Perpignan - Biarritz : le sommet des Pyrénées

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    Perpignan - Biarritz : le sommet des Pyrénées Independant - Clementz Michel
Publié le , mis à jour

Le Pro D2 va avoir droit à la finale la plus prestigieuse de son histoire, ce samedi, à Montpellier. Les deux monuments du rugby français vont en découdre pour retrouver l’élite. Emotions garanties.

Cette finale du Pro D2 édition 2020-2021 va entrer dans l’histoire. Avant même son coup d’envoi et le feu d’artifice émotionnel et rugbystique qui va en découler. Depuis 2000 et la professionnalisation de la deuxième division, jamais autant de Boucliers de Brennus n’avaient été rassemblés sur une même pelouse, à cette occasion : samedi, ce sont deux clubs cumulant douze titres de champion de France qui fouleront la pelouse du GGL Stadium, sept pour les Perpignanais, cinq pour les Biarrots.

Aucune autre lutte pour le titre n’avait emmené les spectateurs à de tels sommets d’excitation et de prestige, même le Perpignan — Grenoble de 2018 ou le Toulon — Mont-de-Marsan de 2008. Parler de finale idéale serait faire injure à l’enthousiasme rafraîchissant de Vannes et à la détermination des Oyonnaxiens, entre autres, mais le rugby français ne pouvait espérer affiche plus clinquante pour cette ultime bataille d’un exercice 2020-2021 qui n’aura ressemblé à aucun autre. Les 1 000 privilégiés amenés à s’asseoir dans les travées de l’enceinte héraultaise vont assister à une confrontation de deux places fortes à la trajectoire peu ou prou semblable depuis le début du siècle : après une décennie passée à tenter de conquérir un maximum de titres, Catalans comme Basques se sont fracassés sur la deuxième vague du professionnalisme, initiée par la montée en puissance des Clermont, Toulon, Racing 92 et autres Lyon. Tous deux sont déterminés à retrouver la place qui est la leur, dans l’élite du rugby.

Au-delà du palmarès, ce sont deux entités, deux identités aussi, qui vont s’entrechoquer dans l’Hérault. Qu’on les aime ou pas, ils ne laissent pas indifférents. Et attirent donc l’attention. Ces deux clubs à l’ancrage très marqués paraissent à la fois si proches et éloignés, aux deux extrémités des Pyrénées, avec la sereine Méditerranée d’un côté et le tumultueux Atlantique de l’autre. Ironie de l’histoire récente, Biarritz la paisible, imperturbable sous l’ère Blanco, n’en finit plus de défrayer la chronique sous la nouvelle présidence quand la volcanique Usap s’est apaisée sans pour autant perdre sa fougue. À chacun sa route, chacun son chemin. Ces deux voies opposées ont mené cet ambitieux petit monde au même stade de la compétition. Voilà bien le plus important, par-dessus tout.

L’Usap en favori, le BO en trouble-fête

Tout se jouera donc sur quatre-vingts minutes ce samedi. Incontestablement, qu’ils le veuillent ou non, les Catalans s’avancent avec l’étiquette de favori collée dans le dos. Comment pourrait-il en être autrement ? L’Usap a terminé largement en tête du classement, possède la meilleure attaque et défense de la division et aura certainement l’avantage du nombre en tribunes. Elle est portée par des jeunes talentueux — Jaminet, Walcker, Dubois, Pujol… -, par des internationaux en puissance — De La Fuente, Lam, Volavola… — et par des joueurs à l’expérience inestimable — Chouly, Acebes, Fa’asalele… — Elle a tout pour réussir, peut-être même plus qu’en 2018. Et elle mérite assurément plus que quiconque de revenir en Top 14, après deux saisons pleines dans l’antichambre. Oui mais, en face, le Biarritz olympique s’avance avec le profil de trouble-fête par excellence. D’enquiquineurs, pour ne pas dire autre chose. Demandez donc aux Vannetais, foudroyés par le dénouement cruel de La Rabine. Les Bretons, aussi, auraient mérité d’aller à Montpellier au regard de leur parcours et de la première heure de la demi-finale, assez nettement à leur avantage. Sauf que, avec ce BOPB, inconstant mais imprévisible, il faut s’attendre à tout. L’essai venu d’ailleurs inscrit par l’ailier néo-zélandais au nom de super-héros, Gavin Stark, en a fourni une fois de plus la preuve.

Décidément, les Biarrots ne reculent devant rien ni personne. Et peuvent surprendre tout le monde. Ça a été trop souvent le cas en coulisses, ces derniers temps, où ils n’auront eu de cesse de susciter la polémique, entre les combats incessants avec la mairie et la lubie passagère d’un déménagement à Lille. Mais c’est aussi et surtout le cas sur le terrain, là où s’écrit la vraie histoire, heureusement. Il suffit d’un coup d’œil sur la feuille de match pour comprendre que rien n’est joué d’avance avec les pensionnaires d’Aguilera. Autour d’Armitage, Saili, Speight, O’Callaghan et d’une pléiade de joueurs chevronnés ou revanchards, les Basques possèdent suffisamment d’atouts dans leur jeu pour déjouer les pronostics. La maison rouge et blanche a beau s’être mise à dos une bonne part de son public et avoir perdu en cote d’amour, elle n’en reste pas moins une machine à gagner. Les Sang et Or sont prévenus. Une semaine après avoir réduit à néant le rêve de toute la Bretagne, Steffon Armitage et ses partenaires entendent désormais éteindre la furia catalane pour retrouver l’élite, sept ans après l’avoir quittée, sur une défaite… à Aimé-Giral. C’était une autre époque. Place au futur maintenant.

Alors, Perpignan ou Biarritz ? Un match acharné ou une démonstration de force ? Quoi qu’il arrive, ce samedi, sur la pelouse du GGL Stadium, cette finale de Pro D2 est prédestinée à marquer l’histoire.

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