Jérôme Cazalbou : « On a pu marquer l’histoire »

  • Jérôme Cazalbou, Christophe Deylaud et David Berty dans le couloir du stade. Jérôme Cazalbou, Christophe Deylaud et David Berty dans le couloir du stade.
    Jérôme Cazalbou, Christophe Deylaud et David Berty dans le couloir du stade. Midi Olympique
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Le joueur le plus titré du Stade toulousain, aujourd’hui manager du haut niveau au club, revient sur ce sacre à part.

Vingt-cinq ans après, que gardez-vous de ce premier titre européen ?

D’avoir été des précurseurs puisque c’était la première Coupe d’Europe et que le club avait œuvré avec les instances internationales pour que cette compétition se crée et se joue. Quelque part, ce que j’en retiens essentiellement, c’est d’avoir pu marquer l’histoire avec le Stade toulousain.

Des images vous reviennent-elles spontanément en tête ?

Oui, c’était une nouvelle expérience et je me rappelle du premier match en Roumanie, une épreuve particulière, dans une époque particulière, au cœur d’un contexte politique particulier. Et il reste forcément cette finale à Cardiff, contre Cardiff justement, pour un des derniers matchs à l’Arms Park, un stade mythique. Pour certains, comme moi, qui n’avaient pas eu une carrière importante en équipe nationale, disputer des matchs dans de telles enceintes, c’était très fort.

Au moment de vous jeter dans l’aventure, ressentiez-vous une forme d’inconnue ou d’excitation ?

Il y avait une part d’inconnue, surtout quand nous sommes allés en Roumanie. Moins en ce qui concerne les rencontres au Royaume-Uni ou contre les Italiens. On avait déjà eu la chance avec notre encadrement, avec Pierre Villepreux, d’avoir fait des stages en Italie, d’avoir affronté des équipes italiennes avant la création de la Coupe d’Europe. Chaque été, on jouait aussi souvent contre Bath ou une formation galloise. Il y a également eu le centenaire, où on avait rencontré des équipes internationales. Ce parfum de compétition internationale avec le club, on le connaissait. Après, on a dû s’adapter à un autre arbitrage et on n’a pas toujours compris certaines choses sur des interprétations de règlement. Donc il y a eu de la découverte. En ayant pris un autre poste au club aujourd’hui, je revis des choses où je me rends compte que, même si on pense que ça a évolué sur ces points-là, on doit toujours s’adapter en permanence.

Avoir gagné cette première Coupe d’Europe explique-t-il la place particulière de cette compétition à Toulouse ?

En partie, notamment parce que le staff en place a longtemps continué, avec la longévité de Guy Novès au club. Cette volonté de bien figurer dans une compétition déjà remportée s’est vite inscrite dans les gènes. Puis, au Stade toulousain, il y a toujours eu un esprit de compétition, au-delà du championnat national, avec cette envie d’être reconnu à l’international. Nous sommes poussés par nos partenaires et notre public, parce qu’on les a nourris de ces succès à l’étranger. Les gens aiment que ces aventures se poursuivent. Sans que ce soit une pression supplémentaire, c’est une responsabilité quand on porte ce maillot. Et aussi un plaisir d’affronter d’autres nations, d’autres modes de jeu, d’autres cultures. On ne peut que s’en enrichir. Enfin, la Coupe d’Europe permet d’être attractif pour les internationaux qui souhaitent nous rejoindre, et à nos jeunes de se frotter au dernier niveau international avant l’équipe nationale.

Sur les vingt-deux joueurs de la finale 1996, sept sont aujourd’hui dans l’organigramme du club...

C’est générationnel. Le club s’est toujours nourri des compétences de joueurs devenus présidents, dirigeants, entraîneurs ou encadrants. L’histoire se répète et on espère que, dans vingt-cinq ans, la génération actuelle prendra la relève de celle qui nous aura déjà relayé. Ça fait partie de l’ADN et ça permet, comme Ugo (Mola) le disait en 2019, d’apporter cette culture de la gagne ou du moins de se construire dans la victoire. Puis d’accompagner nos jeunes joueurs pour ne pas stresser au moment des matchs couperets, grâce à l’expérience qu’on essaye de leur transmettre.

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