Narbonne, retenir le meilleur

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    Narbonne, retenir le meilleur. - JEAN FRANCOIS BASSET
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Le seizième homme narbonnais n’avait pas fait les choses à moitié. Un maillot géant recouvrait la partie d’une tribune vide du stade Pierre-Rajon et il a vibré pendant quatre-vingts minutes, poussé avec ses joueurs pour espérer bousculer les pronostics et se farcir le poulet bressan. Et au coup de sifflet final, il est allé réconforter ses favoris, à commencer par l’ouvreur, Boris Goutard, l’un des Narbonnais les plus expressifs dans la défaite. Quand ses coéquipiers restaient debout, sonnés, le regard hagard, s’allongeaient au sol les mains sur le visage ou mettaient un genou au sol, la tête baissée, le numéro 10, à genoux sur la pelouse, frappa plusieurs fois le sol à coups de poings pour évacuer sa frustration.

« Tout se mélange au coup de sifflet final, expliquait-il un peu plus tard, une bière à la main. Ce n’était pas pour nous aujourd’hui… Il y a beaucoup de déception, de frustration. Une finale ne se joue pas, elle se gagne. Mais il faut un gagnant et un perdant. À l’arrivée, Bourg-en-Bresse l’emporte. Il faut les féliciter. Ils ont fait un gros match. »
 

La der de Recordier

C’était le sentiment général partagé par les joueurs et les supporters, comme Fabrice, agent hospitalier et pompier volontaire, heureux d’avoir fait le déplacement jusqu’à Bourgoin, ou encore Raphaël, partagé entre la déception de la défaite en finale, et le fait d’avoir pu assister à l’événement après une demi-saison de huis clos. « Au final, le club retrouve la place qui est la sienne, en Pro D2 et c’est le principal », expliquait le deuxième. Après avoir disputé le dernier match de sa carrière professionnelle sur la pelouse où elle avait débuté, le troisième ligne Mickaël Recordier, entouré de ses proches, relativisait aussi la défaite.

« Je ne pouvais pas rêver mieux sauf bien sûr gagner le titre, souriait-il. Il y a eu cinq minutes un peu dur après le match. C’est normal. Quand on est compétiteur, on veut gagner ! Nous sommes déçus. On ne va pas se cacher. On n’a toujours envie de gagner une finale. Mais je pense que nous pouvons être fiers de notre parcours. Nous étions neuvièmes en janvier. Peu de personnes nous voyaient monter en Pro D2. Nous avons fait une demi-saison monstrueuse. Il faut retenir notre fierté et la montée en Pro D2. Nous avons créé un groupe soudé. C’est l’essentiel. »
 

Revenus de très loin

L’histoire aurait pu être exceptionnelle, elle sera juste belle, belle comme cette année 2021 où les Narbonnais sont revenus de très loin pour échouer pas loin du bout de bois. « Les joueurs ont mis toute l’énergie qu’il pouvait, jugeait le coach Patrick Pézery. Nous n’avons pas le même effectif que Bourg-en-Bresse. Pour autant, nous n’étions pas si loin que ça. Il nous manquait un nombre important de joueurs puisque ni la Fédération ni Bourg-en-Bresse n’ont voulu avoir un comportement sportif… Une fois la frustration passée, nous retiendrons la belle saison réalisée par les joueurs. J’ai dit aux joueurs qu’ils pouvaient être fiers de leur saison. C’est la réalité. Mais après ce match, chacun devait mesurer ce qu’il lui manquait pour passer ce cap supplémentaire, qui n’était pas si grand que ça… »


Ce temps de l’analyse devait venir plus tard. Samedi soir, l’heure était à la fête malgré tout, pour célébrer cette belle saison et cette belle aventure humaine.

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S. F.
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