Cobilas, l’homme qui défie le temps

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Le pilier moldave de l’UBB continue son chemin, à 38 ans. Retour sur le parcours d’un homme qui n’avait jamais vu un ballon ovale jusqu’à l’âge de 20 ans. 

C’est un roc, une poutre, un phénomène de longévité. En décembre dernier, à 37 ans, il a rempilé pour une saison de plus. Vadim Cobilas compte 118 matchs avec l’UBB, qu’il a rejoint en 2016 en provenance de Sale. On s’en souvient très bien l’époque que certains plaisantaient sur cette recrue moldave dont le nom ne disait rien à personne. C’était méconnaître l’histoire de Sale, le club anglais dont il porta cinq ans les couleurs. Il était l’un des chouchous des supporters. À Bordeaux, tous les entraîneurs (Ibanez, Brunel, Teague, Worsley et maintenant, Urios) lui ont donné leur confiance. « Ah ! bon, vous le trouvez peu médiatique ? Vous plaisantez ? En Moldavie, c’est un prince ! L’aéroport porte son nom », plaisante le manager bordelais en souriant. « C’est une légende… Je l’avais rencontré en Coupe d’Europe avec Oyonnax ou Castres. Quand je l’ai vu entrer contre nous, j’ai cru qu’il avait 100 ans. Je me suis dit : « Antoine Tichit va le manger. » Après le match, j’ai eu envie de lui demander un autographe. Le temps n’a pas de prise sur lui. Il faut savoir qu’il parle beaucoup avec les sourcils. Mais il est très fin, très intelligent, avec un très bel humour. Humainement, il est fantastique. »
Si Vadim Cobilas est une légende, c’est sans esbroufe car l’homme n’est pas bavard, pas du genre à se répandre au premier contact. Mais son français s’est amélioré depuis son arrivée et il s’est montré disert après réflexion : « Mon âge ne me préoccupe pas, j’aime m’entraîner avec des jeunes. En plus, j’ai démarré le rugby très tard, à 20 ans et j’ai le sentiment que notre sport s’améliore en permanence. Je me sens toujours en apprentissage. »

Venu de la lutte

Ses 38 ans sont donc à relativiser : «Je faisais de la lutte, à un niveau national et lors d’un stage, un camarade m’a parlé d’un nouveau sport. Sincèrement, c’était incroyable, j’ai trouvé une activité où je pouvais mettre en place mes compétences, quelque chose entre la lutte, du ping-pong et du basket. » Il a donc embrassé cette nouvelle activité, sans référence, à l’inverse d’un jeune Français par exemple : « Pendant l’Union soviétique, nous avions un accès limité à la télévision et au sport international. Je ne connaissais rien au rugby. Enfant, j’étais fasciné par la lutte. Je me souviens avoir regardé Alexandr Karelin, multiple champion olympique. Au cours de sa carrière, il a été un symbole de performance, de travail acharné et de responsabilité. » Vadim a donc gravi les échelons, pas à pas, dans ce curieux sport de combat collectif. Roumanie, Russie…

Distingué par Steve Diamond

C’est au pays de Pouchkine que Steve Diamond, entraîneur national anglais des Ours russes, est venu lui parler : « Il m’a vu et m’a dit d’une manière très simple : aimeriez-vous jouer au Royaume-Uni ? Je n’ai pas réfléchi une minute, j’ai compris que c’était une chance unique d’atteindre le niveau professionnel. » Dans la banlieue de Manchester, Vadim a découvert un monde où tout l’impressionnait : « Les conditions d’entraînement, l’analyse sportive, les joueurs, les entraîneurs, les infrastructures, le personnel administratif, l’implication des supporters. C’est comme un bon repas, vous appréciez chaque cuillère. J’ai croisé beaucoup de bons joueurs mais je me souviens d’avoir été particulièrement impressionné quand je me suis retrouvé aux côtés d’Andrew Sheridan. Je ne pouvais pas croire que nous nous entraînions dans la même équipe. »
Vadim Cobilas a peu à peu saisi que ce sport découvert par hasard était vraiment fait pour lui. Il s’est aussi rendu compte que les aficionados de Sale ou de Bordeaux ne s’extasiaient pas que sur les grandes envolées : « En Angleterre comme à Bordeaux, les supporters m’ont désigné comme le meilleur joueur. Pour moi l’appréciation des supporters est essentielle, c’est pourquoi il très dur d’évoluer sans public… »

Par ses débuts très tardifs, combinés à son potentiel hors norme, il a sans doute vécu sa carrière différemment des joueurs sélectionnés et choyés depuis leur plus jeune âge : « Je remercie tous mes entraîneurs pour toutes les critiques constructives que j’ai reçues. Vous savez, il est très difficile de trouver la bonne approche pour tous les joueurs… Je vois beaucoup de jeunes trop sensibles aux critiques du coach. Mon conseil est d’être à l’écoute et d’en profiter pour devenir meilleur chaque jour. » 

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