Barrage : avantage au Pro D2 ?

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Histoire alors que les deux précédents matchs de barrage donnaient largement les treizièmes du top 14 comme favoris, ce sont à chaque fois les finalistes malheureux du pro D2 qui se sont imposés. Hasard ou coïncidence ? On s’est permis de le demander à Stéphane glas, fort de son expérience de héros magnifique en 2018 puis de dindon de la farce un an plus tard avec le FC Grenoble, pour qui les données de ce derby basque ne sont pas aussi simples…

À qui attribuer l’inconfortable statut de favori, en prévision du derby basque le plus épicé de l’ère professionnelle ? Si la logique voudrait que l’Aviron l’endosse de par son statut d’équipe de Top 14 face à des Biarrots émoussés qui disputeront leur 34e rencontre de la saison, le passé récent tend à prouver que les deux derniers barrages d’accession ont été favorables aux formations de Pro D2. Miracle ? Certainement pas à en écouter Stéphane Glas, témoin d’autant plus avisé qu’il était entraîneur du FC Grenoble lors de sa victoire face à Oyonnax en 2018 (47-22), avant de connaître la défaite une saison plus tard sur le terrain de Brive (28-22). « Entre l’équipe de Top 14 et celle de Pro D2, la dynamique est différente, jure l’ancien trois-quarts centre du XV de France. Celle de Top 14 est malheureusement "habituée" à perdre à l’extérieur quand celle de Pro D2 est normalement plutôt à l’aise à domicile. Et puis honnêtement, sur un match, il y a très peu d’écart de niveau voire pas du tout. Sur une saison entière, Bayonne est probablement supérieur à Biarritz comme nous l’aurions probablement été de Brive ou Oyonnax de nous, parce que la profondeur d’effectif est supérieure en Top 14. Mais sur un seul match, il n’y a pas vraiment de différence entre bas de tableau du Top 14 ou haut de tableau de Pro D2. »

Bayonne, un cas de figure différent

De fait ? C’est en premier lieu la capacité des équipes à répondre présent le jour J qui fait souvent la différence, dans un contexte où l’équipe de Pro D2 n’a plus grand-chose à perdre, à contrario de son homologue du Top 14. « Pour l’équipe de Pro D2, c’est toujours pareil : elle sort d’avoir pris un gros coup sur la tête parce qu’une finale, on la joue toujours pour la gagner. Dans notre cas en 2018, le coup avait été encore plus rude, parce que nous nous étions fait emporter en mêlée. L’expérience montre pourtant qu’on trouve toujours les ressources pour s’en remettre. » À l’image d’une chute à cheval, en somme, au sujet de laquelle on dit toujours qu’il faut remonter en selle au plus vite pour ne pas cogiter. Cette donnée mentale demeurant le principal écueil jusqu’alors rencontrée par les équipes de Top 14, à en écouter Glas. « Dans le cas d’Oyonnax en 2018 et dans le notre en 2019, nous avions plus ou moins « assurés » de la 13e place à quelques journées de la fin, et nous avions donc pu gérer notre effectif en vue de ce rendez-vous. Ce qui avait paradoxalement fait monter une pression négative… » Un cas qui n’est précisément pas celui de l’Aviron cette saison, ce qui aurait selon Glas tendance à rebattre en grande partie les cartes. « Le cas des Bayonnais est différent et cela ne sera peut-être pas plus mal pour eux, confirme Glas. Ils ont quelque part perdu un premier barrage, puisqu’une victoire contre Paris les aurait maintenus. Eux aussi ont pris un coup de bambou terrible, puisqu’ils n’ont basculé en barrages qu’après les arrêts de jeu à Pau ! Mais au moins, ils n’ont pas cogité sur ce rendez-vous depuis plusieurs semaines. »

Le facteur x du public

De quoi contribuer à modifier le contexte, que la notion de derby achèvera de chambouler ? « Je ne connais pas suffisamment bien le contexte basque pour en parler, avoue Glas. Ce que je sais par contre, c’est que le retour du public avec une jauge à 5 000 va forcément jouer en faveur de Biarritz. Pour les joueurs, après avoir joué pendant plus d’un an à huis clos, recevoir le soutien de 5 000 personnes ce sera comme jouer dans un stade plein et cette donnée peut avoir de l’importance. » Car s’il est bien une leçon à retenir des deux précédents "access match" ainsi que les a sinistrement désignés la LNR, c’est bien à quel point l’apport de son public a pu sublimer le "petit" de Pro D2. « Ce qui m’a marqué à chaque fois, c’est comme l’équipe qui reçoit peut basculer dans une certaine euphorie, confirme Glas. Cela avait joué en notre faveur contre Oyonnax au stade des Alpes, avec une ambiance fabuleuse, et en notre défaveur à Brive. Quand nous avions battu Oyo, il y avait eu comme un alignement des planètes : tous les joueurs avaient joué le meilleur match de l’année, avec des mecs qui avaient pour certains peu joué. Et le public qui poussait si fort y était pour beaucoup.  » De quoi conclure que la clé pour Bayonne sera de ne pas laisser le BO prendre le score en première mi-temps ? On le jurerait, oui…

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Nicolas ZANARDI
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