Londres, leur lumière

  • Philippe Saint-André et Guilhem Guirado
    Philippe Saint-André et Guilhem Guirado Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Durant la dernière décennie, Guilhem Guirado et Philippe Saint-André ont connu des désillusions avec le XV de France à Twickenham. Un lieu où ils avaient aussi de beaux souvenirs en club. Ensemble, ils en ont gravé un nouveau vendredi.    

Quand Guilhem Guirado s’est posé, samedi soir tard dans les entrailles de Twickenham, son large sourire faisait chaud au cœur. Dans cette même pièce de conférence de presse, le talonneur international a aussi vécu de cruelles épreuves. De longues minutes à justifier des défaites marquantes… Au moment de rappeler ces traces peu glorieuses et de lui dire combien ce succès avec le MHR lui laisserait un dernier goût joyeux du « temple », le Catalan rétorqua avec le sourire : « Tes souvenirs ne sont pas très bons, j’ai gagné aussi ici avec Toulon, dans la grande Coupe d’Europe. » En 2015 face à Clermont. Mea culpa. Puis de poursuivre : « Et j’ai gagné en match d’ouverture contre l’Italie (Coupe du monde 2015, N.D.L.R.) avec Philippe en tant que sélectionneur. » Certes. Mais il y a aussi perdu cinq fois contre le XV de la Rose en autant de rendez-vous. Dont la dernière, le 10 février 2019, sur un cinglant 44-8. Ce qui lui fit ajouter : « Vendredi soir, en me couchant, je me suis dit que ça a toujours été dur face à des Anglais ici. » Guirado est de cette trempe de champions qui veulent encore marquer l’histoire de ce sport. Quel plus bel endroit pour balayer les vieux démons ? « Ce stade est tellement beau, tellement emblématique. Quand on est venus la veille du match, j’ai senti une force se dégagér. » Tout était là, au bon endroit, au bon moment… Guirado, capitaine courage, a laissé son empreinte. Comme ce MHR, qui lui ressemble tant, paraissant parfois usé et au bord de la rupture mais qui n’a rien lâché pour bousculer son destin. « Cela fait plus de six mois qu’on cravache ensemble, se félicite le joueur. Il fallait se payer. Quand je vois l’état d’esprit de l’équipe, c’est magnifique. » Des mots qui lui parlent, plus qu’à tout autre.

 

Saint-André : « Il y a seize ans, j'ai gagné un titre ici »

Guilhem Guirado a puisé dans ses désillusions passées la force pour guider les siens vers des lendemains meilleurs. Comme Philippe Saint-André. Graver la renaissance dans le « temple » n’a rien d’anodin pour lui non plus, qui y a connu des traumatismes durant ses années à la tête du XV de France, entre 2011 et 2015. Dans son parcours de technicien débuté en Angleterre où il est passé par Gloucester et Sale, le titre de vendredi gardera une place à part. Lui, directeur sportif du MHR, qui s’est rapproché du terrain en janvier quand l'équipe était aux abois. « Dans ma carrière, ces trois derniers mois sont incroyables d’émotion et de partage, note-t-il. Mes autres expériences, même celle avec l’équipe de France qui a été parfois douloureuse, m’ont beaucoup apporté dans ma façon de voir le rugby, de manager les jeunes joueurs. Guilhem, ce n’est plus le jeunot du coin, mais j’en ai de 18, 19, 20 ans... Dans la vie, tu apprends tous les jours. Dans le rôle de manager aussi. Peut-être que je suis comme le bon vin, que plus je vieillis, moins mauvais je suis. » Et de raconter cette anecdote : « Le demi de mêlée de Leicester, (Richard) Wigglesworth,est venu me voir. Il a 37 ou 38 ans, et a gagné son premier titre ici, il y a seize ans, avec moi, aux Sale Sharks. Il était déçu mais content pour moi. Il y a seize ans, j’ai gagné un titre ici ! » Twickenham, temple de la rédemption.

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