Lendemains qui chantent

  • CRETIN et GOUJON.
    CRETIN et GOUJON. Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du vendredi par Emmanuel Massicard... La mode est au changement, paraît-il. à la valse des modèles et des conventions, aux ruptures souvent brutales, aux tables renversées et à la grandiloquence de promesses d’apparat. En sport comme en tout le « Avec nous, vous verrez, ce sera mieux demain », ne fait pas toujours des merveilles, bien au contraire. Pour durer, il vaut mieux avoir de la suite dans les idées.

Sur cet air de la révolution, que n’a-t-on pas dit de ce Top 14, jugé parfois dépassé, hideux, parce que trop lourd dans le calendrier et avec trop de clubs. Ici, certains présidents veulent dégraisser le Mammouth en passant au Top 12 : pour supprimer les doublons, compter davantage sur leurs « Bleus » et se farcir la plus grande part du gâteau. Ailleurs et à l’inverse, d’autres imaginent un retour à 16 ou 18 : pour sauver leurs miches ou remplir leurs caisses avec le fric du public. En cherchant bien, parce que le ridicule ne tue pas, on pourrait même trouver quelques cousins de Néandertal, héritiers de « tonton Ferrasse » et défenseurs du « plus grand championnat du monde » : 80 clubs répartis en dix poules avec des phases finales qui commenceraient aux 128es. Ridicule, évidemment.

Alors, on change ? C’est toujours possible. Mais ce serait oublier que ce Top 14, aussi imparfait soit-il, nous offre une saison à haute intensité, plus féroce et indécise que jamais. Disputée sur tous les fronts et sans ventre mou. Même Agen va, hélas, battre un record. À ses côtés, Bayonne, Pau, Montpellier et Brive sont encore à la lutte pour le maintien. À l’opposé, tout le monde reste concerné par la course à la qualification, jusqu’à Lyon et Castres. Tout en haut, Toulouse et La Rochelle, qui ont marché sur l’eau cette saison, ne sont toujours pas sûrs de décrocher leur billet « direct » pour les demi-finales…

Ce championnat que l’on disait ranplanplan pète le feu au terme d’un marathon long de dix mois, résistant à la Covid, aux stades vides et à l’absence de lien avec le public. Ce n’est pas la moindre des réussites de la Ligue après le psychodrame de la fin de saison dernière qui avait vu les présidents se déchirer plus souvent qu’à leur tour par visioconférences interposées.

Tout va donc se jouer là, lors de ce sprint qui ressemble déjà aux phases finales. Dès ce week-end, et cette avant-dernière journée de Top 14 qui nous embaume du parfum si singulier des matchs à élimination directe… Ce sont nos lendemains qui chantent, après l’intensité des récentes finales européennes qui ont replacé le rugby français des clubs au sommet de la pyramide européenne.

Alors, dépassé le Top 14 ? Cette fin de saison en forme de boulet de canon qui nous réserve le meilleur en termes d’émotions prouve aujourd’hui le contraire. Comme toutes les mains tendues vers la conquête, demain, d’un nouveau public. Comme toutes les fenêtres ouvertes pour enrichir le modèle. Sans tout casser… De la suite, dans les idées…

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Les commentaires (1)
jmbegue Il y a 17 jours Le 28/05/2021 à 17:47

Il y a un aspect du problème que vous n'abordez pas et pourtant il est essentiel : la santé des joueurs.
Et puis il y a l'équité. Je trouve inadmissible que certaines équipes perdent quasiment un tiers de leur quinze majeurs pendant 5 ou 6 journées du championnat.