La Rochelle - Racing 92 : les mondes à l’envers

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C’est un véritable bras de fer que vont se livrer racingmen et rochelais lors de cette première demi-finale car leurs confrontations en phase régulière ont démontré qu’ils étaient au coude à coude.

Les clichés ont souvent la vie dure. Alors avant cette demi-finale entre La Rochelle et le Racing 92, il est préférable de les prendre, de les tordre puis de les jeter à la poubelle. Les masques vont tombés dans cette troisième manche décisive entre Rochelais et Racingmen. Si chacune des deux équipes a remporté son duel à domicile cette saison, l’écart au score fut toujours infime (trois points à l’aller, quatre au retour). Ce bras de fer méritait une belle, pour offrir un vainqueur à cette opposition de styles très marquée. D’un côté la puissance frontale, de l’autre la force de frappe d’une attaque flamboyante. La première à longtemps collée aux crampons du terrifiant paquet d’avants du Racing, la seconde a longtemps enflammée Marcel-Deflandre. Tout a bien changé. Les envies de grand large des Maritimes, longtemps loués pour leur sens de l’abordage, ne sont plus leur marque de fabrique. Ils ont évolué sous les ordres du commandant Jono Gibbes et surtout de son second Ronan O’Gara, arrivé avec sa culture irlandaise d’un rugby programmé, minutieux où le défi physique est la clé de la réussite. Une vision bien plus pragmatique que romantique, mais qui a permis au Stade rochelais de passer cette saison aux avant-postes et de se hisser en finale de Coupe d’Europe.

Au fil de la saison, les Rochelais ont gagné un statut de gros durs, de ceux qui vous incitent à changer de trottoir, comme l’avouait Jean Bouilhou, l’entraîneur du Stade toulousain en revenant sur le finale de Coupe d’Europe : "Face aux Rochelais, les autres équipes avaient un peu refusé ce combat de devant. Pour moi, il fallait s’affronter, passer par cette étape […] On n’a pas tout réussi mais c’était primordial d’affronter les Rochelais devant. Il ne fallait pas se défiler." On peut comprendre que certains refusent le combat. La démonstration rochelaise de puissance et d’efficacité en demi-finale de Coupe d’Europe face au Leinster, pour ce qui est certainement un des meilleurs matchs de rugby joué cette saison sur la planète ovale, a de quoi faire trembler tout les candidats au défi physique. Les hommes de Laurent Travers doivent en tout cas se poser la question. Eux qui ont longtemps terrorisé la France du rugby par leur paquet d’avants au fort tonnage semblent être aujourd’hui des enfants de cœur face à la puissance des Skelton, Alldritt, Atonio, même si les Rochelais seront privés de Pierre Bourgarit mais aussi de leur neuvième avant Levani Botia.

La dynamique du racing

Les Racingmen ont d’autres arguments. Ils ont délaissé le défi frontal pour exploiter au maximum les caractéristiques de leur terrain synthétique, où la vitesse et le déplacement sont primordiaux. Laurent Travers a entrepris ce changement de philosophie depuis plusieurs saisons et il s’appuie maintenant sur un exceptionnel potentiel offensif orchestré par Finn Russell et Kurtley Beale, et renforcé par l’arrivée en cours de saison de Gaël Fickou pour reformer la paire du centre du XV de France qui brille sur la scène internationale.

Ce dernier renfort est venu sublimer une ligne de trois-quarts qui fait des merveilles depuis plusieurs semaines, laissant penser que l’élimination en quart de finale de Coupe d’Europe n’est qu’un mauvais souvenir venu nourrir un désir de vengeance en championnat où la montée en puissance des Franciliens a été criante lors des dernières journées de Top 14, s’approchant de très près d’une qualification directe pour les demi-finales, en espérant chiper la seconde place aux Rochelais lors de l’ultime journée.

Cette trajectoire ascendante, dont le Stade français a fait les frais en match de barrage en étant balayé (35 à 0 après 43 minutes de jeu), marquée par une confiance bienvenue, peut faire frémir les Rochelais, tout heureux d’avoir valider leur billet pour Lille grâce à un bonus défensif décroché à Clermont. En effet, les Maritimes, pourtant leaders du championnat de la huitième à la quatorzième journée, ont dû composer avec un calendrier surchargé depuis plusieurs semaines. Jono Gibbes a dû préserver ses joueurs lors de plusieurs rencontres, laissant échapper des succès à sa portée à Montpellier et Brive pour privilégier la finale de Coupe d’Europe. Alors que le Racing vient d’enchaîner cinq victoires de rang, les Rochelais n’ont remporté que trois de leurs six derniers matchs. La dynamique est clairement en faveur des Franciliens face à des Rochelais qui n’ont pas caché qu’ils avaient clairement besoin d’un week-end de repos. Il faut espérer pour eux que cette petite pause fraîcheur en ce temps de canicule aurait été suffisante pour retrouver l’énergie nécessaire à une demi-finale du Top 14.

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