Bourg-en-Bresse : à jamais les premiers

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    Bourg-en-Bresse : à jamais les premiers - JEAN FRANCOIS BASSET
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Des mecs soudés autour d’un projet de "rugb-vie" en collectivité et qui font de leur cohésion et de leur foi en ce plan une force qui rejaillit sur le terrain. Cela peut paraître cliché mais l’étoffe du premier champion de Nationale s’est tissée sur ce canevas. Heureux de jouer ensemble et comblés d’être sacrés collectivement.

Des frissons au moment de soulever le bouclier. Un refrain de champion, la chanson des Violets, le bout de bois qui passe de mains en mains. Bref, du partage. Samedi 5 juin au stade Rajon, les Bressans communient avec leurs supporters le premier titre de Nationale, décroché devant Narbonne (26-16). Comme la semaine précédente au stade Verchère pour fêter la montée en Pro D2 après avoir dominé Albi (36-16). "Notre projet est basé sur le partage donc c’était bien de retrouver nos supporters", lance l’entraîneur Yoann Boulanger. Si les Bressans se transcendent, poussés par une partie de leur public sur deux matchs décisifs, ils ont réussi à se construire dans une sorte de huis clos quotidien. Cette réussite se nourrit des notions suivantes : cohésion, adaptation, expérience, plaisir, partage et transmission.

Cohésion : de solides fondactions

La cohésion comme fondations. "La spécificité de l’équipe c’est qu’elle se connaît très bien, rappelle l’entraîneur des avants Thomas Choveau. Il y a une base et globalement, on travaille dans le même état d’esprit au niveau de la relation et du projet de jeu que les saisons précédentes." L’équipe se sert de son vécu, avec des passages très enrichissants comme la dernière aventure en Pro D2. "On a continué de progresser sur notre jeu et notre expérience malgré la descente, reprend le technicien. Car il n’y a pas eu d’explosion après celle-ci." Une précieuse stabilité. "C’est vraiment une force d’avoir une continuité dans notre effectif, confirme Yoann Boulanger. Les joueurs se connaissent plus et il y a une grosse cohésion."

Bourg-en-Bresse : à jamais les premiers
Bourg-en-Bresse : à jamais les premiers

Cette cohésion se matérialise par une défense de fer. Le Narbonnais Léo Griffoul confirme dans une grimace : "Bourg a une défense incroyable." C’est un socle. Outre l’organisation efficace, les joueurs mettent du cœur à l’ouvrage. Le deuxième ligne Cyril Veyret se souvient "des dernières séquences où nous ne lâchons rien à Massy ou à Dax en fin de saison. Notre défense est un fil rouge, un vrai point fort." On ne compte plus les matchs où les Violets se sont retrouvés acculés dans leurs 22, subissant sans rompre. Avant finalement de gratter un ballon ou une pénalité par un Lyons, Jullien, Harmse ou Doy. "Cela fait du bien de combattre tous ensemble" confiait Pierre Santallier après un succès préservé face à Albi lors de la phase aller déjà.

Dans une (courte) période où Bourg souffre, cette force est précieuse. Après deux défaites devant Massy et Nice, Bourg préserve un succès devant le CSBJ fin mars. "On s’accroche pour ne pas perdre, souffle Thomas Choveau. Quand il y a des moments un peu plus faibles, on ne lâche pas." Au moment de regarder dans le rétro, il est évident que les fins de matchs à Massy, à Dax ou face à Bourgoin servent ensuite lors de la première période face à Albi ou de la seconde face à Narbonne.

Le sens de l'adaptation

Bourg a le sens de l’adaptation. Alors que le championnat est en pause en novembre-décembre, les Violets avancent. "On a très bien géré cette période" confirme Thomas Choveau. Faire une préparation à ce moment-là n’est pas évident. Mais l’équipe évolue, en termes de rugby mais aussi de vie de groupe, grâce aux installations à disposition. Les Burgiens continuent de bâtir et sont prêts pour la reprise. De l’adaptation, le staff doit aussi en faire preuve quand les absences touchent les mêmes postes. L’arrière Dupont dépanne à l’ouverture en début de championnat, Cailleaud s’applique à compenser les absences de Doy et Perret tandis que le pilier gauche Martin doit même devenir pierre angulaire à droite de la mêlée. Pour défier Aubenas en avril, l’USB n’a en effet que trois piliers et aucun droitier de métier. "Cela ne m’est jamais arrivé", sourit Yoann Boulanger juste avant le match. Habitué à mettre son équipe un peu dans la difficulté à l’entraînement pour lui apprendre à gérer les aléas en match, le coach fait face. Bourg en ressort victorieux. Ce staff aime relever des challenges, les joueurs aussi. "Dans une période compliquée, les mecs ont assuré, apprécie Cyril Veyret. Là, on peut voir que notre collectif répond. Même si certains n’évoluent pas à leurs postes, ils y vont quoi !". Et lorsque des joueurs font leur retour comme Doy ou Erasmus, cela devient de la valeur ajoutée pour l’équipe. "Le retour de Ben Doy est primordial, estime Émile Cailleaud. Il fait des carreaux, apporte sa densité physique et sera un des leaders de l’équipe pendant pas mal d’années."

