Le charme de l'éternel débat

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Publié le , mis à jour

Un match passionnant qui débouche sur un après-match tout aussi passionnant. Au centre des débats : la question du style, elle est inépuisable. 

Où serons-nous dans trente ans ? On ne sait pas ce que le rugby sera devenu  mais on est prêt à parier qu’on entendra encore cette éternelle querelle. Celle qui oppose le  Jeu avec un grand J au  résultat. Le rugby vu comme un spectacle face au rugby vu comme un affrontement.  L’UBB s’est ouvert un boulevard vers la qualification en battant Castres, mais il s’est trouvé quelques voix pour regretter le style ... et d’abord celle de son capitaine, Jefferson Poirot.

« Oui, ça devait être horrible à voir. Il fallait résister à la pression castraise, à leur jeu d’occupation. Nous avons fait beaucoup de ping pong rugby pour gagner la bataille du terrain et à la première erreur on apris sept points. A la 30e, on a joué une pénalité rapide et derrière on a été punis. En deuxième mi-temps, le maître mot, c’était de tenir l’échange et de limiter les erreurs. Vendredi on m’a demandé si on allait réduire la voilure. Alors, oui, on l’a fait de par les conditions climatiques  et on en est statisfait, même si nous n’aimons pas trop faire ça. Mais compte tenu du temps et de la rudesse de l’adversaire, c’était nécessaire et c’est sans doute  le signe que nous  avons progressé. » Rémi Lamerat avait également déclaré au micro de Canal + en souriant  : «On s’excuse pour le spectacle, c’était très compliqué de se faire des passes.»

Un essai comme un coup de fouet

Que Jefferson et Rémy se rassurent. Nous n’avons pas trouvé ça si horrible à voir, les bras de fer dans l’humidité ont aussi leur charme (UBB-Racing en Coupe d’Europe ressemblait aussi à ça). Et puis l’essai de Bordeaux valait le coup d’être vu, comme un coup de fouet cinglant à la défense de Castres, mise sur les talons par  la vitesse et le rythme des attaquants girondins. Avec une savonnette entre les mains, ça n’avait rien d’évident de construire un tel mouvement victorieux.

Il n’y avait donc aucun complexe à nourrir après ce succès décisif dans une sorte de barrage avant la lettre. Mais le rugby est ainsi fait, ou plutôt ainsi vu qu’il y aura toujours quelqu’un pour réclamer d’avantage de jeu avec un grand J. Chez certains, ça relève du réflexe.

Voilà pourquoi Christophe Urios a fait une mise au point tonitruante, comme pour se libérer : «On me dit qu’à l’UBB c’est plus difficile d’être laborieux... Justement, il faura être capable de l’être sinon on sera jmais champion de France.   ceux qui se disent qu’un amtch comme ça, ce n’est pas du rugy je réponds : si c’est du rugby ! Moi j’ai entraîné dans l’équipe d’en face. et on se rgalait de jour comme ça. Les mecs prenaient du plaisir. Si nous on pense qu’il faut juste jouer à la baballe pour être champions/ Non, le rugby ce n’est pas que ça. Qui a dit que le rugby c’est des passes de la contre-attaque ? Le rugby on le joue comme on veut, selon le profil de son équipe, de son histoire, de son territoire.  Alors, vous allez me dire que le jeu pragamtique, ce n’est pas notre histoire. D’accord ! Mais si on nous y amène, il faut y aller. Car sinon on perd les matchs, et dans ce cas, je ne vous pas un dessin. Tous les ans, on va terminer septème ou huitième comme Bordeaux l’a trop souvent fait. Ca me fait du bien de le dire !»  La diatribe a illico circulé sur les nouveaux canaux, évidemment. Elle tranchait tellement dans l’océan des phrases convenues. Titillé sur la phrase de son capitaine, Christophe Urios  ajouta : « La marge de progression, elle est là. C’est quand Jefferson viendra vous dire : oui, je me suis régalé ! »

L’après- match de mardi était vraiment passionnant car Jefferson Poirot nous confia aussi qu’il se souvenait des victoires passés du CO à Bordeaux (2017-2018-2019) et que Christophe Urios lui avait confié que sur le moment, il vait trouvé ça «normal». Signe que les points faibles de l’UBB étaient ciblés. « De la même façon aujourd’hui, les Castrais  pensaient qu’il allaient gagner ici, parce que les conditions étaient mauvaises, parce qu’ils allaient nous  faire craquer. Sauf qu’on n’a pas craqué.  Pourtant Castres, ils savent te mettre la pression, ils la mettent à l’arbitre, ils ont un jeu au pied chirurgical ... Ensuite, est ce que j’aurais joué différemment s’il avait fait beau ? Oui, probablement. C’est une forme de maturité que de s’adapter aux conditions. »
On aurait pu résumer ce propos dans une simple phrase que nous avions lue, un jour dans les colonnes d’un quotidien sportif. Elle disait tout : «Le sport, ne relève pas de la mise en scène.»

Un match de rugby ou de foootball  ne se construit pas comme un ballet, déjà parce qu’il oppose deux adversaires aux intérêts antagonistes. Ce qui nous étonne, c’est qu’on continue à en débattre.  Mieux vaut en prendre son parti, il y aura toujours quelqu’un pour réclamer plus de jeu... avec un grand J bien entendu !

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