Le miracle palois, l’effondrement toulonnais : la folie d'un soir

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    Le miracle palois, l’effondrement toulonnais : la folie d'un soir.
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Cette 26e et dernière journée de la phase régulière fut d'une rare intensité. Il y avait tout : du suspense, des rebondissements, de la joie et des larmes. Jusqu'au bout, au Hameau, à Jean-Dauger, à Pierre-Fabre ou à Marcel-Michelin, les acteurs de ce Top 14 ont tenu le public en haleine. 

Mais quelle folie ! Cardiaques, s’abstenir… Le problème, c’est qu’il aurait fallu prévenir plus tôt. La logique aurait voulu d’exposer les conclusions de cette soirée totalement dingue en commençant par le haut du classement. Mais puisqu’il n’y avait aucune logique ce samedi soir… Autant démarrer par la fin. Par ces dernières minutes incroyables. D’abord du côté du Hameau, à Pau, où les Béarnais sont allés arracher leur maintien au bout du bout du suspense. Grâce à un essai, dans les arrêts de jeu, de Matt Phillip. Celui du bonus offensif au terme d’un vrai festival durant lequel la Section a tout vécu ou presque. Rapidement à l’abri, cinq points en poche, elle s’est fait sacrément peur, jusqu’à voir Montpellier revenir à hauteur. Mais la fin de match fut complètement à l’avantage des « Verts », au point de s’offrir l’impensable (41-25).

Le truc ? C’est que les Palois n’avaient pas leur destin entre les mains. Il fallait espérer que leur miracle passe aussi par Jean-Dauger, où l’Aviron bayonnais s’est incliné in extremis (9-12) face au Stade français. Ce bonus défensif qui sauvait les Basques… jusqu’à l’essai fatidique de Phillip. Pourtant, les hommes de Yannick Bru ont longtemps maîtrisé leur sujet. Du moins au tableau d’affichage… Car, au moment de regagner les vestiaires à la pause avec six points d’avance (9-3), ils le devaient aussi aux trois échecs au pied de Joris Segonds. Mais celui qui a finalement terminé deuxième meilleur artilleur de cette phase régulière (derrière Benjamin Urdapilleta), a réglé la mire ensuite pour concrétiser la domination parisienne en deuxième période. Les soldats roses, auteurs d’une remontée exceptionnelle, verront les phases finales pour un derby qui fait saliver (on y reviendra…). Mais, en parlant de derby, la côte basque sera en fusion (désolé pour le jeu de mots !) durant la semaine qui s’ouvre. Biarritz recevra Bayonne. Et un seul sera en Top 14 la saison prochaine.

 

Castres, si beau, si cruel

En fin de rencontre, l’arrière bayonnais Gaëtan Germain a également raté une pénalité qui aurait assuré le match nul et la survie dans l’élite. Au-delà, elle aurait propulsé le Stade français hors du top 6. Oui, un nul n’aurait pas suffi… Parce que, comme à Pau, Castres s’est offert le bonus offensif à l’ultime seconde grâce à Filipo Nakosi. Un bonus presque inespéré quand on sait que le CO était mené 17-0 sur sa pelouse par Toulon après seulement vingt-deux minutes ! Un bonus qui aurait pu faire basculer les Tarnais dans une autre dimension… Mais ils devront se contenter, sur le fil, de la septième place finale, synonyme de qualification pour la Champions 2021-2022. C’est exceptionnel, au regard de la renaissance de cette équipe qui pointait à la 13e position du classement fin décembre. Mais, échouer à une toute petite longueur d’un billet pour croire au Brennus, c’est cruel. Surtout quand on surclasse de la sorte un RCT le couteau entre les dents. Mais comment les Varois ont-ils pu s’écrouler ainsi ? Au quart du dernier match de cette saison, le plus important, c’est une voie royale qui se présentait devant eux pour que, justement, ce ne soit pas le dernier. Mais voilà, ce Toulon a volé en éclats. Charles Ollivon s’est effondré en première mi-temps, visiblement touché à un genou. C’était malheureusement un présage… Son équipe a encaissé un cinglant 48-24 à Pierre-Fabre. Tout ce que son adversaire a su faire, c’est ce qu’il a manqué au RCT. Du caractère et de la révolte. Au terme d’un exercice forcément décevant, comme en 2019, Toulon ne sera pas en phase finale. Il ne sera même pas en Champions Cup la saison prochaine.

 

Toulouse et La Rochelle, un direct pour Lille

En haut du classement, alors ? Allez, venons-y enfin. Et il sera aisé d’expédier le dossier Stade toulousain. Leader avant la journée, leader après. Et les champions d’Europe n’ont même pas eu le temps de trembler à Chaban-Delmas où l’Union Bordeaux-Bègles, à moins d’un improbable méli-mélo mathématique, savait ce qui l’attendait pour la suite : un barrage à domicile. Peut-être ce qui a poussé Christophe Urios à laisser son chef d’orchestre Matthieu Jalibert sur le banc. Les Rouge et Noir ont fait le travail, l’emportant 21-10, et vont profiter d’un week-end de repos bienvenu. Dans deux semaines, ils seront en demi-finale à Lille, où ils affronteront… l’UBB ou Clermont. Parce que les Auvergnats ont réussi à conserver leur cinquième place, grâce à leur succès contre La Rochelle (25-20). Ils auraient pu tout perdre en cas de défaite, ce qui aurait envoyé Franck Azéma vers une sortie par la petite porte… Tout n’a pas été parfait ce samedi soir, à l’image de cette saison, mais l’ASMCA - même malmenée - a su rester consistante pour vivre une dernière demi-heure plutôt confortable. Le succès est mérité. Clermont sera là et bien là. Les frayeurs ont d’ailleurs davantage concerné ses adversaires rochelais… A deux minutes de la sirène, eux n’avaient plus droit à la fameuse semaine de repos, comme le Toulouse qui les a battus en finale de Coupe d’Europe.

 

Place au « Fickoutico »

Comme les derniers champions de france, les Maritimes avaient néanmoins envie – et besoin – de souffler. Alors, il a fallu une ultime pénalité, de Jules Le Bail en l’absence de Jules Plisson et Ihaia West, pour permettre aux hommes de Jono Gibbes d'arracher le deuxième billet pour une demi-finale directe. Cela s’est joué à rien, vraiment rien, puisque La Rochelle et le Racing 92 ont terminé à égalité de points. Mais le premier a l’avantage des poins terrain sur les confrontations entre les deux formations. Frustrant, évidemment, pour les Franciliens qui ont rempli leur part du contrat. Face à un Brive un brin démobilisé, les Ciel et Blanc ont fait le plein. De points, d’essais et de confiance. Une très large victoire (55-12), bonus offensif à la clé, qui envoyait les troupes de Laurent Travers à Lille jusqu’à la 78e minute. Mais Jack Lorenzetti a dû retirer l’option sur les places de TGV après le coup de pied de Le Bail. Ce qui attend son équipe ne manque pourtant pas de piment. Certains auront vite fait de surnommer ce barrage le « Fickoutico ». Pas sûr que cela n’incite l’international français à se marrer. Car chacun reconnaîtra que la situation est incongru… Le Racing 92 accueillera le Stade français dans une Arena qui n’aura sûrement jamais aussi bien porté son nom. Le vainqueur de ce duel fratricide (enfin, pas tant que ça…) retrouvera La Rochelle dans le Nord. Et il sera par la suite question du Stade de France. Mais, après tant d’émotions, il est d’abord temps de reprendre ses esprits.

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