Incertains regards

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Entre des Biarrots sur courant alternatif depuis deux mois et des Grenoblois qui ont peiné toute la saison à assumer leur statut de gros bras, c’est un choc beaucoup plus incertain que prévu qui se déroulera sous la pluie du côté d’Aguilera, où la victoire pourrait bien aller à l’équipe qui parviendra enfin à s’approcher le plus près de son plein potentiel.

Grands clubs malades, avions-nous titré voilà un tout petit peu plus de cinq mois, à l’heure de présenter le premier affrontement de la saison entre les deux clubs, du côté du Stade des Alpes. Depuis, pas mal d’eau a coulé sous les ponts de l’Isère et sous le Rocher de la Vierge, et la convalescence s’est plutôt bien passée pour les deux équipes qui ont décroché leur billet pour les phases finales. Mais de là à parler de guérison définitive ? Il faudra probablement attendre l’issue du match et une éventuelle qualification en demi-finales pour en parler, tant ces deux équipes largement pourvues en talents en tous genres semblent parfois encore naviguer à vue, après trente matchs de phase régulière… Le meilleur exemple ? Il est qu’après un championnat entier, aucune charnière-type ne s’est encore dégagée dans aucun camp, si bien que les débats ont encore fait rage du côté d’Aguilera et de Lesdiguières pour décider d’à qui reviendrait la charge si cruciale de mener le jeu… Chez les Basques en effet, ni Barnabé Couilloud ni James Hart n’ont encore pleinement convaincu leurs entraîneurs au point d’inciter l’état-major du BOPB à décrocher les signatures du Puma Tomas Cubelli et du vieux routier Clément Darbo en vue des prochaines saisons. Et le tableau n’est guère plus reluisant à l’ouverture, où Gilles Bosch n’a jamais retrouvé la réussite au pied qui avait fait de lui une des gâchettes les plus redoutées du championnat sous les couleurs de Carcassonne, supplanté en fin de saison par Ilian Perraux. Quant aux Grenoblois ? Si la charnière des "cousins" Escande-Selponi semblait toute désignée pour le costume de titulaire en début de saison, la réalité du terrain fut finalement toute autre. Il fallut finalement l’émergence du jeune Florian Zupan pour relancer la machine et "piquer" l’expérimenté Escande, tandis que les performances en dents de scie de Selponi (dont une sortie cauchemardesque lors du déplacement à… Biarritz) lui valurent de se chercher un avenir à Aix-en-Provence, tout en plongeant dans l’ombre de Corentin Glénat, avec qui les Alpins assurèrent tant bien que mal leur fin de championnat. De quoi créer des incertitudes, fatalement, dans les deux camps. Lesquelles ne demeurent malgré tout pas irrémédiables, Stéphane Glas étant le mieux placé pour se rappeler que c’est avec un numéro 10 sorti de nulle part que le FCG réalisé des phases finales du feu de Dieu en 2018…

Biarritz, légitime favori

Le plus drôle ? C’est que c’est précisément au premier tour de cette phase finale que les Grenoblois ont emporté (sur le fil) leur dernier succès face au Biarritz olympique, dont le pack monolithique lui cause bien des misères depuis deux ans, notamment de par sa puissance supérieure dans les phases statiques. De quoi faire du BO le légitime favori de cet affrontement ? C’est bien là l’évidence, d’autant que les Basques savent parfaitement user de leurs points forts face aux Isérois, à l’image du match aller de cette saison où les Biarrots avaient su très habilement contourner la défense grenobloise par un jeu large-large parfaitement organisé autour de Francis Saili. La patte d’un certain Nicolas Nadau, entraîneur des trois-quarts du BO, qui rejoindra Grenoble la saison prochaine et se trouvera forcément samedi face à un drôle de dilemme. "On verra à la fin… Pour l’instant, je suis à Biarritz, glissait ce dernier en marge de la réception de Rouen. On aura peut-être un petit ascendant psychologique, mais je crois qu’ils finissent troisièmes sur la phase retour. Je trouve cette équipe un tout petit peu plus armée que Colomiers et présente plus d’équilibre entre ses avants et ses trois-quarts. Ses ballons portés sont forts et derrière, avec Nagusa ou Masilevu, ils peuvent franchir n’importe quelle ligne. Ils causent beaucoup d’incertitudes donc pour moi, Grenoble est un adversaire plus dur à jouer que Colomiers." Cela tombe bien puisque, de leur côté, les Isérois considèrent probablement les Basques comme un adversaire plus délicat à aborder qu’Oyonnax, qu’ils ont aussi battu à deux reprises cette saison. "On a certes perdu à deux reprises contre Biarritz mais lors du premier match en décembre, on ne peut pas dire que nous jouions notre meilleur rugby, tempérait l’entraîneur en chef du FCG Stéphane Glas. Honnêtement, ce n’est pas quelque chose qui nous préoccupe." Alors, maintenant que l’échange de politesses est enfin terminé, place au jeu…

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Nicolas ZANARDI
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