La Rochelle à une marche de son premier trophée majeur

  • Ça y est le sprint est lancé avant la dernière ligne de cette parenthèse européenne. Et si les Rochelais parvenaient à contrecarrer les plans toulousains et se placer pour la première fois sur le toit de l’Europe ? Photo Icon Sport
    Ça y est le sprint est lancé avant la dernière ligne de cette parenthèse européenne. Et si les Rochelais parvenaient à contrecarrer les plans toulousains et se placer pour la première fois sur le toit de l’Europe ? Photo Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Quatre ans après ses débuts en Champions Cup, et seulement 18 matches disputés dans cette compétition, le Stade Rochelais a une occasion rêvée de dépoussiérer son armoire à trophées.

Qu’est-ce que c’est, trois semaines, dans l’histoire d’un club centenaire ? Pourtant, en ce laps de temps si infime à l’échelle d’un Stade rochelais fondé en 1898, l’équipe maritime y aura disputé les deux matchs les plus prestigieux depuis sa création. L’un chassant presque l’autre, d’ailleurs. Puisqu’après avoir signé le colossal exploit de sortir le Leinster en demi-finale de Champions Cup, La Rochelle a maintenant l’occasion de matérialiser sa fulgurante ascension sur la scène européenne. Brandir la Coupe d’Europe au sortir du 19e match de son histoire en Champions Cup serait déjà, en soi, une performance à part. Placer un tel trophée dans l’armoire, quasiment vide, de Deflandre n’aurait, sans doute, aucun équivalent ou presque sur la planète rugby. Point de Bouclier de Brennus, à La Rochelle. Ni même de Challenge Cup, malgré une finale disputée en 2019. Non, en ouvrant le palmarès du club à la caravelle, vous y trouverez trois titres de champion de l’Atlantique, glanés au début du XXe siècle, ainsi que deux Coupes… de la Ligue ! "Vous me l’apprenez, souriait Kévin Gourdon, à ce propos, dans la semaine. Je ne savais même pas que ça existait dans le rugby, la Coupe de la Ligue !" Du nom d’une (très) éphémère compétition limitée à trois éditions, dont le Stade rochelais est d’ailleurs le club plus titré, avec son doublé 2002 et 2003. Ce samedi, quand Toulouse bataillera pour accrocher une cinquième étoile à son maillot, et ainsi devenir le club au palmarès européen le plus faste, l’adversaire rochelais visera tout simplement le premier trophée majeur de son histoire. "C’est peut-être dingue, pour vous. Mais, nous, on s’est construit au fil des saisons jusqu’à cette finale étape européenne, complète le flanker aux 208 matchs en jaune et noir. Est-ce que c’est une surprise ? Je ne sais pas. En tout cas, on s’est donné les moyens d’aller au bout et d’espérer soulever la coupe."

Son compère de la troisième ligne, Grégory Alldritt, abonde : "On n’a rien volé. On est là grâce à notre travail. Un travail de longue haleine qui, petit à petit, se construit pour arriver au sommet, samedi. On a 50 joueurs formidables. On est juste à côté (d’une consécration, N.D.L.R.). Cette petite marche qu’il reste à franchir est la plus dure. On y croit."

Une semaine "normale"

Il y a deux ans, la marche en question paraissait bien trop haute, avant même le coup d’envoi. Battue par 36-16 par Clermont, en finale du Challenge Cup, La Rochelle n’avait pas rivalisé. Un sentiment fort désagréable, à effacer. "On s’est dit de profiter de chaque minute de la semaine, d’aller jouer cette finale sans aucune frustration, aucune gêne, aucun stress. Juste se régaler et profiter, insiste l’international français, d’une sérénité contagieuse. On est à deux doigts de soulever la coupe. C’est dur, aussi, d’être en finale. Soit on soulève un trophée, soit on se dit qu’on a fait un long, long chemin pour pas grand-chose. Car, les finalistes, on s’en souvient rarement." Cette vérité trouve écho dans les propres interrogations de Ronan O’Gara, battu pour sa première finale comme entraîneur, en 2016, avec le Racing 92. "C’était où cette finale ? Bilbao ? Contre les Saracens ? On a pris une branlée, non ? (défaite 21-9, à Lyon) Moi, je ne m’en souviens pas, honnêtement. Tu brosses tes dents, tu prends une douche et tu te reconcentres. C’est comme ça notre métier", en rigole l’actuel entraîneur en chef du Stade rochelais.

Sorti vainqueur, dans sa carrière de joueur, en 2006 et 2008, le technicien irlandais aborde cette nouvelle tentative sans pression particulière. C’est en tout cas l’impression qu’il dégage. "On est dans une semaine normale, appuie "ROG". Pour moi, c’est juste un match. Un match important bien sûr. Avec les joueurs que l’on a, c’est normal de jouer une finale. Je n’ai pas la garantie de voir mon équipe gagner. Mais si on est performant, on a une grande opportunité de faire quelque chose, d’écrire une nouvelle histoire." Assurément la plus belle de toutes, ici, à La Rochelle.

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Romain ASSELIN
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