l’image d’un joueur de l’ombre ? La cultivez-vous ?

Oui, complètement. Avec le temps, j’ai compris que j’étais un joueur de club. Être un joueur de l’ombre, ce n’est pas négatif. Il y a des vedettes, des stars, mais il en faut des mecs qui ne font pas de bruit, qui travaillent pour le collectif… On ne réussit pas sans ces joueurs-là.

Vous êtes à Castres depuis 2014. Etiez-vous fait pour ce club ?

Oui, d’un point de vue des valeurs et de l’identité, c’est vraiment le club qui me va à la perfection. Castres est un club, discret, travailleur, qui ne lâche rien et qui n’affiche pas des ambitions totalement démesurées. Ce n’est pas le meilleur, nous ne sommes pas les plus forts, mais on se donne les moyens de rivaliser avec tout le monde, pour avoir le droit de rêver comme le Bouclier de Brennus de 2018.

Que s’est-il passé en décembre au CO, pour basculer de la zone de relégation au top 6 ?

Plusieurs choses : je pense qu’il y a eu une prise de conscience générale, la nomination de Pierre-Henry Broncan, le fait de ne plus avoir le droit à l’erreur et de n’avoir plus le temps de se poser de questions... Enfin, il y a eu des joueurs cadres qui ont pris les choses en mains… On ne voulait pas être le groupe qui allait faire descendre ce club et on savait que les résultats n’étaient pas à la hauteur des ambitions. On avait perdu contre Bordeaux et Brive à la dernière minute. Imaginez si on avait gagné ces matchs ! Ça prouve qu’on avait le potentiel, mais il nous manquait quelque chose. Et puis, on a eu un déclic en gagnant à 14 à Lyon.

Faisiez-vous partie de ces joueurs qui ont pris les devants ?

Attention : il n’y a pas eu de grand discours et tout s’est d’abord passé sur le terrain. À Castres, le travail est une institution et personne ne s’est "garé". Tout le monde est concerné, et si quelqu’un a un truc à dire au meilleur de l’équipe, il le dit. C’est ce qui rend ce club plus grand.

En décembre dernier, à 33 ans et alors que vous étiez en fin de contrat, avec le CO en situation délicate au classement, avez-vous songé à arrêter ?

Non, jamais. Physiquement je vais très bien, j’ai été épargné par les blessures. Pourquoi arrêter quand le moteur tourne ? C’est pour ça que j’ai prolongé jusqu’en 2023.

Le CO a recruté un Canadien, un Uruguayen, un Australien, un Sud-Africain pour autant de réussites… Quel est le secret de l’intégration à Castres ?

Le secret, c’est qu’on les fait jouer. Nous sommes un petit effectif de 45 joueurs. Pierre-Henry Broncan a vraiment bien ciblé son recrutement et on a besoin de tout le monde.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour la fin de saison ?

D’être dans les six qualifiables. La fin de saison s’annonce géniale, on vient de si loin que l’on joue sans pression maintenant et avec une farouche détermination. Nous n’avons rien à perdre, c’est du bonheur d’être dans cette position. Nous jouons sans pression et sans réfléchir. Si on perd, tant pis. Mais si on gagne, nous pourrons gameler dans le gâteau !

Baptiste BARBAT
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