Les Reds ont trouvé la formule

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    Les Reds ont trouvé la formule Steve Haag / Icon Sport - Steve Haag / Icon Sport
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La montée en puissance des Queensland Reds s’est confirmée ce week-end avec une victoire probante sur les Chiefs (40-34). Maintenant dominatrice, la franchise de Brisbane a parcouru un long chemin pour en arriver là.

Qui d’autre que les Reds aurait pu mettre fin à l’hégémonie néo-zélandaise ? Alors que les Australiens n’avaient remporté aucun match dans ce Super Rugby Trans-Tasman, les Maroons ont débloqué le compteur face aux Chiefs (40-34). Un résultat peu surprenant puisque la franchise du Queensland a remporté le dernier Super Rugby AU et s’affiche comme une des équipes sudiste en grande forme. Chose qu’il n’était pas aisé d’imaginer seulement quelques petites années en arrière lorsque les Reds étaient parmi les pires équipes du Super Rugby.

Mais à la fin de l’année 2017, un homme a tout changé : Brad Thorn. L’ancien joueur, qui a tout gagné dans sa carrière, est arrivé sans certitudes  mais avec une idée claire : tout reconstruire. Ainsi, les Reds se séparent de joueurs comme Quade Cooper ou encore Karmichael Hunt pour miser sur la jeunesse et faire table rase du passé. Le développement de jeunes talents est un processus qui prend un certain temps avant que les premiers résultats apparaissent. Pour Thorn, c’est dès 2020, après l’arrêt du Super Rugby en réaction à la crise covid, que tout s’accélère. « À ce moment-là, nous sommes devenus un groupe très proche », raconte le coach. Un état d’esprit de groupe, qui se ressent sur le terrain. Les pépites se révèlent les unes après les autres. Jordan Petaia (21 ans) et Hunter Paisami (23 ans) explosent et sont sélectionnés avec les Wallabies, les talonneurs Brandon Paenga-Amosa (25 ans) et Alex Mafi (24 ans) dominent outrageusement et Liam Wright (23 ans) est un parfait cocapitaine.
Depuis février, d’autres noms s’affirment. Fraser McReight (22 ans), Seru Uru (24 ans), Josh Flook (19 ans) et surtout Tate McDermott. Le demi de mêlée de 22 ans incarne l’avenir. Vif et intelligent, il a tout pour devenir un beau nom du rugby australien, lui qui n’a connu que 2 sélections avec les Wallabies, en tant que remplaçant lors du Rugby Championship. Mais son association avec James O’Connor est forcément remarquée.

James O’Connor, le revenant

Parce que oui, le métronome de l’équipe, le plus gros talent, se nomme O’Connor. L’ancien Toulonnais était pourtant lui aussi loin d’être à son top en 2019, lors de son arrivée dans le Queensland. « Quand il est arrivé, je lui ai dit que je ne croyais pas que ce qu’on racontait sur lui », se rappelle Thorn. « En Europe, j’ai traîné une blessure à une cheville pendant quatre ou cinq ans. Je pesais 95 kg, ajoute O’Connor. À mon retour, j’ai fait de gros efforts pour retrouver ma vitesse de jambe. J’ai retrouvé confiance en moi. » Une confiance peut-être aussi liée à son repositionnement sur le terrain.

Arrière ou ailier de formation, il joue désormais à l’ouverture et est devenu un parfait animateur. Son jeu au pied est un des meilleurs du Super Rugby et s’en sert pour déstabiliser les défenses adverses. « Ma compréhension du jeu est en constante évolution. Mais le coup de pied croisé, par exemple, ne peut être réussi que si vos coéquipiers voient les espaces et font les appels. C’est un effort collectif. » Pourtant individualiste, de son propre aveu, dans la première partie de sa carrière, O’Connor est devenu un joueur plus collectif. Ce changement est dû à la nouvelle mentalité qu’a apportée Thorn mais peut aussi s’expliquer par le nouveau rôle que possède l’ouvreur : celui de cocapitaine. « James fait un travail fabuleux pour guider l’équipe », affirme son coach. À l’image de son ouvreur, qui a d’ailleurs marqué l’essai du titre en finale du Super Rugby australien, les Reds renaissent de leurs cendres et visent beaucoup plus haut. Ils sont en tout cas la meilleure franchise australienne du moment.

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Yanis GUILLOU
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