Biarritz attend sa rédemption depuis si longtemps

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Porté par l’euphorie provoquée par la victoire à Vannes et la détermination dont fait preuve ce groupe, le BO n’est plus qu’à 80 minutes de retrouver un Top 14 qu’il a quitté en 2014. Une victoire face à l’USAP viendrait récompenser le début d’un travail démarré il y a trois ans.

C’est un soir de mai 2014 que le Biarritz olympique, bastion historique du rugby français, a quitté le Top 14 par la petite porte. C’était après une lente agonie que tout le monde avait vu venir, que personne n’avait su stopper.

Sept ans, déjà, que le quintuple champion de France végète en Pro D2 ! Sept saisons de joies, de troubles, de doutes et de projets successifs qui sont passés, sur la Côte basque, avec plus ou moins de réussite.

Sept ans plus tard, en ce samedi de juin 2021, le club basque a l’occasion de retrouver l’élite. Pour cela, il faudra battre Perpignan.

Aldigé : "En une action, Gavin Stark a fait basculer le travail de trois ans"

Le projet mis en place depuis trois ans par la famille Gave, propriétaire du club, est en passe de réussir. Elle l’a redressé financièrement, lui a donné les armes pour obtenir son meilleur classement en phase régulière (3e avec 91 points) et désormais, le BO n’est plus qu’à 80 minutes de retrouver l’élite. Une heure vingt pour venir valider un travail démarré à l’été 2018. "J’ai toujours l’habitude de dire qu’en rugby, ce sont des cycles de trois ans. Pour nous, c’est donc le résultat du premier cycle, affirme Jean-Baptiste Aldigé. Mais cette finale n’est pas une fin en soi. Juste une satisfaction professionnelle, à laquelle s’est greffée une immense émotion dimanche, quand Gavin (Stark) a déchiré le rideau vannetais. En une seule action, il a fait basculer trois ans de travail. D’une saison réussie, on est passé à quelque chose de très, très réussi."

Depuis juin 2018, le président biarrot œuvre au quotidien pour bâtir un effectif de qualité, afin de vivre ces moments-là. En octobre de la même année, au sujet des ambitions de montée, il nous expliquait : "Ça ne peut pas se prévoir avec cette forme de championnat […] Aujourd’hui, il faut être capable de construire une équipe et une identité de club qui soient la même entre celle qui gagnera la finale de Pro D2 et celle qui bataillera les années suivantes pour conserver sa place en Top 14. […] Il faut que chacun croit au mec d’à côté pour qu’ensemble, ils créent une identité assez forte afin de vivre leur aventure et leur histoire."

Guerre et détermination

Aujourd’hui, le président identifie un moment clé dans la bascule du projet. L’arrivée de Steffon Armitage (octobre 2019). "Avant, nous étions dans l’état des lieux, l’audit, raconte-t-il. Nous récupérions une équipe que nous n’avions pas choisie. Il n’y avait pas de mauvais joueurs ou de mauvais gars, là-dedans. Personne ne trichait. C’est juste que le puzzle n’était pas bien assemblé." Il l’est désormais et semble prêt à aller au bout. Même si rien de cela n’était écrit, en début de saison. L’Usap était programmée pour atteindre cette finale. Les Biarrots, non. Comment y sont-ils arrivés ? Grâce à un groupe qui se sent fort et une euphorie incroyable, qui peut vous permettre de renverser des montagnes.

Depuis le début de ces phases finales, les Rouge et Blanc sont déterminés et le font savoir. Dans ses prises de paroles face à la presse, le capitaine Armitage dégage une forme de sérénité. L’international anglais (5 sélections) apparaît comme en mission. Remonté. Morceaux choisis : "On n’a qu’un seul objectif, c’est d’aller au bout" avant le barrage; "on est prêt, on n’a peur de personne" la veille de la demi-finale; "j’ai des guerriers autour de moi et je peux aller à la guerre avec eux. Je sais qu’ils ne lâcheront jamais. C’est la chose dont je suis le plus fier" après la victoire à Vannes.

En réalité, ce discours assumé, loin d’être arrogant, est le reflet du caractère qui anime cette équipe depuis deux ans et qui va puiser sa force dans l’adversité. Seule, contre tous ? "On se bat quand même chaque jour pour exister sur un territoire qui ne veut pas de nous, détaille Aldigé, dont le slogan est "pour nous, par nous". Même si nous ne sommes qu’une ville de 25 000 habitants, nous pouvons avoir un club de rugby professionnel. Notre maire a dit qu’une ville comme Biarritz ne pouvait pas en avoir. Ce n’est pas vrai. […] Tous les jours, se battre pour exister permet de créer un état d’esprit. Aller s’entraîner les matins en hiver et avoir la flotte qui tombe dans les vestiaires ou avoir un incendie à Noël qui nous grille la salle de musculation, parce que les radiateurs crament avec les infiltrations d’eau, ça crée un caractère. Si ça ne passe pas par les liens dans le groupe, la solidarité, le vivre-ensemble, il n’y a rien ni personne qui nous aidera."

Demain, ils seront néanmoins plusieurs milliers de supporters, dans la station balnéaire, à pousser derrière les "BOys". Pour retrouver le Top 14, ramener un bout de bois à Biarritz, quinze ans après le dernier et voir les rues de la ville se remplir de rouge et blanc.

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Pablo ORDAS
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Les commentaires (1)
mounbout Il y a 1 année Le 05/06/2021 à 12:19

C'est vraiment l'enfer le rugby professionnel. Il va nous faire pleurer ce président. On n'imaginait pas la vie si dure à Biarritz. J'invite les mal logés, les mal nourris, les mal employés à solliciter Mr Aldigé. Avec ce qu'il vit sur la Côte Basque, il saura être à l'écoute de leurs difficultés et les aider avec l'argent de la famille Gave, qui aimerait bien, elle, se gaver avec l'argent du contribuable.