Fillol : « Je n’aimerais pas être à la place de Fickou »

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    "Je n’aimerais pas être à la place de Fickou"
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Jérôme Fillol (Ancien joueur du Stade français et du Racing 92) a porté les couleurs des deux clubs, il connaît bien les deux maisons. Il revient sur quelques anecdotes de derby joué dans un camp ou dans l’autre. Et se projette sur ce barrage à travers les hommes de ce match.

Un souvenir particulier d’un derby parisien ?

D’abord, la première fois que j’ai joué contre le Stade français avec le Racing, le gros Marconnet a passé son temps à me chambrer. À chaque mêlée, il me disait : « tu t’es gouré de maillot ». Et puis, il y a eu ce match à Colombes où pour la première fois Mathieu Bastareaud était aligné au poste de troisième ligne centre. C’était le match à ne pas jouer quand tu évolues à la mêlée (rires).

Pourquoi ?

Parce que défendre sur les départs de Basta derrière sa mêlée, c’était chaud.

Il fallait le prendre le plus vite possible, non ?

Le mieux, ça aurait de ne pas le prendre du tout (rires). Sur une action, j’en avais tellement marre de le prendre dans la gueule que je lui ai dit : «Franchement, tu me casses les c... Pourquoi t’as choisi ce match-là pour débuter en numéro 8 ? »

Et alors ?

Ça l’a fait marrer… Mais il a continué.

Votre regard sur le cas Fickou ?

Je n’aimerais pas être à sa place. Je sais que le professionnalisme est ainsi fait et que les joueurs savent "switcher" rapidement. Mais humainement, ça doit être difficile. Au Stade, il avait créé des liens avec ses partenaires, il s’était engagé, investi. Et tout à coup, en quelques jours, il se retrouve dans le camp ennemi. Autant quand tu termines une saison, c’est réalisable, tu as le temps de passer à autre chose. Mais là… En plus, je suis sûr qu’il aurait aimé jouer des phases finales avec le Stade français, ce qu’il n’avait jamais réussi depuis son arrivée. Pour lui, retrouver le Stade en barrage, c’est la poisse quand même.

Le joueur du Racing avec qui vous aimeriez passer une soirée ?

C’est évidemment Henry (Chavancy). Je l’ai vu arriver des juniors lorsque je jouais au Racing. Un gamin super, poli, presque à s’excuser d’être là. Sur le terrain, il s’y filait comme un mort de faim. Il suffit d’ailleurs de regarder sa carrière. Pas le genre à tricher. À l’époque, je l’avais surnommé "Selloche" car il me faisait penser à Philippe Sella par sa gentillesse, ses attitudes, son exemplarité. Pour moi, Henry, c’est le chic type, le gentleman du Racing qui colle bien au maillot. Il a la classe. Tout simplement.

Et au Stade français ?

J’aimerais bien me coller au bar avec le petit Segonds. Je ne sais pas pourquoi, je lui sens un bon potentiel "connerie". Mais de bonnes conneries ! Et sur le terrain, quel coup de pompe. Il me fait penser à Beauxis qui avait une facilité incroyable à taper comme un sourd. Dans le jeu, il est aussi très fluide, sait alterner avec une belle qualité de passe. Entre lui et Sanchez, il n’y a pas photo.

Le joueur du Racing avec qui vous auriez aimé jouer ?

Russell est un très beau joueur, capable de débloquer des actions par un geste de classe incroyable. Mais il m’aurait parfois énervé à balancer des ballons n’importe comment. Je trouve qu’il gâche des actions après des efforts colossaux de ses partenaires. Et puis, je ne le trouve pas assez décisif sur les matchs couperet. C’est pourquoi je préfère jouer avec un Chavancy, parce que lui, il est toujours là quand il faut. Et devant, j’aime beaucoup Donnacha Ryan, un joueur de devoir. Un mec comme lui, ça ne bouge pas, ça ne perd pas un ballon, c’est clinique. L’école du Munster…

Et côté Stade français ?

Sans hésitation, Macalou. Ce mec a des courses magnifiques. Pour un demi de mêlée, c’est un régal. Il a le sens du jeu, sent les coups pour trouver le bon intervalle. C’est du bonheur à regarder. Dommage qu’il soit parfois inconstant.

Plutôt Lorenzetti ou Lombard ?

Jacky est un homme à connaître, que j’apprécie beaucoup. Il a révolutionné le club alors qu’il ne connaissait rien au rugby au départ. Je pense qu’au début, il ne savait pas qui j’étais (rires). Sa femme, en revanche, est fondue de rugby. Et j’ai apprécié la compagnie de ce couple. Je ne renie donc pas le temps passé au Racing, j’y ai passé d’excellents moments, rencontré des gens super. Et puis, mon grand-père y a joué, j’ai été heureux de suivre ses traces. Après, je serai plutôt pour le Stade français vendredi soir. Thomas est un pote, on a gagné des titres ensemble. Ça crée des liens. Ce qu’il met en place aujourd’hui, j’y adhère à 2000 %. Il a redonné aux joueurs ce sentiment d’appartenance à un club atypique, chargé d’histoire. Il est dans la lignée de Max (Guazzini). Et ça se ressent dans les résultats.

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Arnaud BEURDELEY
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