Gilles Belzons : « Si on me taille les veines, cela ne coule pas rouge mais orange et noir »

  • Gilles Belzon : « Si on me taille les veines, cela ne coule pas rouge mais orange et noir »
    Gilles Belzon : « Si on me taille les veines, cela ne coule pas rouge mais orange et noir » L'independant - Leblanc Philippe
Publié le , mis à jour

Au lendemain de la montée en Pro D2 du Racing Club narbonnais, le co-président du club Gilles Belzons s’est confié avec beaucoup d’émotions sur cette nouvelle étape.

Gilles, qu’est-ce que cela fait de remonter en Pro D2 ? 

C’est une joie immense ! Hier jusqu’à la 60ème minute je me suis permis de rester prudent, de ne pas trop rêver. Dans le dernier quart d’heure j’ai senti qu’on allait le faire et j’ai commencé à penser à la Pro D2. C’est là que l’émotion est arrivée. Tout ce que j’avais au plus profond de mon âme, c’est sorti à ce moment-là. Ce que je souhaitais de tout mon cœur depuis si longtemps était en train d’arriver. Ce club c’est ma vie depuis toujours et si j’ai accepté la présidence c’est pour vivre des émotions fortes comme celle-ci. 

Comment était l’ambiance dimanche dans les tribunes ? 

Cela faisait un an et demi que nous n’étions plus habitués à avoir du public dans les tribunes. C’était incroyable d’entendre les supporters dans les tribunes. C’était très électrique parce que les supporters narbonnais avaient une envie folle de revoir leur club en Pro D2 et du côté de Nice c’est un club historique qui est sorti des radars professionnels il y a bien longtemps, donc il y avait beaucoup d’envie également. Il n’y a pas eu de débordements c’est le sport qui l’a emporté mais c’était électrique il faut le dire. Cette victoire, c’est la victoire de tout un peuple narbonnais. 

Cela doit être une grande fierté pour vous de voir ce club de Narbonne retrouver la Pro D2 ? 

Quand on a repris le club, on était cinq copains qui se lançaient dans un pari un peu fou. On a décidé de le faire avec l’objectif de sauver le club. Il y a cette phrase que nous nous sommes dit : « On est tous là pour servir le club et non pas pour se servir du club ». Cette montée, c’est une grande fierté ! Ce club je l’ai dans les veines. Si on me taille les veines, cela ne coule pas rouge mais orange et noir. C’est viscéral. J’ai souffert avec ce club, j’ai vu le maillot devenir orange pale… Aujourd’hui, revoir ce maillot retrouver sa couleur orange vif, c’est la plus belle chose qui pouvait arriver. Je suis amoureux de mon club et de ma ville. 

Vous êtes resté très prudent pendant longtemps à propos d’une possible montée en pro D2. Pourquoi ? 

Je suis quelqu’un de très superstitieux et en même temps fougueux. En 2007 quand j’étais manager, je voulais jouer la montée. Je ne m’en suis jamais caché et ça a été très mal perçu dans le milieu. Tout le monde se disait : « mais pour qui il se prend celui-là ». Avec les critiques je suis devenu plus prudent c’est vrai, ça m’a servi de leçons. 

Donc vous pensiez déjà à la Pro D2 ? 

La Pro D2 c’était notre objectif oui, on l’avait en ligne de mire depuis longtemps. On ne l’a jamais vraiment caché, si on lit entre les lignes on dit à plusieurs reprises que notre objectif c’est de monter le plus haut possible dans le classement. On a jamais voulu employer le terme Pro D2 pour pas que cela nous porte l’œil. Aujourd’hui on reprend notre place. Il y a une phrase qui dit : « Les grands clubs ne meurent jamais », c’est la vérité. 

Alors, ce projet Pro D2 où en est-il ? 

C’est bien beau d’avoir un vélo dans le garage mais il faut savoir pédaler ! (rires). Nous avons été obligés de nous préparer. Depuis trois mois on travaille en double, un classeur Nationale et un classeur Pro D2. On vient de jeter le classeur Nationale. Nous savons que cette année va être cruciale, il faut que le club s’enracine en Pro D2. 

Est-ce qu’il y a de nouveaux projets en ce qui concerne les infrastructures du club ? 

Oui, les infrastructures du parc des Sports doivent être retravaillées, notamment au niveau des loges. On veut que nos partenaires qui nous soutiennent depuis le début soient reçus comme il se doit. On aimerait aussi pourquoi pas améliorer le stade pour nos supporters, pour qu’ils soient plus proches du terrain et des joueurs. 

Économiquement parlant où en êtes-vous ? 

C’est tellement d’émotion sur le sport qu’on en oublie presque le côté financier. Ce qui est important, ce n’est pas d’être le club qui a le plus d’argent, mais d’être celui qui ne le dépense pas inutilement. On peut citer l’US Carcassonne comme exemple, ils ont un des plus petits budgets de Pro D2 et ils n’ont jamais joué la relégation. Aujourd’hui on se rend compte que ça peut marcher sans un budget énorme. En tout cas nos partenaires nous soutiennent toujours autant. 

C’est un staff totalement remanié que nous retrouverons pour la saison 2021/2022 ?

Laurent Balue et Patrick Pezery nous quittent oui, Brice Mach et Julien Seron vont prendre la relève du travaille accompli jusqu’ici. Julien avait un désir terrible d’avoir une équipe à lui donc c’était l’occasion pour cet enfant du pays. 

Où en est le recrutement ? 

On va encore travailler pour renforcer notre équipe. 80 % de l’équipe reste car ils se sont donné le droit d’aller jouer en Pro D2 et ils le méritent. On est obligé de se muscler au niveau sportif mais on veut aussi garder notre mentalité. Au niveau du recrutement, Louis-Benoit Madaule est le symbole de cette montée en Pro D2. C’est un gamin 100 % narbonnais, c’est énorme de le retrouver. Pour le reste je ne peux pas vraiment vous en dire plus, nous sommes en train d’y travailler. 

Paul, votre fils, joue actuellement à Soyaux Angoulême, vous aimeriez le voir rejouer en orange et noir ? 

Le papa que je suis te dirait oui, bien sûr. Mais je fais toujours la part des choses sur ce dossier. C’est d’ailleurs pour cela que je laisse cette partie du boulot à Marc Delpoux (NDLR co-président du RCN en charge notamment du recrutement). Aujourd'hui, Paul est encore sous contrat à Soyaux, où il est bien et je remercie le président que j'ai encore eu au téléphone il n'y a pas longtemps, qui a adopté Paul comme si c'était son fils. 

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Manon Moreau
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