Toulouse poursuit sa légende

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Publié le , mis à jour

Vainqueurs de La Rochelle (22-17), ce samedi en finale de Champions Cup, les Toulousains ont écrit une nouvelle page historique de leur grand roman.

Quelques secondes après le coup de sifflet, la célèbre chanson de Claude Nougarou « Ô Toulouse » était crachée dans les enceintes de Twickenham. Ce Stade toulousain était seul au monde. Du moins en Europe. Auréolé de son cinquième titre, pour marquer encore un peu plus sa légende, dix ans après le dernier sacre dont Maxime Médard était le dernier survivant sur la pelouse. Depuis deux ans, et le vingtième Brennus du club, cette génération dorée des Baille, Marchand, Cros, Dupont, Ntamack et consorts s’était promis de s’asseoir sur le toit de l’Europe. C’est fait, parce que, comme le disait Médard récemment, « il n’y a pas grand-chose qui lui résiste ». Pas même une merveilleuse équipe rochelaise.

Botia, premier tournant

Bien sûr, ces deux équipes possèdent deux des plus belles attaques de France et d’Europe, et surtout des talents exceptionnels dans leurs lignes de trois-quarts. Alors, certains espéraient peut-être un feu d’artifice offensif ce samedi à Twickenham. Beaucoup, en revanche, avaient anticipé l’affrontement terrible qui s'annonçait entre deux packs absolument terrifiants, lesquels avaient terrassé ceux du Munster ou du Leinster dans les semaines précédentes. Le fort crachin anglais, qui s’est abattu sur Londres avant la rencontre et s’est poursuivi dans les premières minutes, leur donnaient raison. Le ballon était glissant… et les chocs sévères. À ce petit jeu-là, les Maritimes ont impressionné par leur engagement et leur agressivité, parfois à la limite. Tellement que Levani Botia en a fait les frais dès la 28e minute en écopant d'un carton rouge pour un plaquage illégal au niveau de la tête de Maxime Médard.

Le Stade toulousain vient à bout de La Rochelle et s'offre un cinquième titre européen (22-17) !! \ud83d\udc4f\ud83d\udc4f\ud83d\udc4f#SRvST #ChampionsCup

Le film du match > https://t.co/H4kZVzrFf2 pic.twitter.com/ZmdtZAro3e

— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) May 22, 2021

 

Pour autant, même si Romain Ntamack avait donné l’avantage aux siens à deux reprises dans le premier quart d’heure, les Rochelais sont d’abord parvenus à dominer physiquement les Toulousains et à annihiler leur alléchant rugby. Une seule fois, les Rouge et Noir ont trouvé un décalage en bout de ligne mais Matthis Lebel a échappé la savonnette, alors que l’en-but adverse lui était promis au bout de sa course. Alors, ce sont plutôt les Jaune et Noir qui ont investi le camp toulousain. Jusqu’à être récompensés par plusieurs pénalités bien placées. Sur l’une d'elles, en première mi-temps, ils ont même choisi le défi en mêlée fermée plutôt que les trois points à cinq mètres de la terre promise. Mais cela n’a pas payé. Les coéquipiers ont dû se contenter de la botte de leur métronome Ihaia West, ce qu’ils ont fait avec plaisir puisque celle-ci les plaçait devant au tableau d’affichage au moment de rejoindre les vestiaires à la pause (12-9). Et le public dans tout ça ? Il essayait de donner de la voix, même si à dix mille, ça sonne un peu creux dans un temple de quatre-vingt mille places. Surtout, les chanceux de Twickenham avaient bien besoin des acteurs pour réveiller encore les ardeurs…

Mallia, quelle histoire !

Justement, les débats se sont enfin emballés en début de deuxième mi-temps. Il n’y avait qu’à réclamer, mesdames et messieurs… Et ce fut le bal des opportunités manquées. D’abord Cheslin Kolbe qui, à la grâce d’un retour héroïque de Geoffrey Doumayrou, posait le pied en touche au moment d’aplatir pour valider le mouvement d’envergure toulousain(44e). Cinq minutes plus tard, après une succession de charges au près, c’est Pierre Bourgarit qui échappait le ballon, lui aussi à l’instant d’aplatir (49e). Peu à peu, les Rouge et Noir ont néanmoins compris qu’ils prenaient le dessus. L’infériorité numérique adverse n’y étant évidemment pas étrangère. Les hommes de Jono Gibbes étaient moins saignants, moins incisifs, moins percutants. Pendant que ceux d’Ugo Mola, aidés par le soleil qui planait enfin sur la capitale anglaise, se montraient plus entreprenants, fidèles à leurs habitudes et déplaçant sans cesse les Maritimes. Le danger s’approchait et la sentence tombait à l’heure de jeu quand Juan Cruz Mallia, servi par une magnifique sautée de Romain Ntamack, inscrivait le premier essai de cette finale. Destin incroyable du Puma, arrivé comme joker et qui n’avait encore jamais gagné avec son nouveau club quand il avait été titularisé.

Toulouse menait 19-12? Surtout, Toulouse semblait plus frais et Toulouse était en supériorité sur le terrain. Qu’est-ce qui pouvait empêcher cette institution de broder une cinquième étoile sur son maillot pour devenir le recordman de titres dans la compétition ? Le courage, le talent et l’abnégation des Rochelais. Ils ont tenté, n’ont rien lâché et ont même chèrement vendu leur peau de finalistes. Pour croire encore que le rêve n’était pas passé, que le port allait exploser dans la soirée… Oui mais la réalité était aussi implacable qu’Antoine Dupont lancé. Une nouvelle pénalité de Romain Ntamack mettait les siens à l’abri (70e). Pour trois minutes seulement. Presque invraisemblable, les Maritimes, avec un essai de Tawera Kerr-Barlow (72e), étaient toujours vivants. Même si la transformation de West heurtait le poteau (22-17). Quelle finale ! Les Rochelais ont été beaux, ils ont été grands. Mais les Toulousains l’ont été plus encore. Et ils sont champions d’Europe.  

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