Joli brevet de résistance

  • Antoine MIQUEL face à Bordeaux
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Publié le , mis à jour

Dominé dans la possession, le Stade a montré bien des ressources. et Miquel et Meafou ont montré qu’ils frappaient à la porte des phases finales.

Ils n’ont pas craqué. Les Toulousains ont joué en vrais champions samedi soir à Bordeaux, même s’ils n’ont pas dominé la partie, loin de là. On nous avait glissé avant la rencontre que ce Stade toulousain-là aurait des problèmes et qu’il se contenterait volontiers d’un point de bonus défensif arraché à l’emporte-pièce pour préserver sa qualification en demi-finale. On évoquait un pack affaibli avec l’absence des jumeaux Arnold, de Clément Castets et Dorian Aldegehri. De leurs côtés, Cyril Baille, Charlie Faumuina et Jerome Kaino avaient été placés sur le banc, comme pour ne pas trop s’exposer. C’est le paradoxe de ces joueurs si forts : ils sont si forts, justement, qu’ils ne jouent pas toujours. Charlie Faumuina, par exemple, est toujours économisé avant les matchs capitaux. « De plus, lui et Jérôme Kaino se connaissent tellement bien que nous sommes sûrs qu’ils ne perdront pas le rythme de la compétition s’ils sont économisés », nous glissa un membre du staff toulousain.

Peato Mauvaka aussi était au repos, tout comme Iosefa Tekori. On nous a expliqué aussi que dans certaines phases, comme les mauls organisés par l’adversaire, Thibaud Flament pouvait être un peu court, lui qui a découvert le jeu d’avants sur le tard. Alors oui, le Stade a un peu souffert en conquête directe mais il a efficacement résisté à plusieurs défis des avants bordelais. Nous pensons justement à plusieurs mauls après touche qui sont restés vains, à une série de pick and go en fin de première mi-temps que les Girondins n’ont pas su faire fructifier.

Meafou et Miquel en fers de lance

Les aléas de la rencontre ne sont pourtant pas allés dans le sens des Toulousains car la possession fut largement bordelaise. Ce match devait donc se gagner en résistance. « La défense est le gros point positif de cette partie. Il est sûr que la touche ne nous a pas permis de faire de beaux lancements. C’est vraiment la solidarité collective, sur tous les points de combat, qui nous a servis. On travaille beaucoup avec Laurent Thuéry et ça a porté ses fruits », détaillait Antoine Miquel, numéro 8 brillant et encore méconnu du grand public. Il tenait à préciser : « Je n’étais pas inquiet car quand nous avons pu placer quelques offensives à la toulousaine, nous les avons mis à mal. » C’est exact, l’ancien joueur d’Agen fut l’auteur de la percée décisive qui aboutit au premier essai de Toulouse conclu par le deuxième ligne australien Emmanuel Meafou. Miquel et Meafou ont été les grandes attractions de cette rencontre. Ils avaient une chance à saisir avant les phases finales et ils n’ont pas caché leur potentiel. Quand on pense que ces deux hommes n’étaient pas sur la feuille de match de la finale de la Champions Cup, ça donne une idée du réservoir dont dispose Ugo Mola. Samedi, ils ont tout fait pour frapper à la porte de l’équipe fanion. Mais on apprenait dimanche qu’Emmanuel Meafou souffrait d’un pied (c’est ce qui expliquait sa sortie au profit de Kaino). Il a quinze jours pour s’en remettre.

Un essai de toute beauté, un deuxième refusé de peu

Mais les Toulousains, même bousculés, même mis sous pression, ont repris l’autoroute A 62 la tête haute. Leur qualification et leur première place, ils ne l’ont pas obtenue à l’économie. Parce que sans possession, ils ont brillé par leur défense. Mais Clément Poitrenaud l’a bien précisé en conclusion de ses déclarations, on a aussi vu de quoi les attaquants étaient capables : « Oui, notre premier essai a été très beau. Vous savez, après ce match, je ne suis pas inquiet quant à notre capacité à porter le ballon. Encore faut-il qu’on l’ait dans les mains. C’était assez frustrant car nous avons fait de beaux mouvements malgré tout. J’ai aussi en mémoire cet essai refusé en début de seconde mi-temps pour un en-avant de passe. L’action était partie de loin et nous avions su faire vraiment vivre le le ballon sur ce coup-là. » Cette action au long cours avec balayage, on ne peut nier sa beauté.
Toulouse n’a pas gagné à l’économie, ce sont les aléas du match qui ont dicté leur loi. Les Toulousains semblaient d’ailleurs s’y attendre comme s’ils avaient anticipé la domination adverse. Et finalement, c’est peut-être Christophe Urios (pas spécialement proche du club) qui leur a rendu l’hommage le plus significatif : « Cette équipe était venue pour plaquer. Elle l’a très bien fait. »

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