Le poids de l'expérience

Si les Burgiens réussissent aussi bien à s’adapter, c’est grâce à leur expérience commune. Naturellement, le groupe hausse le curseur de l’exigence en fin de saison. Depuis Dax le 17 avril, cela est perceptible. Ce déplacement résonne un peu comme un début de phases finales. Dax est dans une superbe dynamique. "Et là on fait un match très sérieux, très costaud, de pénibles, apprécie Thomas Choveau. On ne tue pas ce match mais, nous avons encore la résilience pour résister sur la dernière séquence". "Cette rencontre est intéressante car elle nous pose question sur le plan offensif, explique Émile Cailleaud. Et cela se corrige vite sur les matchs suivants". Par des ajustements. "Et à l’intérieur d’une rencontre nos joueurs sont capables de réguler" détaille Yoann Boulanger. Son binôme Thomas Choveau embraie : "Ceux que nous recrutons s’adaptent aussi à ce qui se passe et prennent bien le train en marche. Ainsi, globalement nous ne doutons pas trop de nous et savons ce que nous pouvons faire a minima." Cette expérience sert pour ne pas s’affoler. Comme en demi-finale contre Albi. "Ne pas paniquer, garder confiance et rester dans notre stratégie" énumère le coach. À la mi-temps (6-9 en faveur d’Albi), tout le monde reste très calme. Hugo Dupont trouve les mots pour inciter à se libérer : "Il n’y a pas le feu, les solutions nous les avons. Il suffit d’enclencher le truc pour que les mecs se jettent à l’abordage." Ce sera chose faite avec un succès 36-16.

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La notion de plaisir

Cette "demie" est une forme d’apothéose. "Collectivement, nous avons fait la différence, s’enthousiasme Thomas Choveau. Les joueurs se libèrent, on rebascule dans ce qu’on voulait depuis deux saisons". "C’est un collectif qui fait péter un autre collectif, apprécie le centre Émile Cailleaud. Avec une sensation de puissance". Bourg inflige 30 pions à Albi en une période, en mettant en pratique ce que martèle sans cesse Yoann Boulanger : "Soyez entreprenants et vous-même". Comme à l’heure de jeu en finale devant Narbonne où les séquences offensives s’enchaînent. "Et cela vient au terme d’une saison maîtrisée de A à Z, reprend Cailleaud. Nous bossions en nous disant que nous serions prêts au bon moment. C’est la saison la plus aboutie depuis longtemps. Et c’est pour cela que je pense que le groupe est plus armé qu’il y a trois ans pour monter."

Partage et transmission

Pour avancer, l’USB mise aussi sur sa courroie de transmission. Les "jeunes" prennent de l’étoffe, les "anciens" jouent le jeu pour transmettre. "Des Doucet, Doy, Viard, Campeggia… ont pris les choses en mains, énumère Émile Cailleaud. J’ai l’impression qu’il y a un truc dans le groupe qui va perdurer. Peu importent les bonshommes, cela va se transmettre". Avec sa victoire en finale, Bourg finit sur 8 succès consécutifs. "Ce qui est intéressant, c’est l’évolution de notre équipe, souffle à son tour Hugo Dupont. Avec sur le terrain, 15 joueurs qui se disent moi je vais faire avancer l’équipe. C’est fort d’être entouré par des mecs comme cela. Vivre cela et partager tout cela avec des hommes valeureux et toute une ville est une expérience incroyable". Ce frisson ressenti ce n’est pas donc seulement ce bouclier, mais aussi les hommes qui le soulèvent.

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Julien VEYRE
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