Biarritz frappe un grand coup

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Poussés par mille supporters, qui n’avaient plus mis les pieds dans un stade depuis de trop longs mois, les joueurs du Biarritz Olympique ont passé quarante points à Grenoble, et tenteront de décrocher dimanche un ticket pour la finale.

À quoi ressemble un après-midi de rêve pour un joueur de rugby ? Probablement à celui que les Biarrots ont vécu, samedi. Depuis que le club basque est descendu en Pro D2 (été 2014) et jusqu’à ce week-end, il n’avait jamais réussi à offrir à ses supporters un match de phase finale à domicile. Dès lors, pour le retour du public dans les stades, les rouge et blanc pouvaient-ils espérer mieux qu’un tel rendez-vous disputé dans des conditions climatiques idéales ? Certainement pas.
Dans son histoire récente, Aguiléra n’avait d’ailleurs jamais reçu un match de phase finale (ceux de Coupe d’Europe, à l’époque, étaient à Anoeta), et deux heures avant le début de la rencontre, ils étaient déjà si nombreux, amassés dans l’allée des Platanes pour faire une longue haie d’honneur et encourager leurs protégés à la descente du bus. Aussi, les fans biarrots voulaient montrer aux « BOys » qu’ils ne seraient pas seuls contre Grenoble, et les prévenir que les 1 000 privilégiés à pouvoir rentrer à l’intérieur du stade feraient du bruit pour 4 000. Ainsi, ces derniers ont pu libérer les tambours, fumigènes ou drapeaux qui prenaient la poussière dans des placards depuis trop longtemps, et bon dieu, voir des supporters hurler, entendre une banda en tribune ou sentir un stade vibrer au gré des actions nous avait manqué ! Aux joueurs aussi, visiblement. « Ça fait plaisir et ça nous a donné un coup de boost, c’est sûr » confirmait Shaun Sowerby, après coup. « Quand je suis arrivé, voir tous ces supporters dans le stade et nos familles, ça n’a pas de prix. Il y a eu des frissons d’entrée. On s’est tous plus ou moins transcendés durant le match », ajoutait Lucas Peyresblanques.

Dyer, quel joueur !

Passée cette arrivée pleine d’émotion, les coéquipiers d’Armitage ont globalement sorti un grand match en termes de maîtrise, qu’ils ont d’abord construit sur une grosse défense. Intraitables dans ce secteur, ils ont écœuré les Grenoblois, qui se sont cassés les dents sur le mur basque. Ensuite, ils ont pris le dessus au niveau du jeu au sol, avant de bonifier le moindre ballon de récupération (trois essais en contre). « Nous connaissions leurs caractéristiques, celles de monter très fort ou de couper les extérieurs. Félicitations à eux. Ils ont fait un très bon match. Ils nous ont punis à chaque fois qu’on a perdu le ballon », regrettait le capitaine isérois Steeve Blanc-Mappaz.

Pour la énième fois cette saison, Johnny Dyer a été monstrueux dans la guerre des rucks (meilleur gratteur de la rencontre) et a impressionné par son activité. Il y avait un combat annoncé dans le jeu au sol. Le Fidjien l’a emporté. Mais l’ancien racingman, n’est évidemment pas le seul biarrot à avoir sorti un gros match. « Même s’il y a eu de très bonnes prestations individuelles, c’est le collectif qui a permis à certains de nos joueurs de talent de s’exprimer » rappelait Shaun Sowerby après la partie.

Les grands joueurs répondent présent pour les grands rendez-vous. Celui de samedi, dans l’histoire récente du club en était un, et les garçons quatre étoiles, qui composent l’effectif du BO, ont globalement assumé leur statut. Avec un tel groupe, pétri de qualité, une troisième ligne (Knight, O’Callaghan, Armitage) pas loin d’être la meilleure de la division, des facteurs X (Stark, Saili) tranchants ou des talonneurs (Peyresblanques, Ruffenach) vraiment toniques, la bande à Lonca a envoyé un signal fort à ses adversaires. « En phase finale, ils seront très pénibles à battre » nous disait récemment un entraîneur de Top 14.

Armitage : « Je sais qu’on peut aller au bout »

Dès le coup de sifflet final, la voix posée, Steffon Armitage martelait face à la presse « Je sais qu’on peut aller au bout ». Attention, ce n’est ni de l’arrogance, ni un trop-plein de confiance. Juste l’ambition affichée d’un club sûr de ses forces, qui végète depuis maintenant sept ans déjà dans l’antichambre du Top 14, et qui n’a jamais eu une équipe aussi compétitive, sur le papier, que cette saison pour revenir dans l’élite.

Dimanche prochain à la Rabine, où ils ont gagné lors des deux derniers voyages (14-16 en janvier dernier, 24-27 en février 2020), les Basques partiront-ils avec une étiquette de favoris ? Sur la forme du moment, la question mérite d’être posée. Car si les Bretons ont, certes, impressionné par leur régularité cette saison et ont terminé le championnat à la deuxième place du classement, les « BOys » viennent de passer quarante points à Grenoble, ont gagné leurs quatre derniers matchs et affronteront une formation bretonne, dont le dernier succès remonte au 16 avril dernier…

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Pablo Ordas
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