L’enfer du samedi soir

  • Charles OLLIVON of Toulon during the Top 14 match between Clermont and Toulon at Stade Marcel Michelin on May 15, 2021 in Clermont-Ferrand, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport) - Stade Marcel Michelin - Clermont Ferrand (France)
    Charles OLLIVON of Toulon during the Top 14 match between Clermont and Toulon at Stade Marcel Michelin on May 15, 2021 in Clermont-Ferrand, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport) - Stade Marcel Michelin - Clermont Ferrand (France) Icon Sport - Icon Sport
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Malgré une débauche d’énergie immense, le RCT est reparti bredouille du Michelin, ses 3 matchs en 8 jours ayant pesé à l’instant de gagner des centimètres précieux, et de tenir les dix dernières minutes..

C’est drôle comme il y avait du Al Pacino dans la voix, dans le regard, et surtout dans le discours de Patrice Collazo samedi peu avant minuit, lorsque celui-ci évoquait les «cinquante centimètres» qui résumaient la défaite à zéro point des siens en Auvergne.  On fait ici référence, vous l’aurez compris, au personnage de légendaire coach Tony D’Amato dans le non moins légendaire «Enfer du dimanche », à qui le constat dressé par Patrice Collazo faisait consciemment ou non référence. « Autant je suis parfois en colère contre mes joueurs, autant ce soir je le suis pour eux, parce que ce match se résume vraiment à cinquante centimètres, pestait le boss du RCT. Sur l’action de Julien Hériteau, qui échoue juste devant l’en-but, et sur le dernier drive. Je suis vraiment déçu, parce qu’n a eu deux cartouches et on ne passe pas. Les joueurs méritaient autre chose. On a fait un match plein, même si on n’a pas tout fait bien, on a poussé Clermont dans ses retranchements. et sur des demi-scories, sur un coup de pied à hauteur d’homme, on revient chez nous et on encaisse des points. On a donné beaucoup et on n’est pas payé. »

Un état d’esprit renforcé

Un discours évidemment prolongé par le jeune ouvreur Louis Carbonel, si efficace dans l’occupation du terrain avec son compère Baptiste Serin, et évidemment malheureux de ne pas avoir su donner plus de corps à la domination des siens dans l’utilisation du ballon. « Avec les sorties de Toeava et de Paia’aua, il y a eu beaucoup de changements et ce n’est jamais facile de trouver des repères  dans ces conditions, s’excusait presque le meneur de jeu varois. On a tout donné et je pense qu’on a donné un beau visage du RCT même si à ce stade de la saison on s’en fiche un peu de donner une bonne image. Ce qu’il faut, c’est rapporter des points, et on ne l’a pas fait… Cet enchaînement de trois matchs en huit jours, ce n’était pas évident, et on l’a peut-être payé sur la fin. Nous avons eu plein d’aléas cette saison, mais on s’accroche et la seule chose qu’on peut promettre à nos supporters, c’est qu’on ne lâchera rien. » « Dans l’état d’esprit, j’ai préféré ce match-là que celui que nous avons gagné contre Toulouse, prolongeait Patrice Collazo. Maintenant, ce n’est plus de la colère qu’il faut avoir, c’est de la haine. On va maintenant s’attacher à bien récupérer et je pense que ces 50 centimètres, mes joueurs vont être motivés pour aller les chercher lors des prochains matchs. Car si la saison se joue sur ça, on n’aura que les yeux pour pleurer. »

« Ce n’est plus de la colère qu’il faut avoir, c’est de la haine! »

De quoi, en creux, rappeler le discours mythique de l’Enfer du dimanche, qui sied comme un gant au RCT alors que celui-ci se retrouve de nouveau relégué hors du top 6. « Nous sommes en enfer messieurs. Croyez-moi. Nous pouvons y rester, nous faire massacrer, ou nous pouvons nous battre pour revenir dans la lumière, centimètre par centimètre. Parce qu’on sait qu’à la fin, le total de tous ces centimètres fera la putain de différence entre gagner et perdre. Entre vivre et mourir... » On ne voit pas meilleure conclusion ni meilleure préparation pour la suite mais, croyez-vous si vous le souhaitez, on imagine aisément que Patrice Collazo ne nous a pas attendu pour le savoir...

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